‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 20 sur 211 · Comtn. d'isiïf, c · texte numérisé non relu

Comtn. d'isiïf, c

Le nom primitif d'Aréopolis , Rabbat-Moab, la capitale de Moab, s* est conservé pour ainsi dire intact jusqu'à nos jours, puisque les ruines de cotte ville s'appellent toujours er-Rabba, sans qu'il soit resté trace, dans la mémoire des habitants du pays, du nom relativement moderne Aréopolis.

Passons maintenant à Karak. Il n'y a pas de doutes à élever sur l'identification de Karak avec Xapaxfi.w€a, karak de Moab. Ptolémée mentionne cette ville parmi celles de l'Arabie Pétrée, et lui assigne les longitude et latitude suivantes : 66° \ /6 et 30°. Dans les anciennes notices ecclésiastiques elle porte le nom de XapayjxoOjroc, ou celui plus corrompu encore, par la faute des copistes, de napwyjAoû/oj, et elle se trouve classée parmi les villes de la troisième Palestine. Étienne, dans les Ethniques, dit que de son temps elle faisait partie de la troisième Palestine, mais que Ptolémée, qui mérite toute" confiance, la classait parmi les cités arabes. Il ajoute qu'on lui donne aussi le nom de Mwêojyapa;.

Cette ville était le siège d'un évèché, car nous trouvons parmi les prélats qui souscrivirent au concile de Jérusalem en 536, Demetrius Xapaxpui&ov.

A l'époque des croisades, Karak devint un lieu très-important, comme poste avancé de la chrétienté en Arabie. Voici ce que raconte Foucher de Chartres (ch. XLiii) : « En il 15, le roi alla en Arabie et y éleva un château sur un certain monticule qu'il reconnut être placé, de toute antiquité, dans une forte situation , non loin de la mer Rouge , à trois jours de chemin environ de cette mer, et à quatre de Jérusalem. Baudouin mit dans ce château une bonne garnison , destinée à dominer sur toute la contrée d'alentour, pour l'avantage des chrétiens, et il ordonna qu'il s'appellerait Mont-Réal, par honneur pour lui-même, qui avait construit ce fort en peu de temps, à l'aide de peu de monde et avec une grande audace. »

I n peu plus loin (ch. xuv) nous lisons encore : « En 1116, le roi alla visiter le château et poussa jusqu'à la mer Rouge, pour reconnaître un pays qu'il n'avait pas encore vu, et pour chercher si, par hasard, il n'y trouverait pas quelques-unes des choses dont nous manquions. »

Guillaume de Tyr raconte les mêmes faits à l'année 1115 (I. xi, ch. 20). Cet historien nous apprend qu'en 117:2 Selah-ed-Din assiégea vainement Mont-Réal (lib. 20, ch. 27). Quelques années après (en 1183), l'émir recommença le siège de Karak et s'en rendit maître (1. 22, ch. 28). « Grant talent avoit, dit-il, que il aseist une cité qui fu anciennement appelée la Pierre del Désert, mes l'en la desine ore le Crac... » Renaut de Chastillon etoit alors sire du Krak de Mont-Réal, « il estoit sire de cele terre de par l'éritage se famé » . Chacun sait que Renaud de Chastillon, tombé entre les mains de Selah-ed-Din, fut mis à mort sous les yeux de ce prince, qui ne voulut pas user envers lui de sa générosité habituelle, et qui vengea, par son supplice, le pillage d'une caravane musulmane que le sire de Krak avait arrêtée et dévalisée quelque temps auparavant.

Une position militaire aussi importante que celle de Karak avait dû être utilisée dès l'antiquité la plus reculée, et il est très-probable que la moderne Karak est bâtie sur l'emplacement de la ville forte deMoab, qui, dans l'Écriture sainte, porte les noms de Kir-moab, et de Kir-heraset ou Kir-heras '.

Nous avons vu que la vallée del'Arnon s'appelle aujourd'hui Ouad-el-Moudjeb. Ce nom est-il significatif? Je l'ignore a.

1. Isaïe, xvi, v. 7 et u; Jérémie, xlvhi, 31 ; Rois, 11, un, 46.

2. Dans le Kamous le pluriel w<a.»v» signifie lieux où des hommes, en luttant,

se jettent à terre; en ce cas la vallée de l'Aruon serait appelée la vallée du lieu de lutte. Mai» ceci est plus que douteux.

