Voyez planches I, II et IV
la montagne. Comme j'ai un pistolet dans chaque main , j'ai affaire à des interlocuteurs fort polis, cela va sans dire. Je songe enfin à rejoindre mes compagnons, que je retrouve assez inquiets des suites de ma promenade, et criant à tue-tète pour me rappeler. Il est près de cinq heures, le jour baisse, la fraîcheur arrive, et nous remontons à cheval en toute hâte.
Le terrain que nous traversons ensuite est détrempé et défoncé ; nous devons donc marcher avec attention, pour ne pas casser les jambes de nos chevaux. Ce terrain est du reste peuplé de gazelles. Notre moukre Sayd est en tête de la colonne ; le brave garçon chante pour charmer l'ennui de la marche, lorsque d'autres musiciens viennent inopinément faire chorus avec lui. C'est d'abord une bande de chakals dont les cris plaintifs nous accompagnent quelques instants; mais presque aussitôt les chakals cèdent la place à un exécutant plus robuste, et une hyène, à jeun sans doute, se met à nous suivre de broussaille en broussaille, en nous adressant les petits cris les plus suppliants, pour nous décider à lui fournir un repas quelconque. Sayd abdique aussitôt l'honneur de marcher le premier, et il se faufile au beau milieu de la bande; chacun de nous arme son fusil, et nous continuons notre route, en regardant assez attentivement du côté où chemine le noaveau compagnon que nous n'avons pas invité à nous suivre. Du reste, je ne sais trop pourquoi Jes Arabes ont une peur horrible de l'hyène, car rien n'est plus lâche que ce hideux animal. Au bout d'une demiheure, la nôtre s'est décidée à nous laisser tranquilles, et tous les fusils ont été remis en bandoulière.
En quittant Adloun , nous avons traversé le Nahr-abou'lasoued, à côté des ruines d'un pont antique; déjà, avant d'arriver à la nécropole, nous avions rencontré un faible ruisseau sur lequel étaient placées des culées de pont, d'une construcion certainement fort ancienne. Enfin, à six heures et demie
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 39 et lorsque la nuit est déjà tout à fait çlose, nous traversons le Nahr-el-Qasmieh sur un beau pont moderne (Djesr-el-Qasmieh), bâti par Ibrahim Pacha, et nous arrivons presque aussitôt au Khan-el-Oasmieh , sorte de forteresse en ruine , où il nous faut, bon gré mal gré, prendre gîte pour cette nuit. Le khandji a tout aussi mauvaise mine que son établissement, et nous nous décidons à monter tour à tour la garde, en attendant que le jour revienne.
Une nuée de pèlerins des deux sexes était arrivée avant nous au khan. André, qui nous précédait, a jugé bon de faire déguerpir de la seule voûte tant soit peu close, ceux qui s'y étaient installés déjà. Comme il leur parle turc, et en faisant beaucoup de tapage, il finit par en venir à ses fins; on a la bonhomie d'avoir peur de lui, et on lui cède, ou plutôt on nous cède la place; nous voilà donc installés, et comptant sur une nuit détestable, grâce à la vermine.
Nous n'avons pas été trompés dans notre attente ; et nous avons môme eu la surprise d'un agrément de plus, sur lequel nous ne comptions pas : il y avait à côté de nous des coqs et des poules appartenant au khandji, et nous étions entrés en possession de notre chambre à coucher, sans nous douter que nous ne fussions pas seuls; à peine étions-nous, sauf le factionnaire de service, étendus sur nos lits de voyage, qu'un coq, puis deux coqs, puis un poulailler de coqs, se mettent à chanter à nous crever le tympan. D'abord nous empoignons les vilaines bêtes et nous les jetons dehors, malgré les vociférations du khandji, que nous envoyons rejoindre sa volaille. Mais, hélas I il y avait au mur quantité de petits pertuis que nous n'avions pas estompés , comme eût dit Rabelais, et quand nous nous réjouissions de nous être débarrassés de nos voisins criards, ils recommencèrent de plus belle. Il était clair que tous les exilés étaient rentrés, sauf le khandji;
recommencer l'expulsion des coqs et boucher le premier trou qui donnait accès chez nous, ce fut l'affaire d'un instant. Cinq minutes après, c'était à refaire; nous y renonçâmes, en prenant le plus sage parti, celui d'en rire, et nous nous endormîmes comme nous pûmes.
