KH AN - EL - KH AL D AU
Au tiers de la route battue de Bevrout à Savda, se trouvent des ruines et une immense nécropole taillée dans le flanc du premier contrefort du Liban. Sur l'emplacement même des ruines est un khan assez vaste, nommé Khan-el-khaldah. Là, sans aucun doute possible, a existé une localité antique fort importante, puisque les sarcophages de la nécropole se comptent par centaines; mais, hàtons-nous de le dire, la forme même de ces sarcophages, de structure gréco-romaine, prouve qu'ils sont postérieurs aux excavations des nécropoles phéniciennes, telles que celle d'Adloun dont nous nous occuperons un peu plus loin. A el-Khaldah, je n'ai pas vu une seule chambre funéraire d'origine phénicienne ; aussi ne trouvonsnous aucune mention , dans les géographes relativement anciens, d'une localité identifiable avec el-khaldah. 11 faut descendre jusqu'en 333, date de la rédaction de l'itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, pour rencontrer, à douze milles de
Civitas Birito, un relui nommé Mutalio Hcldua. De Heldua à la forme moderne el-Khaldah, il n'y a pas assez loin pour qu'il soit difficile d'appliquer les deux dénominations à un seul et même lieu , ainsi que l'a fait le premier Pockoke. Mais ici se présente une difficulté : l'itinéraire compte douze milles de Birilo à Heldua, et quatre milles seulement de Heldua à la Mutalio Porphyrion, c'est-à-dire à Naby-Younès, ainsi que nous allons le constater tout à l'heure. Le savant Robinson a pensé que les deux chiffres relatifs à Heldua et à Porphyrion avaient été changés de place par une erreur de copiste, et il est certain que cette opinion mérite toute confiance; nous verrons d'ailleurs en temps et lieu combien les chiffres de l'itinéraire sont fautifs.