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S. Ant. Jml., r, t, 17.
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croire que notre el-Merked pourrait bien être la Makkcda, mpO, biblique.
A huit heures trente -cinq minutes, nous nous engageons dans un ravin dirigé au nord, et dont nous abandonnons bientôt le fond, pour cheminer sur le flanc de la colline de • gauche. A huit heures quarante minutes, nous marchons au nord-ouest, à trente-cinq mètres environ du fond du ravin, et à deux cents mètres seulement, à vol d'oiseau, du sommet de la colline qui domine la droite de ce ravin. A huit heures cinquante et une minutes, notre route s'incline au nord -nord-ouest, pour passer immédiatement à l'ouest, sur un plateau de trois cents mètres de largeur, enfermé entre deux lignes de collines assez élevées. A neuf heures précises, nous marchons au nord-ouest et nous sommes en face de ruines énormes qui garnissent toute la pointe ouest de la colline de gauche , que nous longeons depuis dix minutes. Ce sont de longues files de murailles primitives, se recoupant à angle droit, ayant une longueur de plus de cinq cents mètres, et sur l'une desquelles est appuyée une vaste enceinte quadrangulaire. Au delà est une petite plaine de cinq cents mètres de profondeur, garnie de ruines, et à laquelle aboutissent de belles et larges allées de pierres fichées, tout à fait semblables aux routes royales de la terre de Moab.
Ces ruines, qu'il serait très-important d'examiner avec soin et à loisir, portent le nom de Kharbet-Omm-el-Arays (ruines de la mère de la fiancée). A neuf heures douze minutes, ces ruines énormes n'ont pas encore cessé de se montrer, et nous côtoyons une double allée de pierres , qui est bien conservée sur une étendue de trente mètres environ. Puis une allée simple s'inclinant au nord-ouest, à travers un petit vallon d'une trentaine de mètres de largeur, va aboutir à une enceinte circulaire, construite en très-grosses pierres, et qui couronne le sommet d'un
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. toi
grand mamelon, que nous laissons à notre gauche. A neuf heures vingt et une minutes , nous marchons à peu près exactement au nord. Depuis quelques temps, les larges gouttes d'une pluie glacée sont venues nous assaillir, et bientôt des nuages, chassés avec violence par le vent d'ouest, se sont amoncelés sur notre tête ; ils crèvent tout d'un coup , et nous sommes noyés dans une de ces pluies de Syrie , dont on ne peut se faire une juste idée, qu'à la condition de les avoir endurées. Cette fois encore, il me faut, bon gré, mal gré , renoncer à lever le terrain; je remets, en soupirant, mon carnet et ma boussole dans ma poche, et je me résigne, non sans un gros crève-cœur, à faire ce que j'ai fait hier, c'est-à-dire à m'eflbrcer de graver dans ma mémoire les noms des localités importantes que je rencontrerai chemin faisant, et, si faire se peut , les heures précises auxquelles je les aurai rencontrées.
Au bout de quelques minutes, je suis parfaitement absous, à mes propres yeux, de ma paresse forcée de ce jour. La pluie est devenue tellement drue, tellement glaciale, que la recevoir est un véritable supplice. Nous avons beau nous abriter dans nos caoutchouc , en très-peu d'instants nous sommes transis , transpercés, mouillés jusqu'aux os, et c'est à grand'peine que nous pouvons continuer à tenir les rênes de nos chevaux, tant le froid nous a rapidement enlevé l'usage des mains et des pieds. Je renonce à peindre l'exaspération ridicule avec laquelle je me suis niaisement insurgé, pendant quelques heures, contre l'inclémence du ciel ; j'ai eu beau jurer, tempêter, je n'en ai pas reçu une goutte d'eau de moins , et je n'ai pas cessé de grelotter une seconde plus' tôt. Au reste, je dois déclarer, pour m'cxcuscr, que le moindre de mes guignons dans cette cruelle journée fut le froid, et que ce qui me mit le plus au désespoir, ce fut l'impossibilité de prendre une seule note , au
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milieu d'un pays couvert de localités bibliques, que je ne faisais qu'apercevoir en passant. Je formai dôs lors le projet de revenir sur ce terrain et d'entreprendre, aussitôt que le temps me le permettrait , une exploration de tout le pays de Canàan. Ce dessein une fois arrêté, je n'eus plus de regrets aussi vifs, et ce fut alors seulement que je maugréai pour tout de bon contre la pluie et contre la froidure, pour elles-méme.
