NAHR-ED-DAMOUR
Entre le Khan -el-Khaldah et le Khan-en-Naby-Younès, la route coupe le Nahr-ed-Damour. Strabon place exactement en ce point le Tamyras. Nous lisons, en effet, dans son livre : Merà £è B-fipuTov èox\ 2i#à>v oaov èv T6Tpaxo<?i'oiç <jTa£ioiç* {xera^ù èï 6 Tappaç jtoTap; xai to wj À.<txXy!TCiou ÂXcoç xal Acovtwv uroÀiç. Comme le Damour est précisément à moitié route entre Béryte et Sidon, comme de plus le nom moderne Damour conserve suffisamment la forme primitive que Strabon a rendue par Tappaç, il n'y a pas de doutes à conserver sur l'identification de ces deux noms, et les renseignements sur lesquels Strabon s'est appuyé, étaient parfaitement exacts, quant à la position géographique du Tamyras. Nous allons voir qu'il n'en est plus de même lorsqu'il s'agit de Aeovrwv tcoXiç.
KHAN-EN-NABÏ-YOINÈS.
A Naby-Younès se trouvent des débris et de beaux fûts de colonne, gisant dans le hameau placé derrière le khan ; ces
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 57 traces sont suffisantes pour justifier l'opinion qu'en ce point a existé une localité antique assez importante. Quelle est-elle? Consultons les anciens géographes. Scylax place après Beryte nopçupe'wv xoXtç. 1/ itinéraire de Bordeaux à Jérusalem mentionne, à huit milles avant Sidon, un relai nommé Mulatio Porphyrion. Dans aucun autre géographe il n'est fait mention de Porphyrion; mais Strabon place en ce point Aeovrwv tcoXiç, tandis que Pline indique Leontos Oppidum au nord de Beryte, entre cette ville et le Lycus (Nahr-el-Kelb de nos jours), et que Scylax place Aeovxwv tcoXiç au delà de Sidon. Les deux témoignages concordants de Scylax et du Pèlerin de Bordeaux sont bien suffisants, et presque tous les voyageurs jusqu'ici l'ont admis comme moi, pour considérer le Khan-en-Naby- Younès comme occupant l'emplacement de Porphyrion. Un véritable bois de tamariscs séculaires avoisine le khan moderne, et l'on pourrait à la rigueur y retrouver les descendants des arbres qui formèrent jadis le bois sacré d'Esculape. 11 paraît donc assez naturel d'admettre que Strabon s'est trompé et que, confondant Porphyrion avec Leonton , il a placé l'une de ces villes pour l'autre , entre le Tamyras et Sidon.
Naiir-el-Aoi:aly.
En vue de Sayda on traverse une assez jolie rivière nommée aujourd'hui le Nahr-el-Àoualy, et cette rivière ne peut être que le Bostrenus que nous trouvons mentionné dans les passages suivants :
Kal 2i$ova âv6ef/.oe<yaav
Le poëme de Dcnys le Periégète a été traduit en vers latins
l. Deuys le Periégète, vers 913 et 914.
58 VOYAGE EN SVKIE
pur Rufus Festus Avienus. Voici le passage correspondant à
celui que je viens de citer :
Sidoniique lares ; uhi labeni agmiiie amœuo Cespitis irrigui Bostrenus jugera findit.
Enfin Priscien le traduit de la manière suivante :
Sidooaque ptilchrafn
Quam juxtà liquido Bostrenus gurgite currit.
Donc, pas de doute possible cette fois encore, le Bostrenus de Denys le Periégète, de Festus Avienus et de Priscien , n'est autre chose que le Nahr-el-Aoualy de nos jours, lequel aura pris son nom moderne de quelque petit édifice religieux musulman au pied duquel il passe.
SAYDA.
