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ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 201 gaddi. Strabon rappelle Moasada 1 , et mentionne les pierres brûlées que Ton rencontre autour de ce lieu singulier.
Voyons maintenant ce que nous apprend Josèphe. « Ce fut, dit-il, le pontife Jonathas, qui le premier, conçut l'idée de fortifier ce point réputé inexpugnable, et qui lui imposa le nom significatif de Masada. Plus tard, le roi Hérode donna à cette place forte une plus grande extension, et il y multiplia les moyens de défense 2 . »
Dans un autre passage très-curieux, Josèphe s'exprime ainsi :
« Il y avait, non loin de Jérusalem, une citadelle extrêmement forte, construite par les anciens rois, pour y mettre leurs trésors et leurs personnes en sûreté, en cas de guerre malheureuse. Les sicaires (Josèphe appelle ainsi les Juifs qui , ne voulant pas se soumettre à la domination étrangère , avaient juré de mourir jusqu'au dernier, en faisant une guerre acharnée aux Romains. De nos jours, nous avons entendu maudire par des Français, les brigands de la Loire, qui méritaient tout aussi justement ce nom infâme, que les derniers défenseurs de l'indépendance juive. Et c'est un Juif, traître à sa patrie , qui flétrit du nom de sicaires la poignée de héros qui s'était réfugiée à Masada! O passions humaines! vous ne cesserez jamais d'être honteuses! Mais, copions sans commentaires), les sicaires donc , s'étant emparés de Masada , faisaient de là des courses dans la contrée environnante, ne cherchant à s'emparer que de ce dont ils avaient absolument besoin pour vivre, parce que la crainte les empêchait de commettre leurs brigandages sur une plus grande échelle. Apprenant cependant que l'armée envahissante des Romains était en repos, et que les Juifs de Jérusalem étaient divisés par la sédition et par la
i. Lib. xvi. — 4. Bel'. Jud., vu, viu, i.
m VOYAGE EN SYRIE
plus inique tyrannie, ils en vinrent à commettre des crimes plus grands encore. Le jour même de la fête des Azymes, ils sortirent de Masada, quand la nuit fut close, se ruèrent, avec le moins de bruit possible, sur tout ce qui leur faisait obstacle, et vinrent fondre sur la petite ville d'Engaddi. Les habitants surpris, sans avoir le temps de se mettre en défense, furent dispersés et rejetés hors de la ville. Tout ce qui ne put fuir, hommes, femmes et enfants, au nombre de plus de sept cents, fut passé au fil de l'épée. Ayant alors pillé les maisons et les jardins remplis de fruits mûrs, ils retournèrent en hâte avec leur butin à Masada. Ils continuèrent ensuite à ravager les bourgades des environs, en se recrutant journellement de tous les bandits qui ne pouvaient plus vivre ailleurs '.
a Peu de temps après, Simon fils de Gioras, qui, à cause de son audace, avait été dépouillé de la toparchie de l'Acrabatène, par le grand prêtre Ananus, s'échappa de Jérusalem, placée sous la tyrannie de Jean, et vint demander un asile aux sicaires de Masada. D'abord il leur parut suspect, si bien qu'ils lui assignèrent pour demeure la ville basse, où il se fixa avec les femmes qui l'avaient suivi, les sicaires restant exclusivement maîtres de toute la ville haute. Bientôt cependant, la part que Simon prenait à leurs expéditions, lui valut leur confiance; ils résistaient pourtant aux conseils qu'il leur donnait de frapper de plus grands coups. Ce Simon finit par se créer une armée à lui, et, se séparant des habitants de Masada, il alla commettre, de son côté, les plus atroces brigandages dans la Judée entière J . Appelé à Jérusalem par le peuple, ce fut lui qui coopéra le plus activement à la défense de la ville contre les Romains; mais ayant été fait prisonnier, Simon fut conduit à Rome, où il figura dans le triomphe dé-