Quoique décidé à revenir, je ne négligeais pas de demander le nom de toutes les ruines que je rencontrais sur ma route , et c'est ainsi que je recueillis les notes suivantes, dont je sens tout je prix, aujourd'hui que j'ai dû renoncer au vif plaisir de voir en détail et £ l'aise cette contrée si intéressante, J'ai dit tout h l'heure que j'avais été contraint d'abandonnner le tracé de ma carte, dès neuf heures vingt et une minutes. A neuf heures quarante-huit minutes, nous avons laissé, à cent métros environ sur notre droite, une colline couverte de ruines : c'est le Djebel et fjfc fvharbet-Mayn, Nous trouvons dans Josué (xy, 55), parmi les villes çje la région montueuse de Juda ; Maoun, Kermel, Ziph et louta. — La Maoun (|ivs) citée dans ce verset, n'est certainement pas autre chose que le Kharbel- Mayn, en face duquel nous venons de passer. De la teneur de ce premier verset il résulte très-certainement que Maoun était yoisine de KermeJ et de Ziph, et nous allons voir tout a l'heure, que cela est parfaitement exact. Nous lisons dans )e livrp de Samuel (xxni, 24 pt 25) : — Ils se levèrent et allèrent à Zip|i devant Saûl ; David avec ses gens était dans le désert de Maoun, dans une plajnc à droite do Yçsimoun. — 25 Saûl alla avec ses gens à Ja recherche; on l'annonça à David qui descendit vers le rocher et resta dans le désert de Maoun. Saul l'ayant appris, poursuivit David dans le désert de Maoun.— Plus loin encore nous lisons (xxv, 2) : — Il y avait un homme à Maoïm dont les biens étaient à Kermel; cet homme était fort
puissant; il avait trois raille brebis et mille chèvres; il était pour la tonte de ses brebis, à Kermel. — L'ensemble de ces versets démontre encore quo Maoun et Kermel étaient voisines, et que de plus le pays dans lequel était situé Maoun, était une solitude. Certes ce pays n'a pas gagné depuis : c'est un véritable désert dont l'aspect doit être des plus tristes par le beau temps; qu'on juge par là, de ce qu'il m'a paru par une pluie battante et glaciale. Encore un mot à propos de Maoun ; Eusôbe dit que cette ville était située dans la partie orientale de la Daroma
A dix heures, nous nous trouvons en face d'un tertre couvert de ruines et situé à une centaine de métrés à droite de la route que nous suivons. Ces ruines se nomment Kharbet-Omra-el- Aàmid (ruines de la mère des colonnes). Il est bien clair quo cette dénomination toute moderne ne peut nous servir on rien, pour déterminer le nom primitif de cette localité.
A dix heures cinquante minutes, nous longeons d'autres ruines considérables et dont je ne puis obtenir le nom, dos Arabes qui se trouvent avec moi. Enfin, à onze heures précises noua entrons au milieu des ruines de Kermel. Une construction carrée du moyen âge, domine, de toute sa hauteur qui est énorme, le vaste emplacement de la ville de Kermel. Au pied de cette espèce de citadelle, qui date vraisemblablement de l'époque des croisades, gisent de beaux tronçons de colonnes et un chapiteau qui a servi à couronner le montant d'une porte, l.ne magnilique citerne est creusée dans Ip roc, a un niveau un peu inférieur à celui du plateau sur lequel est assis le chùteau. Jusqu'à perte de vue paraissent des rues garnies , sur leurs deux côtés, de ruines con ligués d'habitations, d'une antiquité assez reculée. Une visite détaillée de cette localité ne pourrait manquer d'offrir des résultats de la plus grande importance.
1 , On se rappelle que c'est ainsi que se nommait la partie méridionale du territoire de Juda.
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Ce que j'en ai vu, je n'ai pu malheureusement le voir qu'en me réfugiant derrière le château, afin de m'abriter pendant quelques instants, contre la pluie qui nous fouettait sans pitié depuis près de deux heures, et encore me suis-je bien gardé de mettre pied à terre, car j'eusse été dans l'impossibilité physique de remonter à cheval.
Kermel, ainsi que nous l'avons dit un peu plus haut, est citée parmi les villes de la tribu de Juda1 et à côté de Maoun. Effectivement les ruines.de Mayn et de Kermel ne sont séparées l'une de l'autre, que d'un peu. plus d'une heure de marche, c'est-à-dire que d'environ une lieue et demie, ou deux lieues au plus. Cette ville exista avec une importance réelle jusqu'à la domination romaine, et môme assez tard, puisque nous lisons dans la notice des dignités de l'empire : Equités scutarii Ulyriciani Chcrmulœ. Les cavaliers scutaires d'Illyrie tenaient donc garnison à Chermula, qui n'est certainement que notre Kermel ; aussi Eusèbe, dans son Onomasticon, au mot KappXoç, nous apprend-il qu'il y avait une garnison romaine en ce lieu.
A la sortie de Kermel, nous retrouvons d'énormes allées de pierres, semblables en tout à celles de la Moabitide, sauf que les blocs employés ne sont pas de lave. Ces allées se montrent de tous les côtés , coupant le terrain à droite et à gauche du chemin que nous suivons et qui cette fois est bien tracé, longeant le flanc des coteaux et s'enfonçant dans des vallons garnis de petits chênes verts. Partout se voient des ruines d'une antiquité très-reculée. Une heure après avoir quitté Kermel , par exemple, nous traversons les décombres d'une véritable ville ; mais nous n'avons ni le temps ni le courage de les examiner. Une seule chose attire notre attention en passant : c'est un puits