C'est indubitablement ï^wv roXir xaùXtpiv xXetToç de Scylax, Si don de Pline, 2i£ùv de Strabon, qui la place à quatre cents stades -de Béryte, Sidona de l'itinéraire d'An tonin, Sydone de la table de Peutinger, et enfin Civitas Sidona du pèlerin de Bordeaux. Il serait tout à fait superflu de discuter ici cette identification qui ne présente aucune difficulté. Toutefois il sera, je pense , convenable de comparer les diverses distances de Béryte à Sidon, fixées par les itinéraires anciens que nous possédons. Strabon dit que Sidon est éloignée de Béryte de quatre cents stades, l'itinéraire d'Antonin de xxx milles, et la table de Peutinger de xxix milles seulement; enfin l'itinéraire de Bordeaux à Jérusalem compte xn milles de Béryte à Heldua, un milles de Heldua à Porphyrion, et vm milles de Porphyrion à Sayda. La somme de ces trois chiffres n'étant que de vingtquatre milles, il est clair que l'un au moins de ces trois chiffres partiels est fautif. On voit du reste qu'il n'y a aucune concor-
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 59 dancc entre les trois itinéraires précités. Celui d'Àntonin et la table de Pcutinger ne différant entre eux que d'une seule unité , pourraient être mis d'accord par la suppression du chiffre i intercalé entre les deux derniers x du chiffre de la table de Peutinger, ou par la restitution de ce chiffre i à la môme place, dans le chiffre de l'itinéraire d'Antonin. Quant aux trois chiffres du pèlerin de Bordeaux, je n'ose me permettre de les changer formellement pour les faire cadrer avec les autres, et je me bornerai seulement à faire observer que le premier me semble un peu trop fort, le second beaucoup trop faible et le troisième à peu près exact Ainsi , en mettant x milles seulement entre Béryte et Heldua, xii entre Heldua et Porphyrion, et enfin vin entre Porphyrion et Sidon, nous retomberions exactement sur les xxx milles de l'itinéraire d'Antonin. Mais, je me hâte de le répéter, je ne tiens nullement à ces reconstructions de chiffres que l'on modifie à son gré , et je me borne simplement à constater que ceux que je viens de discuter sont mauvais et inadmissibles.
Il reste un point à examiner avant de quitter Sayda. Le texte de Seylax, reproduit par Reland, mentionne Zi£<ov *<&k xat Xijxt.v xXsi-rô; ; le texte publié par Gail ne contient pas ce dernier mot, qui ne paraît pas non plus dans l'édition de M. Miller. Reland a traduit ce passage de la manière suivante : Sidon vrbs cum ]x>rtu clanso. Il a donc remplacé le mot x>ei?ù? par le mot xWttk; , qui signifie fermé; comme le port de Sidon était réellement fermé par un môle dont on reconnaît parfaitement les traces, la correction de Reland me paraît très-heureuse, et je n'hésite pas à l'adopter.
Reprenons maintenant notre second tronçon d'itinéraire sur la côte de Phénicie, c'est-à-dire celui qui sépare Sidon de Tyr.
SARFEST.
La première ville ruinée que l'on rencontre après avoir quitté Sayda est Sarfent, la Sarfat de l'Écriture sainte, que Pline mentionne ainsi : Sarepta et Ornithon oppida, entre Sidon et Tyr. Il en est également question dans le Périple de Scylax, dont je dois reproduire le texte, afin de le discuter. Voici ce texte d'après Reland :
2i&wv xoXiç xxl ^1{/.yiv xXeiroç, Ôpvtôttv roXi; 2idbm&>v, ctirô Aeov-
tojv iroXewv {/.éypt Ôpvi'Ôwv ir<ftew; Tupiwv icoÀiç 2xpx Eitx aXky
roXi; Tupoç Xij/ivx eyoucx cvxà; refyouç.
Le texte de ce passage publié par Gail est le suivant :
ït&wv woXiç xxl Xijxtiv, Ôpvi'Ôwv ttoXiç Zl^WVWDV. Àtco Aêovtwv ro^etoç, (xéypt ÔpviÔwv iroXewç... T-jpi'wv xoXiç Sx'pxTrrx , otXX» iroXiç Tupo; Xt{jt.évx i/ouax evro; xeiyouç.
