‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 38 sur 211 · Rois, I, xvii · texte numérisé non relu

Rois, I, xvii

ET AUTOUR DE LA MER MORTE. Ut de l'Étemel lui fut (au Prophète Élie), disant : - 3. Va-t-en d'ici, dirige-toi vers l'orient, et cache-toi près du torrent de Kerit (rro Sn:), qui est vis-à-vis du Jourdain. — De Kerit à Kelt ou Kelit < il y a si près qu'il est évident que ces deux noms sont identiques , et que le Nahr-el-Kelt n'est autre chose que le Kerit du livre des Rois.

Il ne nous reste plus maintenant qu'à nous occuper de Jéricho, et qu'à rechercher l'emplacement probable de cette importante cité. Son nom hébraïque s'écrit inr et nrpT ( Ierihouet Jerihah). Sous cette dernière forme, il a la plus grande analogie avec le nom moderne Er-Riha. La catastrophe qui frappa Jéricho est racontée en détail dans le chapitre vi du livre de Josué. Les Juifs étaient d'impitoyables conquérants, car (verset 21) tout, dans la malheureuse ville, hommes, femmes, jeunes, vieux , jusqu'aux bœufs, aux agneaux et aux ânes, fut passé au fil de l'épée. Une prostituée avec sa famille trouva seule grâce devant les vainqueurs, parce qu'elle avait donné asile à deux espions israëlites, envoyés en secret pour reconnaître la place avant qu'elle ne fût attaquée '. Josué fit alors un serment», disant : Maudit soit l'homme, devant l'Éternel, qui se lèvera et rebâtira la ville de Jéricho : que par son fils aîné, il jette les fondements, et que par son jeune fils, il en mette les portes. — Cette malédiction n'arrêta pas les reconstructeurs de Jéricho, car nous lisons3 : — Dans son temps (du roi Ahab) , Hiel, de Beit-EI, bâtit Jéricho; par (la perte d'JAbiram, son aîné, il en jeta les fondements, et par (celle de) Sedjib, son plus jeune fils, il en posa les portes; selon la parole de l'Éternel, qu'il avait proférée par Josué fils de Noun.

Jéricho fut donc certainement reconstruite; aussi en trou-

1. Josèphe raconte le sac de Jéricho avec les mêmes détails (Ant. Jud., v, t, S-10). 1. Jos., vi, 16.

S. Rois, I, xvi. S*.

vons-nous la mention un très-grand nombre de fois, dans les écrits sacrés et profanes, postérieurement au désastre qu'elle essuya à la venue des Israélites sur la rive droite du Jourdain. Au reste, puisque dans le livre de Josué lui-même (xvm, 21), Jéricho se trouve classée parmi les villes du partage de Benjamin, il est bien clair que la ville ne fut pas rasée et effu-ée de la surface de la terre, comme le chapitre vi semblerait le fàire entendre. Je ne citerai qu'un seul passage biblique pour prouver que Jéricho avait été reconstruite à une époque fort reculée; c'est celui où il est question du miracle par lequel le prophète Elisée rendit salubres les eaux de la source de Jéricho. Nous lisons1 : — Les gens de la ville dirent à Élisée : Voici, maintenant le séjour de la ville est bon, comme mon seigneur voit, mais les eaux sont mauvaises et la terre stérile. — 20. II dit : Apportez-moi un vase neuf el mettez-y du sel, et ils le lui apportèrent. — 21. 11 se rendit à la source de Peau et y jeta du sel, et il dit : ainsi a dit l'Étemel : J'ai rendu ces eaux saines, il n'en proviendra plus ni mort ni stérilité. — 22. Les eaux devinrent saines, jusqu'à ce jour, selon la parole qu' Élisée avait proférée. — Puisque le séjour de la ville était bon, c'est qu'apparemment la ville avait été rebâtie avec soin. Ce passage, de plus, semble prouver que la ville de Jéricho se trouvait en réalité vers ta fontaine d'Élisée, plutôt que vers le point où sont placés le Bordj-er-Riha et le village moderne que l'on prend pour Jéricho. Vers cette fontaine, en effet, se voient des ruines qui portent le nom de Tahouahin-es-Sakkar (les moulins à sucre) ; mais je ne les ai pas visitées, et, par conséquent, je ne me permettrai pas de discuter leur âge probable.

Josèphe parle souvent de Jéricho, qu'il place à soixante stades du Jourdain*. Il dit qu'entre Jérusalem et Jéricho il y a une

Page 1