‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 55 sur 211 · Bell. Jud., v, vu · texte numérisé non relu

Bell. Jud., v, vu

mencent contre la deuxième enceinte, au pied de laquelle les Romains sont parvenus à s'établir? Les Juifs, sous les ordres de Jean , défendent la place , du haut de la tour Antonia et du portique septentrional du temple, et devant le monument d'Alexandre; tandis que Simon garnit les murailles, depuis le point situé vers le sépulcre du grand prêtre Jean, jusqu'à la porte par laquelle l'eau était conduite à la tour Hippicus.

Rien de plus précis que ces détails topographiques; la tour Hippicus , c'est la tour de David, et la porte dont il est question est indubitablement le Bab-el-Khalil, porte qui conduit à Jaffa, à Hebron et à Beit-lehm. A partir de cette porte, vers le sud et l'est, la vallée de H in nom, Dji-hinnom des Écritures ( Djehennam , la vallée de l'enfer, des Musulmans), s'ouvre de façon à ne laisser à personne l'idée d'entamer sur ce point les murailles de la place. D'un autre côté, le monument du grand prêtre Jean , qui n'a pas été déterminé jusqu'ici, ne peut être pour moi autre chose qu'une cave sépulcrale , isolée , placée à gauche de la route de Naplouse, en sortant par la porte de Damas, et beaucoup plus près de la ville que les Qbour-el-Molouk. La position de cette cave est d'autant plus convenable, qu'elle rend parfaitement raison de l'idée qu'eut Titus de commencer, vers ce point, l'attaque de l'enceinte d'Hérode-Agrippa. Il marchait ainsi sur un saillant, et aucun militaire n'admettra jamais qu'il ait pu songer à faire autre chose. Donc, depuis le saillant occupé aujourd'hui par la Bab-ech-Cham , porte de Damas, jusqu'à l'angle nord-est du temple, c'est-à-dire jusqu'à la porte de Setty-Maryam pour les uns, porte de Saint-Étienne pour les autres, l'enceinte intérieure était défendue par les soldats de Jean. Que dit Josèphe? «Ceux qui étaient avec Jean combat- « taient de la tour Antonia, du portique septentrional du temple

«et devant les monuments du roi Alexandre1. » Il n'est pas possible d'être plus clair et plus explicite, les soldats de Jean combattaient du haut de la tour Antonia et du portique nord du temple, et devant les monuments du roi Alexandre. Ces monuments étaient donc devant la muraille. De plus, il s'agit de plusieurs monuments, puisque le mot ixv7ifAeiwv est au pluriel. Concluons, en passant, q\ie vers ce même point étaient plusieurs monuments attribués à Alexandre, et par suite les pupita Paoài'xa, dans lesquels les rois asmonéens avaient été enterrés, mais Alexandre avec plus de somptuosité que les autres , ce qui est d'accord avec l'histoire, et ce qui motive l'emploi d'une expression aussi bizarre que celle de tûv A>e;âv£ou toC PaciXtûjç u.vv!(X£itov , c'est-à-dire de plusieurs tombeaux assignés à un seul prince. Ces monuments existent-ils aujourd'hui? Oui, ils existent, mais dans un état de mutilation déplorable. Ils ne sont autre chose, comme l'a très-bien reconnu le premier mon savant ami le docteur Schultz, consul de Prusse à Jérusalem , que la cave immense improprement appelée Grotte de Jérémie, et gardée par un derviche3. En résumé, les premiers Asmonéens ont été inhumés à Modeim, et les autres à la porte même de Jérusalem , dans la grotte aujourd'hui mutilée que l'on appelle Grotte de Jérémie. Voilà donc les Asmonéens écartés définitivement, et ils ne peuvent

1. Cn uiv iripî rht Iwawr - iird t» tt; Avramo; xaù tt; irpcaafXTÛu otoi; roy ttpsû xxt rcpô tSw AXiÇaîvJpou tcû PaoïXtûK pr,aiit»v aayojxivct. ( Bell. Jud., V, vil, 3.)

î. La grotte de Jérémie senti donc supprimée ainsi? Pas le moins du monde. Il se peut d'abord que les Asmonéens aient profité de la présence de cette grotte, pour entamer la taille de leur caveau de famille; et d'un autre côté, s'il n'en était pas ainsi, nous aurions à report» r le nom de Grotte de Jerémie à mie grotte naturelle, placée au flanc même de la cave des Asmonétus et à un point plus élevé, de telle façon que si la tradition, cette lois encore, est vraie, Jérémie était beaucoup mieux placé pour faire entendre ses lamentations du haut de cette retraite, ouverte à tous les regards, que dans une cave où il faut pénétrer n^sci avant pour trouver le poiut où l'on dit que reposait le saint prophète.

d'aucune manière être supposés enterrés aux tombeaux des rois.

Passons maintenant à la dynastie des Hérodes.

Josèphe nous apprend que le corps d'Ilérode le Grand fut porté en grande pompe à Herodeum, par les soins de son fils et successeur, Archelaiis Le môme fait est rappelé dans les Antiquités judaïques ». Hérode le Grand est donc écarté tout aussi bien que les princes Asmonéens.

Le seul monument d'un Hérode dont il soit question dans Josèphe est mentionné dans la Guerre des Juifs. Il est cité dans la description des lignes de circonvallation construites par Titus. « A partir du camp des Assyriens, où était le camp de « Titus, ces lignes s'étendaient au-dessous de la ville neuve , «gagnaient de là, à travers le Kedron, le mont des Oliviers;

■ tournant ensuite au sud, elles embrassaient la montagne jus- « qu'au Péristereon (c'est le tombeau des prophètes) et la «colline adjacente qui domine la vallée, près de Siloam. Après « s'être infléchies vers l'ouest, elles descendaient au fond de la « vallée de la Fontaine (au bir-Eyoub) ; puis, remontant auprès du

■ monument du pontife Ananus (l'un des nombreux tombeaux «creusés dans le rocher, au Hak-ed-damm) , et entourant la

■ montagne sur laquelle Pompée avait assis son camp, elles « revenaient au nord, et après avoir traversé le hameau connu « sous le nom de Maison des Pois (îpsSivûwv uxo;) , et enveloppé «le monument d'Hérode (tô ùpcà&w [m^Ccv ) , elles rejoi- «gnaient, par un retour à angle droit vers l'orient, le camp « des Assyriens3. »

1. ïraJîou; îî fcofuofai v> jtwtc<riv>; tt; Uu.J :'■.:■> invi x*t* t*î ivrcXà; kiyr,. (Bell. Jud., i, mu, 9.)

S. Ataav îi i*i MiM-ïa-,, ffTaJta ôxtm, rjjîi -jàp à-jrà tftvwro at raçai xiXdjapari tw atùrû. (Aat. Jud., xvn, vm, 3.)

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