‹ Voyage autour de la Mer morteChapitre 23 sur 32 · I. Voyez Planche xvi · texte numérisé non relu

I. Voyez Planche xvi

castrllum. Une autre baie existe à la partie gauche de la face Opposée. Aux quatre angles sont appliqués des espèces de bastions, ou mieux de tours carrées, dont les flancs ont un mètre de saillie perpendiculaire sur les courtines, et dont les faces ont quatre mètres de longueur. Enfin toute la base de l'édifice est couverte par les débris de la partie supérieure des murailles. L'appareil de cet édifice militaire et de ceux de Masada, offre une similitude telle qu'il n'est guère possible d'assigner le Qalaat-Embarrheg à une autre époque que celle des derniers édifices de Masada, construits par les ordres d'Hérode le Grand.

Une enceinte de décombres, tout à fait analogues à ceux qui constituent la ligne de circonvallation de Flavius Sylva, à Sebbeh, entoure le monticule et le fortin. Sont-ce des lignes avancées ou des travaux de siège établis par les Romains? Je l'ignore. Comme je n'ai pas eu le loisir de parcourir le terrain qui sépare le castellum de la montagne , je ne sais pas si ces lignes continuent à se montrer de ce côté. C'est, du reste, assez probable, quelle qu'ait été leur véritable origine. De l'autre côté de l'ouad sont placés des pans de muraille en belles pierres de taille, et qui ont probablement constitué des ouvrages militaires, se reliant au castellum, pour former le système de défense de l'ouad-el-maïet-Embarrheg.

Tout bien considéré , il me paraît assez naturel d'admettre que nous avons ici des ouvrages militaires, construits par les Juifs, enlevés plus tard par les Romains, et utilisés par ceux-ci, pour fortifier une station aussi importante que celle que devait nécessairement présenter la plus belle de toutes les sources placées sur la route du pays de Canàan vers la Moabitide. Voyons maintenant s'il est possible de trouver dans l'histoire, quelques traces d'une station militaire romaine qui aurait existé vers ce point, et nécessairement dans le voisinage, précisément à

m VOYAGE EN SYRIE

cause de l'abondance et de la salubrité de fiés eaux que des

conquérants aussi habiles ne pouvaient pas négliger.

Eusèbe, au mot À<7a<îàv eapav, mentionne un bourg distant d'Hébron d'une journée de marche, sur la route d' Aïla, nommé Thamara et où était placée une garnison romaine. Le texte d' Eusèbe, relatif à cette localité, est malheureusement corrompu, et il contient un mot jxofri; (c'est la toux des chevaux) qui très-évidemment n'a rien à faire là. Saint Jérôme a entendu ce passage comme je viens de le rapporter, mais il y a introduit à son tour le nom de Memphis, qui implique une nouvelle erreur. Reland restitue dans ce passage, au lieu du mot [/.a>tç, les mots (*a>a8a>v [jukr;, ce qui donnerait le sens : «distant d'un jour de marche de Malatha, sur la route d'Hébron à Aïla. » Il serait beaucoup plus simple, je j>ense, de remplacer le mot (xaliç par le mot jutait, qui a le môme- nombre de lettres , et qui donne précisément un sens convenable au texte d' Eusèbe; dans ce cas, Thamaro se trouvait à une journée de marche d'Hébron, lorsqu'on se rendait de cette ville à Aïla sur la mer Rouge. En droite ligne, cela est exact; mais quelle était la voie suivie? Nous ne le savons plus. Quelque chemin que l'on prenne aujourd'hui , il faudrait une bien forte journée pour aller d'Hébron à Embarrheg, si Embarrheg est, comme je le crois, la Thamara d' Eusèbe. Si la restitution proposée par Reland était bonne, puisque Malatha était une forteresse de l'Idumée 1 , située dans la partie sud de la tribu de Juda et à environ vingt milles romains d'Hébron , il serait vrai de dire que Thamara , en supposant toujours que ce soit elmaïet-Embarrheg, est à une journée de marche de Malatha.

Ptolémée, parmi les villes de la Judée, place au dernier rang une ville qu'il nomme Thamaro; c'est sans aucun doute

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