Le jour est revenu; personne de nous cette fois ne se fait prier pour abandonner sa couchette; hâtons-nous donc de partir!... Nous comptions sans notre hôte. Hier soir, nous avons effarouché sa volaille en le mettant lui-même à la porte; pendant la nuit il a pris des représailles. Jamais chevaux arabes ne s'éloignent d'un campement, et ce matin il nous manque trois chevaux qui , sans aucun doute , ont été volés. Ceci ne fait pas plus notre compte que celui de nos moukres ; nous réclamons assez vertement nos montures, et nous sommes tout disposés à faire un mauvais parti au khandji et à un vieux mendiant en haillons, qui semble de connivence avec lui. A tout risque, nous nous tenons à portée de pistolet des deux coquins, auxquels nous annonçons que si nos chevaux ne se retrouvent pas sur l'heure, nous les emmènerons à Sour, afin de leur procurer les douceurs de la bastonnade. D'abord les deux braves gens nous écoutent avec une merveilleuse indifférence, il semble qu'il ne s'agisse pas d'eux ; mais bientôt le khandji comprend que nous ne sommes pas d'humeur à plaisanter; nous sommes évidemment les plus forts, et comme en ce pays la raison du plus fort est toujours la meilleure, et qu'il n'y a guère moyen de ruser avec des gens qui parlent très-rondement de le fusiller, lui et son respectable ami, plutôt que de se laisser voler, il se décide à se mettre en quête des bêtes égarées. 11 part donc avec deux de nos moukres, pendant que
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nous gardons à vue son associé, et au bout d'une heure, nos trois chevaux sont ramenés par lui, tout harnachés. On devine aisément que notre gîte de la nuit ne nous a pas coûté cette fois un prix exorbitant.
Enfin nous voilà partis. Il est neuf heures. Le khan que nous quittons semble être une vieille forteresse ruinée. Quelques débris antiques, quelques tronçons de colonne sont encastrés dans les murailles, et comme les Arabes n'emploient guère que les matériaux qu'ils ont sous la main , il devient probable que le Khan-el-Qasmieh a pris la place d'une localité phénicienne que nous chercherons plus tard à reconnaître.
En quittant les bords du Nahr-el-Qasmieh, qui n'est autre chose que le Léontès des anciens, nous traversons un terrain marécageux, au bout duquel nous trouvons une espèce de grand abreuvoir, nommé l'Ayn-el-Barouk. L'eau qui est tiède, est peuplée de jolies coquilles fluviatiles dont nous faisons une ample provision, pendant que nos chevaux se désaltèrent. Nos chasseurs ont encore fait rage pendant toute la marche. Lue demi-heure plus tard, et après avoir laissé à notre gauche les ruines d'un aqueduc, nous entrons à Sour.
Nous allons nous loger chez l'agent consulaire d'Autriche, à l'extrémité d'un bassin très-peu profond, que forment, vers le large, les restes d'un môle de construction antique. Nous sommes arrivés d'assez bonne heure pour pouvoir, avant dîner, parcourir la ville. Les ruines de la cathédrale ont notre première visite; elles sont assez imposantes encore; mais ce qui excite vivement notre admiration, c'est la vue de magnifiques colonnes accouplées, de granit rose, de dimensions colossales, et à demi enterrées sous les murs des maisons modernes; dans l'un de ces murs je trouve un fragment d'inscription du MIT siècle, ne portant plus que le nom m vrbscalcvs. De là nous
allons visiter les restes d'une vaste construction nommée ici le Sérail, et que les tremblements de terre ont rendue inhabitable. Nous y recueillons force insectes et force coquilles, et avant (jue le jour ne soit tout à fait tombé, nous nous rendons sur une esplanade de remparts qui domine la mer à une grande hauteur. Au bas de ces remparts, la mer brise sur an massif de maçonnerie dans lequel sont noyés, sans ordre aucun, de nombreux tronçons de colonne rongés par les siècles. Quelques roches taillées comme à Beyrout , garnissent la plage par-ci par-là. Tels sont les restes de Tyr, la splendide métropole de la Phénicie.
Il fait à peine assez jour encore pour retrouver son chemin, lorsque nous nous décidons à regagner notre demeure. Au retour, les marchands d'antiquailles affluent ; mais ils n'ont rien de bien intéressant, et sauf quelques médailles et une assez jolie petite tête d'impératrice, en marbre blanc, nous ne trouvons guère à satisfaire notre goût pour les vieux débris des temps passés.
En comparaison de notre gîte de la nuit précédente, nous sommes logés dans un palais, et cette fois au moins, nous aurons une nuit de repos.
Ce matin à huit heures, nous nous sommes mis en marche et nous avons quitté Sour, par la même porte qui nous y avait introduits hier. 11 y a une excellente raison pour cela, c'est que la ville n'a pas d'autre porte. A une centaine de mètres de cette porte est une sorte de tour carrée, ou mieux de réservoir. C'est l'Ayn-Habrian; un beau sarcophage antique y sert d'auge.