On voit que Gail adopte les corrections proposées par Saumaise, Vossius et Reland, qui restituent rcoXeo; à roXewv et 2apxtttx à 2xpa eîrx. Ces corrections sont en elîet indispensables. Mais suffisent-elles pour rendre le texte en question intelligible lorsqu'on l'étudié sur les lieux? Nullement. D'abord ce texte, conservé tel qu'il est, placerait Sarepta ou Sarfent entre Ornithon et Leonton, ce qui me paraît impossible, vu qu'entre Sayda et Sarfent il n'y a pas de ruines de ville. D'un autre côté, faut-il croire que Aeov-rwv tto'Xiç signifie la ville des Lions? J'en doute fort, d'autant plus que Pline l'appelle Leontos oppidum. Leonton était probablement le nom entier de la localité, comme Porphyrion et Ornithon l'étaient de deux autres localités phéniciennes. N'est-il pas naturel de croire le nom Leonton bien plutôt dérivé de celui du fleuve Léontès, dans le voisinage duquel il serait alors convenable de rechercher Leonton? Je
n'hésite pas à le croire. Le Leontès, c'est le Nahr-el-Qasmieh d'aujourd'hui ; car cette même rivière s'appelle aussi Nahr- Lantaneh ou Lanteh , et dans cette dénomination moderne , nous retrouvons la trace évidente du nom primitif. Sur la rive sud du Nahr-el-Qasmieh, est placé le Khan-el-Qasmieh, vaste khan , dont les murailles contiennent de nombreux fragments antiques, indices certains d'une ville préexistante en ce même point. Je n'hésite pas à y trouver le Leonton polis do Scylax , le Leontopolis que Strabon met a tort sur la rive sud du Tamyras ou Damour, le Leontos oppidum que Pline relègue , bien plus fautivement encore , au nord de Béryte et entre cette ville et le Lycus. Suivant Gail , il y a une lacune entre les mots Opvtôwv xolewç et les mots Tupuov roXtç Sffpcnrra, et cet habile helléniste déclare qu'il est tenté de considérer comme une interpolation étrangère au texte primitif de Scylax , le membre de phrase entier : Airo Asovtwv
TroXewç, pix.pt ÔpviÔov tcoXsmç Tvptwv 7ro>.iç SapaTrra. Enfin
Reland , qui s'étonne à bon droit de la structure de cette phrase, y ajoute la note suivante (p. &3i, note 4) : Illudà™ et ptiy pi videtur sccum postulare uXoGç vel simile quid, uti <iza~ fila , et nec antèà meminit Leontopolis. On voit que tous ceux qui ont examiné le texte de ce passage de Scylax , n'ont pas été plus heureux que moi, lorsqu'il s'est agi d'en saisir le vrai sens. Ce qui me paraît très-probable, c'est que Gail a eu raison de voir une interpolation dans cette phrase tronquée. Si l'on conservait en effet la ponctuation de l'édition de Gail, on aurait trois localités citées en remontant du sud au nord, en admettant toujours une lacune entre les désignations d'Ornithon et de Sarepta, tandis que la direction que suit invariablement le rédacteur du Périple est du nord au sud. Peut-être serait-il possible de changer la ponctuation de la phrase entière de la manière suivante, ce qui permettrait de supprimer la lacune
signalée par Gail, et non par Reland, en changeant toutefois à rco en «ç t,«, et le iroXews qui suit en toXiç.
AeovTwv ictfXlç* [xéy pi Ôpvi6û»v xoXew;, Tupuav îtoXi; 2a'pa7TTa.