Ou bien nousa-t-il conserve la mémoire d'une cité moabitique? Ce qui pourrait le faire croire, c'est le verset 1 du ch. xlviii de Jérémie, dans lequel nous lisons : « Hemesjeb (ssiron) est confuse et abattue » . Ce mot hébraïque signifie lieu haut et fortifié. Mais plusieurs commentateurs, tels que Raschi et Kim'hi , déclarent que c'est un nom d'endroit ; dès lors la prononciation en est fort incertaine. On a transcrit ce nom Misgab; mais rien ne prouve qu'il ne fallait pas le transcrire Mousdjeb, et dans ce cas, il serait pour ainsi dire identique avec le nom moderne el-Moudjeb qu'a pris PArnon. Quoi qu'il en soit, je ne tiens en aucune façon à cette hypothèse.

Pour en finir avec les documents géographiques relatifs à la Moabitide, je citerai un verset du livre 1er de Samuel (xxii, 3), où il est dit : — David s'en alla de là (de la caverne d'Adoullam) à Mitspâ (nesto) de Moab, et il dit au roi de Moab : « Que mon père et ma mère se retirent auprès de « vous, jusqu'à ce que je sache ce que Dieu fera de moi. » — J'ignore entièrement s'il existe quelque trace de cette localité moabitique.

Il ne me reste plus à parler que des routes étranges, bordées de pierres fichées , et que nous avons rencontrées en grand nombre dans la plaine de Moab. Je n'hésite pas à y reconnaître quelques-unes de ces routes antiques dont il est question dans le livre des Nombres (xxi) 21. — Israël envoya des messagers à Sihoun, roi d'Amori, pour dire : 22 — Permets que je passe dans ton pays; nous ne nous détournerons ni dans les champs, ni dans les vignoMes ; nous ne boirons pas l'eau de la citerne; nous marcherons par le chemin royal , jusqu'à ce que nous ayons passé tes limites — .

Il me paraît très-probable que les routes frayées, appelées alors "tWith, comme elles le sont encore de nos jours, ^LLU) v^o, étaient bordées, à droite et à gauche, de longues h. *

files de grosses pierres, afin qu'il ne fût pas possible d'en sortir, pour entrer dans les terres cultivées, en prétextant Tincertitude de leur tracé. Du reste, ce mode de démarcation des routes n'était pas particulier à la Moabitide, puisque les officiers américains envoyés par le capitaine Lynch à Masada, sur la rive occidentale de la mer Morte, rencontrèrent, au delà de l'Ouad-es-Seyal, une route toute semblable, et que moimême j'en ai retrouvé aussi, à Djembeh, localité qui présente des traces très-apparentes d'une ville contemporaine des temps bibliques les plus reculés, et qui était située entre Zoar et Hébron, c'est-à-dire dans le pays de Canaan. Il y a donc toute apparence que les routes que nous avons survies dans la Moabitide, étaient de ces routes royales analogues à celles que les Hébreux s'engageaient à suivre, sans s'en écarter, dans le territoire de Sihoun , roi d'Amori.

Ce que l'on savait jusqu'ici sur l'état moderne de la terre de Moab, se bornait à bien peu de chose, quoique la Moabitide, proprement dite, eût été explorée déjà deux fois, sans compter la course faite, en 1822, par un M. Hyde, dont nous avons retrouvé le nom sur les murs du temple de BeiU-el- Kerm. Le premier de tous, l'illustre Burckhardt visita cette curieuse contrée en 1811. Il parcourut d'abord le pays d'Amori , placé au nord de l'Arnon , et y retrouva plusieurs sites bibliques, tels que ceux de Medaba et d'El-àaleh. Ayant alors franchi l'Arnon , qu'il donne pour limite à la province de Belka et à celle de karak, il traversa la plaine que j'ai traversée moi-même, mais plus à l'est que je ne l'ai fait. Ainsi , il passa en vue du monticule de Schihan, qu'il laissa à trois quarts d'heure de chemin sur sa droite, et sans le visiter. Depuis l'endroit nommé Mehalet-el-iiadj, il trouva une route pavée dirigée vers Rabba, c'est-à-dire au sud-ouest. Il passa par lieit-el-kenu , et s'arrêta dans les ruines du temple

ET Al TOUR DE LA MER MORTE. 51 auqtiel il attribue à tort une antiquité reculée. Il commet une autre erreur encore, en disant que ce temple était octostyle, et que ses colonnes avaient trois pieds de diamètre. On a vu qu'en réalité ce temple est tétrastylc et que ses colonnes ont une dimension beaucoup plus considérable. Il retrouva comme nous, parmi les décombres, des débris de colonnes de plus petite dimension, et appartenant évidemment à d'autres édifices.

