‹ Voyage autour de la Mer morteChapitre 6 sur 32 · Palœslina, p · texte numérisé non relu

Palœslina, p

notre petite caravane brûle de la poudre à cœur-joie. Vanneaux, grèbes, hérons, canards, sont tour à tour en danger de mort, mais presque toujours les pauvres animaux en sont quittes pour la peur; aucun d'eux ne songe à fuir en nous voyant: les alouettes viennent tranquillement se promener entre les pieds de nos chevaux ; il est clair que les gens du pays sont encore moins à craindre que nous , et cela s'explique par l'affection qu'ils donnent tous à la poudre et au plomb , qu'ils conservent pour de meilleures occasions et pour un tout autre gibier.

A très-peu de distance de Sayda, nous avons traversé le ruisseau que les Arabes appellent le Nahr-es-Sayniq ; laissant ensuite à notre gauche l'Ayn-el-Rhaziat, nous rencontrons plus loin un autre ruisseau, qui forme une espèce de marécage, nommé Birket-et-Tell , puis, au bord de la mer et sur une petite pointe, nous voyons le Bordj-el-Akbêa, tour carrée fort mal en point.

Nous arrivons enfin à une assez belle fontaine, l'Ayn-el- Qantarah , située, avec un khan nommé de même, au bord de la mer. La plage est ombragée par de magnifiques tamariscs peuplés de myriades de chardonnerets qui gazouillent de la façon la plus charmante ; nous ne saurions trouver de halte plus agréable, et nous nous arrêtons pour déjeuner; là nous laissons passer la forte chaleur du jour, et à deux heures seulement nous nous remettons en marche. Peu après, nous laissons à notre gauche, sur la hauteur, le village moderne de Sarfent ; à notre droite se projette dans la mer le Ras-Sarfent, et nous arrivons aux ruines de Sarepta , la pDISÎ de l'Écriture, nommées par les Arabes Kharbet- Sarfent. C'est là que demeurait la pauvre veuve qui donna asile au prophète Élie 1 .

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