C'est-à-dire, « la ville de Sidon avec port fermé; Qrnithon, ville des Sidoniens, après laquelle la ville de Léonton. Avant la ville d'Ornithon, Sarapta, ville des Tyriens. »
Je donne , bien entendu , cette correction , en grec d'assez médiocre qualité, pour ce qu'elle vaut, c'est-à-djre que je n'y tiens pas outre mesure, bien qu'elle m'ait été suggérée par l'étude des lieux. Quoi qu'il en soit, en définitive, les ruines nommées aujourd'hui Sarfent sont indubitablement celles de la Sarfat de l'Écriture, de la Sarapta de Scylax, et de la Sarepta de Pline. Remarquons toutefois , en passant , que Pline qui, dans son énumération des villes de la côte phénicienne, procède du sud au nord, mentionne Ornithon après Sarepta, ce qui semble s'accorder avec le passage si difficile à comprendre du Périple de Scylax. Il resterait toujours deux grandes difficultés à lever, si l'on adoptait l'idée qui paraît résulter de la combinaison des deux textes de. Scylax et de Pline. La première consisterait à trouver, entre Sayda et Sarfent , remplacement d'une ville antique identifiable avec Ornithon. La seconde, bien plus grave encore, consisterait à chercher, non pas Ornithon au nord de Sarepta, comme le veut Pline, mais bien Leonton. L'accord des deux auteurs est donc purement factice, et comme il n'y a pas, en réalité, de ville antique entre Sayda et Sarfent, il faut bien, de toute nécessité, chercher ailleurs les deux villes d'Ornithon et de Leonton, que je crois devoir placer en d'autres points. J'y reviendrai tout à l'heure.
K-AÏSARIEH.
A fort peu de distance au sud de Sarfent est un tertre trèsconsidérable, recouvert de ruines, et nommé par les Arabes Kaîsarieh. Il est donc certain que là a existé jadis une Cmarea dont il n'est fait mention nulle part, que je sache, dans les écrivains de l'antiquité.
ADLOUN.
Nous voici cette fois arrivés à une localité très-importante, munie d'une nécropole immense qui occupe tout le flanc d'une longue montagne, et d'une nécropole toute différente de celle d'el-Khaldah. Ici, ce ne sont plus des sarcophages de forme récente, pris dans la masse des rochers, mais bien des chambres sépulcrales taillées dans le roc vif, et de même que dans la nécropole si antique de Jérusalem. Il- est donc important de trouver quelle est la ville phénicienne dont Adloun a pris la place.
L'itinéraire de Bordeaux à Jérusalem mentionne un seul relai entre Sidon et Tyr, C'est la Mntatio ad Nonum. Vn pareil nom était assez significatif pour qu'un copiste dut être préservé d'une erreur dans le chiffre des milles qui séparaient cette* localité de Sayda. Elle était au neuvième mille, ad Nomim milliarium, et le chiffre des milles comptés par le Pèlerin de Bordeaux est un seulement. Une pareille faute se corrige d'elle-même. Quant aux chiffres dont les bornes milliaires étaient marquées de Sidon vers Tyr, il est clair qu'ils partaient de l'unité en sortant de Sayda, car j'ai retrouvé gisant sur la route deux belles bornes milliaires de granit, dont la première située à un peu plus de deux kilomètres de Sayda porte le chiffre n. Il est donc bien certain que le nom ad iïonnm désignait une localité placée au neuvième milliaire, à
partir de Sayda, sur la route de Tyr. Ad Nonum était certainement, en 333, le nom de cette localité, et de ce nom les Arabes auront fait Adloun. Chez les habitants de la Syrie , le Lam et le Noun se confondent très-aisément ; presque tous prononcent par exemple Ismayn au lieu d'ismayl, et, par une altération en sens inverse, ad Nonum aura pu très-aisément devenir Adloun.
Mais ce n'est pas un simple relai de poste, une Mutatio du iv c siècle, qui a pu donner naissance à la somptueuse nécropole d' Adloun; là donc, je le répète, a dû exister une opulente cité phénicienne. Cette localité, c'est, à mon avis, Ornithon. Voyons en effet ce que nous apprend Strabon sur la position de cette ville.