Nous marchons d'abord vers l'est, puis nous tournons vers le sud, dans la direction du Deir-K.anoun que nous apercevons au
ËT AUTOUR DE LA MER MORTE. 18 loin sur une hauteur. Adroite, et vers la plage, à cinq cents mètres environ de la porte de la ville, est placé au milieu de jardins le Bordj-el-Mogharby (tour d'occident). La route suit une plaine de sable très-mouvant, au-dessus duquel nous apercevons deux fûts de colonne placés à mille mètres à peu près de la Sour d'aujourdhui. A mille mètres plus loin, et dans la même direction, est un oualy musulman nommé Naby-Yahia, puis deux grandes fermes qui sont des mezraah dépendantes de Ras-el- Ayn. Au hameau qui porte ce nom sont de magnifiques puits nommés les Puits de Salomon, et des moulins que met en mouvement une petite rivière nommée le Nahr-Ras-el-Ayn. Enfin , en deçà de celui des moulins qui est bâti sur la rive droite, est un cimetière. Quant au hameau lui-même, H est à peu près à cinq kilomètres de Sour. Nous verrons un peu plus loin ce qu'était probablement Ras-et-Ayn, à l'époque où Tyr était florissante.
Nous traversons le Nahr-Ras-el-Ayn, à côté des ruines d'un pont que les Arabes nomment Djesr-el-Maksour , et après avoir marché pendant quelques heures vers le sud et en suivant la plage, nous nous dirigeons en droite ligne sur Saint- Jean-d'Acre, où nous espérons bien arriver dans la soirée.
Au bord de la mer, nous rencontrons fréquemment, comme les jours précédents , les traces de l'antique voie romaine de Phénicie. Le temps n'a pas changé, et la température est en tout comparable à celle des beaux jours d'été de notre pays. Notre joie est malheureusement interrompue par un accident que nous étions loin de prévoir. Vers dix heures du matin , la fièvre vient visiter de nouveau mon fils , et un accès très-violent se déclare, Je commence à comprendre qu'il n'est pas de force encore à supporter les fatigues inséparables d'un voyage pareil , et l'idée de la cruelle responsabilité qui pèserait sur moi, si le malheur voulait que la santé de mon unique enfant
s'altérât profondément, me t'ait concevoir le projet de le renvoyer en France, où les bons soins qu'il trouvera, le rétabliront avant que le mal n'aitjeté de trop profondes racines. Cependant nous ne sommes plus qu'à trois ou quatre journées de marche de Jérusalem : s'en retourner sans avoir accompli un semblable pèlerinage serait pour lui, j'en suis certain, un sujet éternel de regrets. Je lui annonce donc son retour prochain , mais je le réconforte de mon mieux, et je parviens à lui faire comprendre qu'il faut pousser jusqu'à Jérusalem; que là, quelques jours de repos lui rendront assez de force et de santé pour pouvoir regagner Beyrout et s'embarquer ensuite pour la France, sur le premier bateau.
Vers onze heures, nous traversons les ruines d'une ville antique considérable, nommée aujourd'hui Kharbet-es-Chebrayeh. Ces ruines sont au bas de la côte difficile qui conduit au sommet du Ras-el-Abiadh , ou Cap blanc , ainsi nommé à cause de la blancheur du calcaire crayeux qui forme la masse du promontoire.
La route est taillée dans le roc vif, fortement inclinée et très-difficile pour les chevaux. Pendant que nous la gravissons, l'abbé et mon fils sont restés en arrière, le premier pour ramasser quelques plantes nouvelles, le second parce qu'il ne peut suivre la marche franche de nos chevaux, au milieu de son accès. Tout à coup des cris de détresse de l'abbé se font entendre ; je m'en inquiète et je redescends en hâte. Mon pauvre fils venait de tomber lourdement de son chenal , sur lequel il n'avait plus la force de se tenir. Peu s'en était fallu qu'il ne se brisât les reins, ou qu'il ne roulât du haut du cap dans la mer.
En le soutenant et l'aidant de notre mieux , nous l'amenons jusqu'au sommet du cap, où se trouve placé un misérable khan, nommé khan-el-Khamrah , et une tour abandonnée , le Bordj-el-Biadhah , la Tour blanche. Auprès, coule une source
peu abondante : c'est l'Ayn-el-Khamrah. Là nous faisons une halte absolument nécessaire pour laisser à la fièvre le temps de se dissiper. Notre cuisinier Constantin se met à l'œuvre ; notre malade , couvert des manteaux et des paletots de toute la bande, s'endort assez paisiblement dans l'intérieur du khan, et nous déjeunons en plein air.
