XAVIER DE MAISTRE. XXI
(( Je me rappelle que, quand fêtais enfant, cette distraction m'amusait beaucoup ; j'ai voulu voir s'il en serait de même aujourd'hui que me voilà vieux, et, ma foi, à dire vrai, je n'y ai pas trouvé une bien grande différence ! »
Oh ! les chers grands hommes restés de grands enfants ! N'est-ce pas là un trait du bon de Maistre digne du bon La Fontaine ?
Spirituel et bonhomme, voilà donc Xavier. L'auteur du Lépreux de la cité d'Aoste avait su prouver, en effet, que le véritable esprit peut s'allier à la douceur et à la tendresse. Ce sont les méchantes gens qui se figurent que l'esprit est fait pour mordre : il est fait surtout pour charmer.
C'est à propos de François de Sales, un Savoisien, que l'auteur de /^Histoire de la Littérature française a l'étranger, M, Sayous, fait remarquer que le génie littéraire des Savoyards a pour caractère essentiel « la grâce et l'enjouement, une sensibilité qui n'a rien de triste, et une bonhomie qui n'est pas exempte de malice » . Cela est fort bien dit et trèsjuste. « Nous rencontrerons plus d'une fois, ajoute M. Sayous, V expression de ces qualités toutes savoi-