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que lui apporte le puits rond entaillé dans la voûte. Très-probablement c'est la rampe qui est antique , et le puits n'aura été creusé que bien postérieurement, pour éclairer aux visiteurs l'entrée du monument. Ce monument, c'est le tombeau des prophètes , Qbour-el-Anbia.
Je vais décrire le plus brièvement possible cette excavation si éminemment curieuse. Le vestibule est une rotonde de sept mètres de diamètre ; aux quatre extrémités de deux diamètres perpendiculaires entre eux, se trouvent, taillés dans le roc, des couloirs de un mètre soixante centimètres de largeur, dont l'un , celui qui fait le prolongement de la rampe par laquelle on descend dans le caveau, mène directement, par un chemin de neuf mètres de longueur, à une porte donnant accès dans une petite chambre de deux mètres v ingt centimètres de profondeur, sur trois mètres quatre-vingts centimètres de largeur. Dans la paroi du fond est percé un four à cercueil.
À droite et à gauche de la porte d'entrée de cette petite chambre , qui tient évidemment la place d'honneur, règne un couloir circulaire qui vient recouper le couloir dont le tracé est perpendiculaire à celui du couloir conduisant à la chambre principale. Dans la paroi du fond sont taillées, dans la branche de gauche du couloir circulaire , seize fours à cercueil. A droite, le couloir est circulaire sur une longueur de sept mètres seulement. En ce point, la paroi du rocher, grâce h la présence de couches de silex, a offert des difficultés de taille, telles que le plan général a été abandonné. Quatre marches grossières et irrégulières ont été prises dans la masse, et montent à une petite chambre carrée, de deux mètres trente centimètres de coté. Les parois de celle-ci sont percées de cinq fours à cercueil.
A droite de l'escalier conduisant h cette chambre funéraire se présente une branche de couloir, de trois mètres de lon-
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. US gueur, et dirigée parallèlement au couloir principal tracé dans Taxe du monument. Puis, le couloir dévie et se courbe de nouveau, pour venir aboutir à l'extrémité de droite du grand couloir horizontal. Dans cette paroi courbe sont encore entaillés cinq fours à cercueil , de sorte que le caveau présente seize fours à cercueil à droite, comme à gauche.
Un second couloir en arc de cercle , de même largeur que le premier, est taillé à trois mètres en arrière de celui-ci. Sur le milieu de la longueur de sa branche gauche, un passage de même largeur le relie au grand couloir à tombes , et dans la paroi de droite de ce passage est taillé un four à cercueil, il n'est pas facile de circuler partout dans ce curieux caveau sépulcral. Ainsi , la branche horizontale de droite est entièrement fermée, contre le vestibule circulaire, par les terres éboulées, auxquelles le puits creusé dans la voûte a donné accès.
Ce n'est pas tout encore; en retour et au point d'intersection du couloir horizontal de gauche avec le couloir circulaire intermédiaire, commence un nouveau couloir de quatre mètres vingt centimètres de longueur et d'un mètre cinquante centimètres de largeur; au fond de celui-là est un four à cercueil, et l'entrée d'un couloir extrêmement bas et étroit, puisqu'il n'a que soixante-dix centimètres de hauteur et de largeur, qui s'incline très-rapidement et conduit à une série de chambres de dimensions différentes, contenant encore six fours à cerceuil. Je renonce à décrire ce labyrinthe dans lequel j'ai failli étouffer, et que, seuls, l'abbé Michon et Philippe ont eu le courage de parcourir jusqu'au bout, au risque de n'en pouvoir jamais sortir. L'abbé, avec cette opiniâtreté que rien absolument ne peut rebuter, n'a pas voulu quitter cette effroyable tombe, sans en avoir fait un croquis dont les mesures lui étaient fournies par Philippe. Je suis heureux de les en remercier ici tous les deux ;
car sans eux, j'eusse bien certainement renoncé a connaître toute cette partie du monument, partie d'autant plus intéressante, que jamais, que je sache, personne n'a osé s'y aventurer pour tout de bon. Je renvoie donc au plan que j'ai pu en donner, grâce au croquis de l'abbé ».
