Josué, xix
Après la halte assez courte que nous avons faite en ce lieu, à cause du froid trop vif et du vent aigu qui nous y fouettait incessamment la figure , nous avons repris notre voyage, en nous dirigeant au nord-nord-est. Nous avons escaladé une nouvelle rampe assez dure et très-longue, qui nous a conduits dans une gorge remplie de décombres, dont les matériaux d'assez petit échantillon, sont tous des fragments de lave; ces ruines n'ont pas de nom connu , ou du moins, elles n'en avaient pas pour Mohammed et Matteo. Le vallon qui les contient aboutit à une petite plaine dont le fond du sol est volcanique , et dont la surface est couverte de petits étangs. Ce plateau se nomme Merdjet-Haderah (?), la plaine inclinée ou basse. En été, à ce qu'on m'assure, ce lieu est spécialement consacré à la culture des melons. Beaucoup de décombres insignifiants jonchent le
plateau, et ne sont probablement que les débris d'enclos, destinés à séparer les lieux de culture appartenant à différents propriétaires.
Vers le nord, cette petite plaine est bornée par un flanc peu élevé , entièrement volcanique et tout couvert de buissons et de halliers. Après avoir assez longuement cheminé sur ce terrain, où un vent glacial continue à nous fatiguer extrêmement, nous atteignons la tête d'une vallée fort large, dont nous suivons pendant quelques minutes le flanc oriental , pour arriver enfin à un ravin très-profond, très-abrupt, très-difficile, et qui pour l'agrément de la marche, a quelque analogie avec l'affreuse descente d'Ayn-Djedy. On descend, ou plus exactement on saute de roche en roche, pendant un quart d'heure, et l'on débouche enfin sur un plateau inférieur assez étroit et qui s'enfonce à l'ouest, pour servir d'assiette au village assez considérable de Beit-Djenn. Au-dessus du village, la neige se montre partout et elle gamit les sommets à une distance qui ne doit guère dépasser un millier de mètres. Un beau ruisseau très-