XX XAVIER DE MAISTRE
fesser! M. de la Saussaye, pasteur protestant, vit donc arriver un matin Xavier de Maistre, son ami, soucieux et disant: a Le croirez-vous? je vais à confesse! Joseph Va voulu. — Mais que tenez-vous à la main? dit M. de la Saussaye en apercevant une. feuille de papier que Xavier agitait entre ses doigts. — Cela ? c'est la liste de mes péchés. Il m'a fallu les chercher au fond de ma mémoire et les coucher sur le papier! — Mais, dit le pasteur en riant, mais elle me semble courte, cette liste. — Courte? Hélas! s'écria Xavier, il n'y a que quelques mots sur ce papier, mais ce sont des têtes de colonnes, des têtes de colonnes, des têtes de colonnes ! » Et il s'en alla consterné, ce grand pécheur fait de bonté, en répétant d'un ton navré : Des têtes de colonnes ! des têtes de colonnes!
Un jour, en Savoie, — le brillant officier était maintenant un vieillard, — il fit visite à Vun de ses parents, propriétaire à Chambéry, et là il retrouva — non sans émotion — un jardin ou il avait joué étant enfant. Il voulut s'y rendre seul, il y entra; mais, comme il y restait bien longtemps, on s'inquiéta, on le chercha et on Vaperçut, de loin, étendu à plat ventre près d'une flaque d'eau. On accourt, on s^a-, larme, on craint un accident. Mais non : — Xavier \ de Maistre jetait sur la surface de l'eau de petits morceaux de papier et regardait se jouer autour d'eux des araignées aquatiques. Il sourit, se releva, et dit: