‹ Voyage autour du mondeChapitre 13 sur 22 · RELATIF · texte numérisé non relu

RELATIF

AU DÉVELOPPEMENT ET A L'ACCROISSEMENT DES TIGES, FEUILLES ET AUTRES ORGANES DES VÉGÉTAUX (4).

Quand on a recueilli un grand nombre de faits, qu'on les a vus sur toutes leurs faces, qu'on les a comparés entre eux, notant avec soin leurs ressemblances et leurs différences, on se sent tourmenté du besoin de rechercher les lois de leur existence, de généraliser celles qui sont susceptibles de l’être, et de les formuler en théorie. Sans doute la prudence voudrait souvent qu'on s’en tint à la simple exposition des faits: mais nous ne saurions nier qu'il ne soit très-utile pour la science, que ceux qui les ont découverts, s'appliquent à nous en montrer la liaison et la subordination. Les observations exactes ne tardent guëre à obtenir l’assentiment de tous ; les théories, au contraire, sont sujettes à de longues contestations. Dans ce conflit d'opinions diverses, les partis opposés mettent en présence tous les faits connus, leur font subir l'épreuve d'un examen plus rigoureux, en découvrent d’autres

(4) Voy. Comptes rendus de l'Académie des sciences , séance publique du lundi 28 décembre 1833.

RAPPORT SUR UN MÉMOIRE, r#re. 215 qui avaient échappé aux précédentes recherches. Or,

les faits nombreux et bien observés sont ce qui consti- A PE à

tue essentiellement le f Ainsi, quelle que soit l'issue de la lutte, il y a conquête au profit de l'esprit humain, et les vainqueurs et les vaincus ont souvent des droits égaux à l'estime publique.

Ces réflexions nous sont suggérées par la lecture du travail que M. Gaudichaud a adressé à l'Académie, travail qui, d’une part, se compose d’une multitude de faits nouveaux, d'observations fines et d’inductions aussi justes qu'évidentes; et de l’autre, offre une théorie générale qui s'appuie sur celle de du Petit- Thouars et en agrandit considérablement la base. Les faits matériels sont certains; la théorie qui les généralise et prétend les expliquer est encore en question. De La Hire l’imagina sans l’étayer de preuves; du Petit-Thouars, en rassemblant toutes les observations qui lui parurent propres à la justifier (4), lui donna une existence scientifique ; Agardt s’appliqua à la concilier avec les opinions reçues, et tout récemment, Linley, excellent observateur, esprit judicieux et grave, vient de la fortifier de tout le poids de son approbation. Mais il faut convenir qu'elle compte encore au moins autant d’adversaires que de partisans. M. Gaudichaud

(4) I y a là une erreur que la justice nous commande de rectifier. Aubert du Petit-Thouars n’avait nulle connaissance des travaux du célèbre physicien de La Hire!

Aubert du -Petit-Thouars n’a jamais été guidé que par ses propres observations, son talent, son genie !

s'arme pour la défendre d'arguments que lui fournissent ses propres découvertes. Ce n’est qu’à l’aide. du temps et après un examen très-sérieux, que nous obtiendrons le droit de prononcer sur la validité de conséquences tirées de faits trop nouvellement connus Pour que nous puissions, dès à présent, en mesurer la juste portée. Nous nous bornerons donc à exposer succinctement la théorie développée par l’auteur, sans nous permettre de l’approuver ou de la condamner ; mais nous .n'’hésiterons pas à donner notre opinion touchant l'exactitude des faits nombreux qu'il a recueillis.

Ce nest pas une tâche légère que celle qu'a entreprise M. Gaudichaud. Il passe en revue, dans l’ordre suivant, toute l’histoire de la vie végétale :

1° Organographie, ou développement et accroissement des tiges, etc. ;

2° Physiologie, ou phénomènes de la vie des végétaux ;

3° Organogénie ou étude anatomique du développement des tissus végétaux.

L'organographie, qui forme le sujet de la première partie, se subdivise en trois chapitres : 1° les Dicotylédonés; 2° les Monocotylédonés; 3° les Acotylédonés.

L'auteur livre aujourd’hui au jugement de l’Académie les deux premiers chapitres de ce vaste travail, dont les précieux matériaux sont déposés dans les galeries botaniques du Jardin du Roi, où ils sont de- Venus un sujet d'étude et d’admiration pour les connaisseurs.

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