X PREFACE
solitude, inspiratrice de tant de viriles pensées et de tant de nobles ouvrages, — solitude que rencontre Descartes dans ce qu'il appelle son poêle, que cherche avidement tout homme penché sur une vérité à découvrir et sur une œuvre à mener à bien, — tu es la compagne des forts, solitude bienaiméc, qui n'es pas toujours le vide énervant où se débat un Obermann, mais bien ^plutôt la retraite peuplée de personnages, de réflexions, d'images, où se retrempe un Balzac lorsqu'il veut créer un monde !
« O douce solitude, dit Xavier, j'ai connu les charmes dont tu enivres tes amants. Malheur à celui qui ne peut être seul un jour dans sa vie sans éprouver le tourment de l'ennui, et qui préfère, s'il le faut, converser avec des sots qu'avec luimême ! »
Les amoureux du succès facile, les coureurs de petits applaudissements sans lendemain, les courtisans de la minute, affamés de bravos mondains, se répandent, se multiplient, vont, viennent, papillonnent, quêtant çà et là un banal compliment qu'ils rendent en madrigal. Ceux-lèi seuls, au contraire, qui ont, sous le sourire de l'homme poli, la mélancolie virile du penseur, savent goûter du monde tout ce qu'il a de stimulant et d'agréable, mais sans rien lui livrer d'eux-mêmes, et ils se retrouvent bientôt tout entier* et avei joie deva.nl leur table de travail, en face de