Chron., I, xm
S. Chron., 1, xiviii, 11.
*7i VOYAGE EN STRIE
■ Et maintenant, envoie-moi un homme intelligent, pour tra- « vailler en or, en argent et en airain, en fer, en pourpre rouge,
■ en cramoisi et en hyacinthe, qui sache tailler des sculptures, « avec les gens sages qui sont avec moi en Jahouda et en Jé- « rusalem, que David mon père a préparés*. »
Le roi Houram lui répond :
« Et maintenant je t'envoie un homme sage, intelligent, qui « a appartenu à Houram mon père, fils d'une femme des filles a de Dan (son père était tyrien) , expert à travailler dans l'or, « dans l'argent, dans l'airain, dans le fer, dans les pierres, « dans le bois, dans la pourpre, dans l'azur, dans le lin fin, « dans le cramoisi, à tailler toute espèce de sculpture ( nrof
■ ninc) et à imaginer toutes sortes d'inventions dont on le
■ chargera, avec tes sages et les sages de mon seigneur David, « ton père \ •
Tous ces passages sont bien précieux. Salomon a besoin d'un homme capable d'exécuter l'ornementation qu'il destine au temple du Seigneur. Cet homme, il sait qu'il peut le trouver en Phénicie; il le demande au roi Houram, et le monarque le lui envoie aussitôt. Cet artiste a-t-il pu concevoir et exécuter à lui seul toutes les splendeurs du temple et du palais? Non, certes; il a donc créé une véritable école à Jérusalem, et cette école a du forcément suivre les méthodes qui lui furent enseignées par son fondateur tyrien.
Pour excaver dans le roc vif une tombe digne de son père, Salomon n'avait pas besoin d'autres artistes que ceux qui se trouvaient à Jérusalem; pour l'orner convenablement, il a pu se servir, soit de l'artiste tyrien lui-même, soit des élèves de celui-ci, et ces élèves ont dû mettre en œuvre l'ornementation toute phénicienne que leur habile maître leur avait enseignée.
i. Chron.,II, 11,6.
ï. Chron., h, lî.
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 273 On m'a objecté aussi que les récits des spoliations exercées tour à tour par Hyrcanetpar Hérode, sont des fables inventées à plaisir par Josèphe. II faudrait alors expliquer pourquoi Hérode a fait construire, à la porte même du tombeau des rois, un monument expiatoire , après la fatale visite dans laquelle deux de ses doryphores périrent. Josèphe connaissait et a parlé, de visu, de ce monument, qu'il décrit; en nier l'existence et l'origine devient donc très-difficile. De plus, l'entrée du tombeau des rois était donc bien connue de la population entière de Jérusalem.
A l'époque de Salomon , l'argent n'était pas très-rare à Jérusalem, car nous lisons ce qui suit dans les Saintes-Écritures : « L'argent n'était estimé de rien, du temps de Salomon Puis * : « le roi rendit l'argent et l'or communs à Jérusalem comme les «pierres; et les cèdres le furent comme les sycomores, qui « sont dans la vallée en grande quantité. » La même assertion est répétée au 1" livre des Rois, x, 27. Quelque hyperbolique que puisse être cette dernière expression, elle ne prouve pas moins que Salomon pouvait, sans gêner beaucoup ses finances, ensevelir 3,000 talents d'argent dans la tombe de son père.
Mais, dit-on, si des trésors ont existé dans cette tombe, et Sésac, et les Assyriens, et tant d'autres spoliateurs du trésor du temple et du trésor royal de Jérusalem, ont du dépouiller les tombes royales. On oublie une chose; c'est que les peuples de l'antiquité n'étaient pas des violateurs de tombeaux, et qu'ils avaient un respect profond pour la demeure des morts. Aussi, lorsque Cambyse, devenu maître de l'Égypte, eut violé le sépulcre d'Amasis, il n'y eut qu'un cri d'indignation et de malédiction contre lui. Cette hypothèse ne me semble donc pus avoir une valeur suffisante.