Yoyn pl. un
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 629 Parthenon à pareille heure; je n'aurais donc, pour rien au monde, renoncé au bonheur de voir Bâalbek illuminé par les mêmes rayons. Quoique je fusse extrêmement fatigué, j'ai pris le parti d'aller rejoindre l'abbé qui avait couru aux ruines, et je déclare que je n'ai jamais éprouvé une jouissance plus vive que celle que m'a procurée cette visite nocturne. Sous les rayons argentins de la hine tout, dans cette ruine, s'harmonise, tous les tons heurtés s'adoucissent , tout grandit et se poétise si bien, que la réalité dont on jouit devient un rôve délicieux qui se grave dans la mémoire, pour ne jamais s'effacer.
La fraîcheur de la nuit m'a fait rentrer plus vite que je ne l'aurais désiré. J'ai fumé un dernier tchibouk et je me suis étendu sur ma couchette, en songeant avec bonheur à nos trouvailles de la journée, et en môme temps, avec chagrin, à tout ce que je laisse encore inexploré, pour les voyageurs qui viendront après moi faire un pèlerinage à Bàalbek.
Quelques mots maintenant sur cette merveilleuse ville. La tradition syrienne veut que Salomon ait fondé BAalbek, comme il est constant qu'il a fondé Thadamora (Tadmour) ou Palmyre l. Malheureusement cette tradition n'est fondée sur aucune base solide. Il est bien question dans le verset indiqué ci-dessus, d'une ville de Bâalat que Ben jamin deTudèle regarde comme Bâalbek ; mais cette identification n'est rien moins que sûre. Au reste, si Salomon a pu bâtir Palmyre, il a parfaitement pu bâtir de même Bàalbek, dont le pays était bien plus aisément accessible.
Pompée traversa Héliopolis, en marchant sur Damas*. Plus tard, cette ville fut transformée en colonie romaine ; et les collections renferment des médailles coloniales frappées dans cette
1. Rois, i, ix, 18. — Chr., n, vin, 4 et 6, et Jos., Ant. Jud., vin, vi, 1. i. Jos., Ant. Jud., xiv, m, 6.
ville, depuis Nerva jusqu'à Gallien. Le titre que reçut Héliopolis fut celui de Colonia Julia Augusta.
Voici maintenant les passages réellement importants que nous fournissent les écrivains de l'antiquité sur l'histoire des temples de Bàalbek. Nous lisons dans Macrobe' : Assyrii quoque Solem sub nomine Jovis, quem Dia Heliopoliten cognominant, ma.ximis ceremoniis célébrant, in civitate qua3 Heliopolis nuncupatur. Ejus dei simulacrum sumptum est de oppido /Egypti, quod et ipsum Heliopolis appellatur. Régnante apud jEgyptios Senemure, seu idem Senepos nomine fuit, perlatumque est primum in eam, per Opiam legatum Deleboris régis Assyriorum , sacerdotesque aegyptios , quorum princeps fuit Partemetis ; diùque habitum apud Assyrios, posteà Hcliopolim commigravit. Gur ita factum, quâque ratione profectum in hocce loco ubi nunc est, postea venerit, rituque assyrio magis quam œgyptio colatur, dicere supersedi, quia ad praesentem non attinet causam.
Nous lisons dans Jean Malala*: Mrri #è Tr,v {âaciXuav £pta-
v&O, tSaffiXtumv ÙXioç AvTamvoç 7cïbç ôVnç exTtcev iv HXiovjcoXu
ffif «l>omx7)ç toO Ai^avou vaov tw Aiî («iyav îva xat aùxôv ovt» twv Ôsajx/Twv. Après le règne d'Adrien, régna jElius Antoninus Pius — qui bâtit à Héliopolis la phénicienne, dans le Liban, un grand temple à Jupiter, assez grand pour être classé parmi les merveilles du monde.
Enfin, dans la Chronique paschale 3, nous lisons : 6 ee<i>-
&»cioç, xat xaTA-jiev, xai to Upov ÙXtouroXew;, to toù BaXavwy, to piya xat xepiêo'TiTov, xai to TpiltÔov, xal èfroû]«v outo ÈxxXxatav XpwTiavôv Théodose les renversa , ainsi que le temple
\. Édition de Leyde, Arnold Doude et Corneille Dricnvysen, 1670, p. 310. Saturnal, lit», i, ami.