D'où vient le nom de tombeau des Prophètes que la tradition accole à ce singulier monument funéraire? Il m'est impossible de le deviner. Je ne connais d'autre mention antique de ce monument que celle, assez vague d'ailleurs, que nous fournit Josèphe et qui ne peut concerner que notre caveau. L'historien des Juifs, décrivant les lignes de circonvallation de Titus, dit que ces lignes , traversant le Kedron, gagnaient le mont des Oliviers, et que, revenant au midi, elles enveloppaient la montagne, jusqu'à la pierre qu'on nomme le Peristereon, et la colline qui avoisine celle-ci et qui domine la vallée voisine de Siloam 3. Cette indication est fort précise quant au lieu qu'elle désigne, c'est incontestablement notre caveau sépulcral, aussi bien que la 2tXwà{A mentionnée dans ce texte, n'est très-probablement que le village de Siloam qui n'a changé ni de nom ni de place. Quant à l'origine et à la véritable destination du monument, elle nous laisse dans la plus complète incertitude.
Nous lisons dans l'évangile de saint Mathieu (xxm, 29) : owat 'Jfùv, Ypajxji.aT?tç xal «papicaîoi ÛTroxpuTai, oti oîxo#0|i.îiTfi toO; Ta^oi»; twv Trpo^Y.Tcov xai y.ovj.h'rt -à {/.v/ifxeîa twv $i/.auov. — Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous construisez les tombeaux des prophètes et que vous embellissez les monuments des Justes. — Serait-il par hasard question dans
i. Voynpl. un, i. Bell. lad., v, xti, i.
3. Eitx xvxxsuvrttv xxrx u.itfruiSptxv mstX*ui6sv» ri epo; i/st tx; iriptaripituvc; xxXs'jufvr.; rrirpa;, tm ti ï\r,; tâçav i; fafatTM rf, xxrx rir* Zùmtx çx-jxyjt, etc.
ce même verset , du tombeau des prophètes dont je viens de donner la description? C'est possible, mais j'en doute.
Quoi qu'il en soit, le monument est très-important, et il mérite toute l'attention des archéologues. 11 a été garni, à une époque très-reculée, d'un enduit de ciment, dans la pâte duquel sont noyés, pour lui donner du corps, des fragments de poterie cannelée, très-antique sans aucun doute. La preuve que ce revêtement intérieur est fort ancien, c'est que j'y ai trouvé au plafond, en un point situé à gauche de la petite chambre haiite, parmi une foule d'inscriptions judaïques cursives, tracées par de pieux visiteurs, à une époque très-ancienne, si l'on en juge par la forme des lettres, une inscription du même genre, écrite en caractères démotiques égyptiens , et que je me suis empressé de transcrire, espérant qu'un jour elle serait déchiffrée intégralement ; je n'y ai pu reconnaître que le titre de Prêtre de Rè ou du Soleil. Si j'ai bonne mémoire, d'autres textes démotiques, moins bien conservés, se trouvent vers la même partie de la muraille, et il serait bien curieux de les recueillir tous avec le plus grand soin. Je n'ai pas besoin, je pense, de rappeler que ce fait présente la plus grande analogie avec celui que l'on constate à chaque pas, dans les Syringcs de Thèbes.
Une tradition juive, ayant cours à Jérusalem, fait des Qbourel-Anbia, le tombeau d'un ou plusieurs rois qui n'ont pas été ensevelis dans le sépulcre de David. Malheureusement je n'ai pas pris immédiatement note de ce fait, de sorte que je ne me rappelle plus si c'est le roi lépreux Ozias, ou les deux rois apostats Ammon et Manassés, dont cette tradition place les tombes aux Qbour-el-Anbia.