AiV/ei £è -rii; 2t#o'vo; i Tupo; où nXeiouç tmv £iaxo<iiov CTtxài'tov. Kv #è roi («Ta&j izokiyyiovj OpviSwv 7roXiç >eyouiv7], lira icpoç Tupw TroTap; è;i'r ( <n. «Tyr it'est pas distante de Sidon de plus de deux cents stades. Entre ces deux villes est placée la ville nommée Ornithon . Ensuite près de Tyr une rivière se jette à la mer. «
De ce qui précède, il résulte qu'Ornithon était placée à peu près à moitié route de Sidon à Tyr, et avant la rivière qui , près de Tyr, se jette à la mer. Cette rivière, c'est et ce ne peut être que le Léontès, le Nahr-el-Qasmieh. Ornithon était donc au nord du Nahr-el-Qasmieh. Ornithon était une ville plus considérable que Sarepta, puisque Strabon la nomme sans nommer celle-ci. Toutes ces indications conviennent à merveille à Adloun ; sur les ruines de l'Ornithon phénicienne, se sera établi le relai ad Nonum, lorsque le nom d'Ornithon aura été perdu, et nous retrouvons ainsi les traces d'Ornithon dans la magnifique nécropole d' Adloun , et les traces d'arf Nonum dans le nom moderne d' Adloun.
J'ai dit tout à l'heure que le texte de l'itinéraire de Bordeaux
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 65 à Jérusalem devait être altéré, quant au chiffre nu des milles qui séparaient Sayda du point nommé aU Nonum, puisque celui-ci était nécessairement situé au neuvième milliaire à partir de Sidon, sur la route de Tyr. 11 est possible de deviner quelle altération plus grave encore a entaché ce texte. En effet, nous lisons après le nom Civilas Sidona, la phrase Ibi Helias ad viduam ascendit et petiil sibi cibum. Or, c'est à Sarepta et non à Sidon que l'Écriture sainte place ce fait historique. Il est donc très-probable que le nom Sarepta a été omis avec le chiffre v parfaitement convenable qui y était attaché , et dont la présence rendait tout aussi convenable le chiffre mi qui suit le nom ad Nonum, dans les textes imprimés de l'itinéraire. 11 semble donc que l'on doive rétablir entre la ligne Civilas Sidona et celle qui concerne le prophète Élie, une ligne ainsi conçue : Sarepta — v, et je propose formellement cette restitution.
NARH-EL-QASMIEH ET KHAN-B1 -QASMIEH.
J'ai dit plus haut déjà que le Nahr-el-Qasmieh, qui porte également le nom deNahr-Lanteh, pendant tout son trajet dans la Gœlesyrie, entre le Liban et PAntiliban, n'est autre chose que le Leontès.
Je n'hésite pas à croire que la localité antique dont il existe des vestiges très-reconnaissables au Khan-el-Qasmieh ne
1. Mauodrell raconte qu'entre Sarepta et Tyr, et à trois heures de distance de la première localité, il rencontra une rivière large et profonde qu'il nomme Casimeer. On voit que Maandrell a cherché à rendre le nom qu'il entendait prononcer, à l'aide de l'orthographe anglaise. Roland (Pal , p. 491), après avoir cité Manndrell, ajoute : « Ceterum nomen Casimeer videtur satis benè cum n^t* (quod nomen fluvii est secundùm Strabonem) convenire. Sed Strabo Tamyram facit septentrionaliorem Sidone. » Si donc le savant Roland n'y eût pas regardé de plus près, il put été complètement trompé par le nom estropié qu'avait recueilli Maundrell. Boune preuve de plus de la nécessité absolue d'avoir l'oreille très-habituée aux sons de la langue arabe, lorsqu'on a le désir de faire un voyage fructueux en Syrie.
soit en réalité la Leonton polis de Scylax, Leontos oppidum
de Pline, et Leontopolis de Strabon.