IGO HISTOIRE DUNE NAÏADE
dirait un temple, sans le panache noir qui se balance presque toujours sur sa tète, et qui atteste ralimentation d'un foyer plus ardent qu'un trépied ou qu'un encensoir de nos jours.
Cette machine est de la force de 64 chevaux. Elle consomme de 96 à 100 hectolitres de charbon par vingt-quatre heures, et elle monte d'un seul jet 90 pouces d'eau sur le sommet de la grande tour, ce qui équivaut à 1,800,000 litres d'eau. Elle a été mise en activité en 1826. En 1818, on avait démoli et vendu tout le mécanisme de l'ancienne machine, que l'on remplaça par une autre montant l'eau d'un seul jet. Cette dernière ne devait être que provisoire pour attendre l'achèvement de la machine h vapeur. Ce provisoire dure encore. Il se compose de deux roues hydrauliques seulement, faisant mouvoir chacune un équipage de quatre pompes. Le produit maximum de cette machine est de 60 pouces, ou 1,200,000 litres d'eau par vingt-quatre heures.
Telles furent l'origine et l'histoire de ce glorieux étabhssement, auquel des destinées nouvelles sont peut-être réservées dans l'avenir, mais qui dans ce moment ne jouit plus que de l'estime obscure des hommes compétents. Il n'est plus la filleule aimée des rois, comme disait la complainte citée plus haut. A peine ceux-ci s'en informèrent-ils de temps en
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temps. Louis XVIII fut prié de la visiter un jour, mais on respecta l'ohésité constitutionnelle du monarque, qui n'était plus fort ingambe. Aussi prit-on le parti de faire faire un modèle en petit de la macliine, que l'on mit sur des roulettes, et que l'on poussa, le jour de la visite, jusqu'au milieu de la route, où le prince, du haut de sa voiture, vit fonctionner le joujoii hydraulique. Les courtisans louèrent alors la condescendance du prince, qui aurait bien pu exiger qu'on roidàt la machine jusqu'à Paris, dans son cabinet. Charles X et Louis-Philippe lui consacrèrent chacim une journée. Le comte de Paris y vint parfois et trouva un plaisir extrême à se faire expliquer le travail de ces membres d'acier.
Des fontaines d'eau chaude ont été organisées de chaque côté du péristyle, et servent ainsi aux besoins culinaires des habitants de Bougival et de Marly. C'est une première concession faite aux humanitaires^ Dans le grand siècle, on se fût bien gardé de cette application positive; on eût considéré comme un sacrilège qu'un objet destiné au luxe ne demeurât pas complètement inutile. Qu'aurait dit Louis XIV s'il avait entendu, comme nous, un savani, im ingénieur, dont les étranges préoccupations sociales ont un peu encombré les idées scientifiques, proposer hardiment, franchement, de faire servir les