A une heure trois quarts de chemin, après Beit-el-Kerm ( çyi\ ) , Burckhardt rencontra le village ruiné de Hameïmat ( vj^U^ ) ; de là, il alla visiter les restes d'cr-Rabba. Trois quarte d'heure après avoir quitté cette ville en ruines, il rencontra, au sud-est, deux sources abondantes nommées el- Djebeibah et el-Yaroud. 11 traversa ensuite les ruines de Qaritselah (J&y), et arriva enfin à Karak, dont le scheikh se nommait alors Youssef-Medjaby ; mais Burckhardt se trompe, sans aucun doute, et il a écrit Medjaby au lieu de Midjielly.

A Karak , notre voyageur, qui ne trouva pas l'occasion ni la possibilité de descendre dans le Rhôr, prit des informations sur la topographie de la côte orientale de la mer Morte. Il mentionne la rivière de Djerra ( %2. J~~ ) , qui n'est trèscertainement pas le Nahr-ed-Dràa, mais bien le Seïl-ouedebni-Hammid, qui sort de l'Ouad-Adjerrah, puisqu'il ajoute que dans la vallée que suit cette rivière, qu'il identifie, mais avec toute réserve, avec le Zared de l'Écriture, il y a des ruines de murailles et d'édifices, situées à cinq heures de chemin, au nord de Karaké

Il mentionne également le Rhôr-Safieh (tJuoj^), qu'il dit placé vers l'embouchure de l'Ouad-el-Ahhsu, et qui est , dans la saison d'hiver , le rendez-vous de grandes tribus nomades. La rivière qui descend de l'Ouad-el-Ahhsa, sépare, dit-il, le pays de Karak, du district sud nommé Ojcbal. Il suppose que l'emplacement de la Zoar biblique doit être cher-

chédans le Rhôr-Safieh. Il nomme encore le Seïl Assal, dont il écrit le nom Jlc , sans être sûr que l'orthographe de ce nom ne soit pas plutôt Assan. Cette rivière coule , dit-il , près de Katherabba ( il ne faut pas oublier ici que Burkhardt se sert du th anglais, qui est à peu près identique, pour la prononciation, avec le vi> que j'ai rendu par tz). Après Katzerabba, il mentionne el-Nemeïrah; c'est l'en-Nemaïreh que nous avons traversée. Enfin, il nomme el-Mezràah, qui est située en face du milieu du lac Asphaltite, et auprès de ce dernier endroit, les Taouahin-es-Sakkar (^CJ! qui sont les ruines d'une ville antique.

Burckhardt avait pris des informations fort exactes, ainsi qu'on le voit, et il avait même recueilli des notes sur la végétation du Rhôr, puisqu'il mentionne, comme s'y trouvant à foison , YAsclepias Procera , que les Arabes nomment Ocher (jJU ). Tel est en substance le résultat de l'exploration hardie de Burckhardt.

Après lui (en 1818) vinrent MM. Irby et Mangles, dont je vais de même analyser le récit. Partis d'Hebron le 18 mai, ils allèrent gagner, en deux jours, l'Ouad-ez-Zouera , par lequel ils descendirent dans le Rhôr, afin de se rendre à Petra, en passant par karak. Ces messieurs signalent d'abord la ruine du petit fort arabe de Zouera-el-Fouqah , qu'ils appellent el-Zowar. Le 20, ils traversèrent la Sabkhah, après avoir campé au pied de la montagne de Sel ou de Sodome. Us firent en passant une observation qui est très-juste : c'est que les montagnes de la rive ouest de la mer Morte ont une hauteur décroissante à mesure qu'elles s'avancent dans le sud, tandis que les montagnes de la rive orientale ont une élévation qui semble à très-peu près constante. Dans la Sabkhah , ils franchirent six cours d'eau plus ou moins rapides. Us arrivèrent ensuite à une contrée boisée, d'un aspect charmant, c'est-à-

dire au Rhôr-Safieh. Us y trouvèrent une petite rivière que les Arabes leur nommèrent Nahr-el-Heçan (la rivière du cheval, dont ils écrivirent le nom el-nahr-Houssan). Les clairières étaient cultivées et plantées d'orge.

A cette époque de l'année, Irby et Mangles eurent beaucoup à souffrir dans le Rhôr, de très-grosses mouches de cheval (sans doute des œstres ou taons), dont la venue, leur dit-on, fut une plaie qui contribua puissamment à la destruction de Sodome et de Gomorrhe. Les Arabes qu'ils rencontrèrent étaient des Ghorneys (sans aucun doute des Rhaouarna), et, plus heureux que nous, les voyageurs n'eurent qu'à se louer de l'excellent accueil qui leur fut fait par eux. Les Ghorneys diffèrent beaucoup (ef ceci est très-vrai) des Arabes nomades, car ils habitent des huttes de boue, de branchages et de roseaux, et ils cultivent le terrain qui les entoure. Après avoir passé le Houssan, ils gagnèrent le pied des montagnes et traversèrent une plaine encombrée de blocs de pierre roulés, qui étaient du granité rouge et vert, du porphyre vert, rouge et noir, de la serpentine, du basalte noir, de la brèche, et bien d'autres espèces de roches précieuses. Il esta présumer, disent-ils, que c'était dans ce pays que les anciens se procuraient les matières précieuses avec lesquelles ils ont façonné les innombrables colonnes qui ornent aujourd'hui, dans l'Orient, les bains et les mosquées.

Les montagnes qu'ils longeaient leur semblèrent formées généralement de grès ou de marbre. Us arrivèrent ainsi à la presqu'île et ils campèrent sur les bords d'une charmante ravine arrosée par une rivière nommée el-Dara (c'est le Nahred-Dràa) dont les rives étaient couvertes d'un épais fourré de palmiers nains, d'acacias, d'épines et d'oleander. Voici le résumé de l'itinéraire de nos voyageurs dans le Rhôr : en deux heures et demie, ils allèrent de la rive occidentale du Rhôr,

c'est-à-dire du pied de la montagne de Sel, jusqu'au Rakh, premier cours d'eau salé (ce nom m'est totalement inconnu) ; de là, en une demi heure, ils gagnèrent Szafye (Safieli) ou Ahsa, et le Nahr-el-Houssan (c'est sans aucun doute le Nahr- Safîeh) ; de Safieh, ils marchèrent sur le Nahr-el-Assel (Nahrel-Enal) ; de là, en deux heures, ils atteignirent la mer, et, en deux heures de plus, el-Dara (ed-Drâa), où ils passèrent la nuit.

Le lendemain, au point du jour, MM. Irby et Mangles se mirent en devoir de gravir la montagne et de gagner les hauteurs. Ils rencontrèrent, chemin faisant , le chaos que nous avons traversé nous-mêmes. « C'étaient, disent-ils, d'énormes fragments de la grosseur d'une maison, qui, se détachant des hauteurs, s'étaient jetés confusément dans le précipice, les uns

sur les autres. » Un quart d'heure après, ils arrivèrent à un petit étang placé au-dessous d'un olivier isolé (c'est sans doute l'Ayn-es-Sckkch, que nous avons vu au point nommé Omm- Sedereh). Ils rencontrèrent ensuite des champs d'orge, placés dans la vallée à leur gauche, et à travers lesquels serpente un cours d'eau nommé Souf-Safla, qui se rend à la mer Morte (je n'ai pas entendu prononcer le nom de cette rivière). Ils remarquèrent, en passant, d'anciens aqueducs qui alimentaient des moulins (certainement à l'Ayn-es-Sara, et à l'Ayn-Aqbech ou Qobech). Us avaient alors devant eux le château de Karak, mais ils n'apercevaient aucune partie de la ville ; ce château leur présentait deux masses séparées, la première à l'angle sud de la ville, et la seconde plus au nord, consistant en un grand édifice nommé par eux Seraglio-of-Melah-a-Daher (c'est indubitablement la tour bâtie par Malck-ed-l)haher-Beïbars). Entre ces deux masses de constructions militaires, est la seule porte qui donne accès dans Karak. C'est une porto ogivale, surmontée d'une inscription arabe, placée à l'entrée d'une caverne

KT AUTOUR DE LA MER MORTE. 5& naturelle (c'est le tunnel par lequel nous avons quitté Karak, et au débouché duquel nous avons- été salués d'une volée de pierres).