Jusqu'à deux heures, nous sommes restés en ce point, explorant les rochers, pour y recueillir quelques oursins et quelques coquilles fossiles que nous n'avons détachées qu'à grand'peine de la roche crayeuse. Quelques belles plantes, des insectes et des coquilles terrestres, le tout nouveau pour nous, nous ont fait prendre notre mal en patience, et nous ne regrettons pas trop le temps que nous venons de dépenser au Ras-el-Abiadh. A deux heures donc , nous remontons à cheval , ou plutôt nous faisons mine de remonter à cheval , car sur le versant sud du cap, la route est tout aussi mauvaise que sur le versant nord , et nous devons prendre de très-grandes précautions pour éviter de nouveaux accidents. Enfin , nous nous retrouvons au niveau de la plage, toujours sur la voie romaine ; et à quelques cents mètres seulement du pied de la côte , nous nous arrêtons devant une double fontaine tapissée de mousses brillantes, et placée à l'entrée d'un petit plateau tout couvert de décombres. Ces ruines, les Arabes les nomment Iskenderoun : c'est donc bien certainement l'emplacement de l'Alexandroschene de l'itinéraire de Bordeaux à Jérusalem.
Nous avions perdu trop de temps au Khan-el-Khamrah pour pouvoir nous rendre à Saint-Jean-d' \cre avant la fermeture des portes; nous prenons donc la décision de nous arrêter au Khan-en-Nakoura , que nous devons trouver à deux ou trois lieues plus loin, sur notre route. Nous laissons passer nos bagages devant nous, et mon fils, pressé d'arriver au
gîte, les accompagne. Quant à nous, nous continuons à cheminer lentement, examinant tout, et désireux de ne rien laisser échapper.
.4 une demi-lieue au delà d'iskenderoun, et sur le sommet de |>etits coteaux couverts de broussailles et d'arbres nains , nous apercevons une colonne debout. J'interroge notre mouki-e Saïd , qui connaît merveilleusement tout ce pays. Ce lieu s'appelle Omm-el-âaraid, me répond-il; mais aucun voyageur ne le visite, et il n'y a rien à y voir. Omm-el-àamid, la Mère des colonnes! ce nom suffit pour me donner la volonté bien arrêtée de courir au lieu qui le porte; je pousse mon cheval hors de la route battue, et je gagne, à travers les herbages et les broussailles, le pied du coteau sur lequel est encore debout la colonne que nous avons aperçue de .loin. Une fois là, nous sommes amplement payés de notre curiosité et de notre obstination à envoyer promener les moukres, qui nous déclarent d'habitude qu'il n'y a rien à voir, chaque fois qu'un lieu nous parait mériter que nous nous y arrêtions. Par instinct , un peu aussi par esprit de contradiction , et pour ne pas voyager comme les touristes ordinaires, que leurs guides conduisent comme des colis d'un point à un autre, quand les nôtres nous affirment qu'il n'y a rien à voir quelque part et qu'il faut passer outre, nous nous arrêtons, nous cherchons, et presque toujours nous réussissons à faire quelque découverte intéressante.
Jamais, je crois, nous n'avons eu mieux qu'à Omm-el-àamid, sujet de nous applaudir de cette détermination. Dès en gravissant les premiers mamelons de la petite chaîne de collines boisées où nous venons d'entrer, nous rencontrons des grottes sépulcrales, une cuve de sarcophage énorme, portant à sa partie antérieure un véritable autel taillé dans le même bloc, puis des murailles de construction cyclopéenne. Arrivés au plateau, ce n'est pas une colonne, mais bien trois colonnes que
nous trouvons debout; une seule a conservé son chapiteau, et c'est celle que nous avons aperçue de la route. Les tronçons de colonne et les chapiteaux jonchent le terrain. Les chapiteaux sont ioniques, et d'élégantes palmettes couronnent le sommet du fût de la colonne
Une très-belle mosaïque pavait le monument dont nous visitons les ruines, et nous parvenons à en découvrir entièrement un fragment considérable. Des cubes réguliers noirs , blancs et rouges, forment des méandres et des entrelacs élégants sur le morceau que nous avons sous les yeux. Mais nous n'avons ni le temps ni les moyens de pousser notre investigation plus loin , et de nous assurer si ce beau pavé comportait des sujets plus riches. Au delà de ce monument, et à perte de vue, les coteaux sont couverts de broussailles, au milieu desquelles se dressent d'innombrables murailles de construction cyclopéenne, mais d'appareil médiocre, formant des enceintes quadrangulaires avec portes, de longs murs de soutènement, et peut-être même des remparts.
Deux heures sont employées par nous à visiter, tant bien que mal, une très-petite étendue de cette ville antique, et la nuit qui va venir nous force à nous arracher d'un lieu où il y aurait à faire, pendant bien des jours sans doute, les observations les plus intéressantes. Nous nous hâtons de remonter à cheval; nous n'avons plus aucun guide avec nous, et nous avons hâte de rejoindre la route, avant que la nuit ne soit tout à fait close.
En quelques minutes, nous nous retrouvons sur notre chemin, et nous traversons un assez misérable ruisseau sur lequel est un pont antique en ruines, nommé le Djesr-el-Madfoun (le Pont enterré). Nous pensons que nous allons arriver