SCENE VIII
COCîUlLLARD, DUNOIS.
DUNOIS, entrant vivement, bousculant Coquillard avec la porte, et passant devant lui. QuC Se pasSC-t-il (lonC?
et pourquoi m'as-lu enfermé?
COQUILLARD Est-cc (juc Moiislcur a entendu? DUNOIS J'ai tout entendu!
COQUILLARD, désolé, à part. Ah! Seigneur! DUNOIS. Mais je n'ai rien compris!
COQUILLARD, avec joie Ah !
DUNOIS. On parlait fie garde, de prison... Seraiton venu pour la garde bourgeoise ?
COQUILLARD, saisissant cette idée. Justement, Mott-
sieur, un... un sergent du guet.
DUNOIS. Quoi!., (a part.) C'cst le mari de Cécile !..
COQUILLARD. Mais, je l'ai émincé; j'ai eu du mal... Enfin, .Monsieur en est rpiitte.
DUNOIS, mettant la main à sa poche. BraVC CoC|uil-
lard!
COQUILLARD, suivant de l'œil le mouvement, à part. Jc
crois que, cette fois, ça y est! je vas toucher!
DUNOIS, tirant la montre de sa puche. Huit hcurCS! COQUILLARD, désappointé, à part. Trois fois qu'il
me fni^ie!
DUNOIS. 11 est temps de contiiuier mes recher-
ches, car non-seulement je n'ai pas retrouvé ma clef, mais cette femme étrange qui m'est apparue
COQUILLARD, trés-surpris. Ici ? dans cctle chauibre?
DUNOIS. Oui.
COQUILLARD. C'esl bioH étunuaut, je n'ai vu entrer personne.
DUNOIS. C'est la femme de ce sergent du guet qui vient de venir pour lu'arrèter... elle a reconnu sa voix!
COQUILLARD, trés-surpris. Ah OUi?.. ah OUÏ?., ah
oui?..
DUNOIS. Me voilà mêlé à une intrigue militaire... j'aime la femme d'un sergent qui s'est laissé courtiser par un dragon... je suis le rival du dragon et du sergent!
COQUILLARD, à part. Dire que c'est moi qui ai inventé toute cette cavalerie-là ! et qu'il galope làdessus! (il va pour sortir parle fond.)
DUNOIS, à lui-même. Ah ! mon voyage s'émaille d'aventures et de péripéties curieuses.
COQUILLARD, arrivé à la porte du carré, s'arrête stupéfait, regarde à l'extérieur, «^ dit avec éclat en revenant :
Monsieur!., un sergent du guet! (a pan, aveo
stupéfaction.) Uu Vrai!..
DUNOIS, à part. Jc SuiS pris!