‹ Voyage autour de ma chambre (volume 2)Chapitre 16 sur 101 · XXXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXXII PREFACE

mettant des gants, le soigner dans cette tour, oit le rencontra Xavier de Malstre.

M. Edouard Aubert, dans un travail Intitulé : Quinze jours a Aoste, et M. G. Carrel, qui dans une brochure a reproduit, comme l'avait fait R. Toppfer, la tour avec son plan et celui du jardin, ont donné sur le malheureux illustré par l'écrivain des détails authentiques. Mais le Lépreux n' eût-il pas existé, qu'il vivrait maintenant, grâce à Xavier de Malstre, dans la mémoire des hommes. Quoi de plus émouvant et de plus navrant que ce dialogue avec le misérable qui languit, comme un pestiféré, loin de toute créature humaine, et qui, le cœur gonflé d'amour, embrasse des arbres pour se donner rillusion de la vie ?

Pour lui, pour le malheureux, la douce solitude du penseur, dont Xavier de Malstre célébrait les charmes, est devenue l'isolement farouche, cruel, le supplice du condamné ! Et pourtant il n'y a aucune haine dans sa plainte. Il ne menace point, il ne fulmiiu pas ; il se résigne. « Cellula contînuata dulcescil », dit-il doucement. Que nous sommes loin, devant celte douleur atrocement réelle et pourtant silencieuse, des souffrances imaginaires d'un Kmé, des larmes d'un Werther, et des malédictions d'un Antony !

Ce récit touchant et qui va droit au ca'ur est, par mi simplicité même, par mi netteté puissante, la con-

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