MM. Irby et Mandes, dont h présence a Karak ne fut contrariée en aucune l'açmi, purent examiner à loisir les anciennes constructions que renferme cette espèce de ville. Le château et son église, la tour de Beïbars, la mosquée et les citernes eurent tour à tour la visite de nos voyageurs, (fui commettent, au sujet du château de Mont-Réal, une erreur historique qu'il est bon de relever en passant. Ces messieurs attribuent à tort la prise de Karak à Godefroi de Boulogne, qui l'aurait appelé mons Regalis. Nous avons, un peu plus haut, constaté quecette conquête et cette dénomination sont dues au roi Baudouin, qui ne prit Karak qu'en 1115.

Ils rencontrèrent quelques tronçons de colonnes antiques, et enfin un bas-relief encastré dans une muraille, et représentant une grande aile (longue de sept pieds et large de quatre), ayant une analogie frappante avec l'aile du globe ailé si souvent représenté sur les monuments égyptiens. Je ne doute pas que ce ne sort elTcctivement le fragment d'un globe ailé, qui était accolé de deux yeux mystiques d'Horus, dont k mon tour j'ai retrouvé l'un. Enfin, ils virent, dans les ruines, deux inscriptions grecques sans intérêt, à ce qu'ils disent. Us visitèrent également la fontaine et les grottes sépulcrales devant lesquelles j'ai passé, au fond de la vallée de Karak.

Évidemment, il y aurait à découvrir à Karak beaucoup de restes d'antiquités, appartenant môme à l'époque moabitique , mais j'avoue, en toute humilité, que je ne me chargerai pas d'en aller faire la recherche.

Après une course assez longue a Petra, MM. Irby et Mangles revinrent à Karak, dont ils appellent le sebeikh Joussouf Magella. De là ils allèrent faire une excursion dans le Rhôr, et examiner les ruines situées sur les bords du Dara (Ed-Dràa),

ruines dans lesquelles ils supposèrent qu'il fallait voir Zoar. Ils rentrèrent une seconde fois à Karak, et de là se mirent en route pour le Haouran, à travers la plaine moabitiquc. Ils allèrent camper d'abord aux ruines d'Er-Rabba. Le 6 juin ils visitèrent Beit-Kerm (Beit-el-Kerm) qui est distant d'Er-Rabba d'un mille et demi, dans la direction du nord. Ils ont parfaitement reconnu que le temple ruiné est de l'époque romaine, et ils supposent que ce temple pourrait bien avoir pris la place de celui d'Atargatis qui était à Carnaïm A deux heures et demie, au nord de Beit-Kerm, ils virent une petite éminence qui domine tout le pays environnant, et qu'ils appellent Sheikh- Harn (c'est Schihan).

Le 8 juin, ils allèrent traverser le Wady-Modjeb (Ouad-el- Moudjeb), en cheminant sur les traces de la voie pavée romaine. Ils virent dans la descente, les ruines d'édifices militaires de l'époque romaine, probablement des forts que j'ai signalés plus haut et qui contenaient une garnison, ad Spcluncas. Enfin ils rencontrèrent quelques bornes milliaires, qui toutes (celles du moins qui étaient lisibles) dataient du règne de Trajan. Au fond de l'Ouad , où ils n'arrivèrent qu'après une heure et demie de descente extrêmement fatigante et difficile, ils trouvèrent les ruines d'un pont romain. Sur l'autre flanc de l'ouad, ils rencontrèrent de nouveau les traces de la voie antique, et plusieurs bornes milliaires portant le nom de Marc-Aurèle.

Inutile de parler ici de l'itinéraire qu'ils suivirent dans le territoire Amori, c'est-à-dire à travers la contrée située au nord de l'Ouad-el-Moudjeb, ou de l'Arnon. Je me bornerai à féliciter très-sincèrement MM. Irby et Mangles de l'exactitude de leurs observations.

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