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SUR L’ORGANOGRAPHIE DES VÉGÉTAUX

Je n'en considère pas moins les tiges prises dans leurs généralités comme des êtres composés d’individus nombreux (phytons), ayant une organisation Lypique analogue, mais variable, superposés et greffés les uns sur les autres , avec certaines conditions d’agencement de leur système ascendant et descendant, de manière à former un tout cimenté en quelque sorte par des tissus cellulaires diversement modifiés. Les membres appendiculés de ces individus, les feuilles, se détachent à un certain âge et à des conditions dont il sera peut-être facile d'expliquer les causes (causes d’épuisement).

Les arbres que l’on a jusqu'ici, mais à tort selon moi, considérés comme des êtres isolés, ne forment donc pas les feuilles, ainsi qu’on le croit généralement; mais ce sont des individus distincts (phytons), naissant les uns dans les autres, ayant une organisation spéciale généralement uniforme et des membres appendiculés ou foliacés, qui forment les tiges dont l'accroissement en hauteur résulte de la superposition d'une partie dite tigellaire ou ascendante d’un grand nombre d'individus, et l'accroissement en diamètre, d'une partie dite radiculaire ou descendante de ces mêmes individus.

Les feuilles prises dans leurs pétioles et dans leurs limbes, ou dans ces deux parties modifiées; les appendices foliacés quelconques ne constituent donc pas des individus, mais des parties (des membres, des organes si l’on veut) d'êtres primitifs, destinés à remplir des fonctions données, mais les fonctions de ceux-ci

d'abord, parce que, avant tout, ils ont une vie spéciale, énergique, qui ne cesse même entièrement que par la désorganisation, et dont la puissance ne se ralentit ordinairement que lorsque, après la chute des corps appendiculés ou foliacés, ces mérithalles tigellaires , diversement enveloppés, fonctionnent plus directement pour la vie générale du végétal.

Mais, tout en modifiant leurs fonctions physiologiques, ces mérithalles inférieurs , tigellaires ou caulinaires, comme on voudra les nommer, n’en conservent pas moins toujours, même après avoir perdu les appendices foliacés qui les terminent, leur vitalité individuelle et la faculté de fonctionner pour leur existence propre comme pour la vie générale du végétal entier, quelles que soient d’ailleurs la nature et les dimensions de celui-ci.

Nous trouverons plus tard, dans cette complexité organique et physiologique, l'explication d’une foule de faits importants.

Ces travaux, si je ne m'abuse complétement, doivent donc avoir la plus grande influence sur les progrès de l’organographie, de la physiologie et de la botanique proprement dite.

Déjà plusieurs essais tentés par les hommes les plus éminents dans la science, ont été faits dans une direction organographique que j'appellerais vitale, essais dont l’Académie, à son avant-dernière séance, a vu peut-être un des exemples les plus remarquables.

M. Ad. de Jussieu, qui est en France le représentant des méthodes naturelles, ne pouvait rester étran-

SUR L'ORGANOGRAPHIE DES VÉGÉTAUX. 237 ger à ce mouvement général; aussi vient-il de traiter, dans un savant mémoire sur la famille des Malpighiacées, quelques points de l’organographie et de l’anatomie de ce groupe important. Pressé, lui aussi, du besoin de généraliser, et affligé sans doute du retard que, bien involontairement, j'ai apporté dans la publication de mon mémoire, il ne s’est point borné à l'examen des seules lianes des Malpighiacées, il a passé en revue toutes les formes curieuses fournies par certaines LÉGUMINEUSES, BIGNONIACÉES, SAPINDACÉES, ARIs- TOLOCHIÉES, MÉNISPERMÉES, GNÉTACÉES, etc., et fait ainsi un brillant programme des découvertes que j'ai faites pour la plus grande partie et qui forment la base de tous mes travaux, de celui-ci particulièrement.

Ce savant ne pouvait être le dernier à sentir que les méthodes auront une valeur d'autant plus grande que les lois de l’organisation seront mieux connues, et que nous aurons une plus juste appréciation de ce que sont les organes qui régissent la botanique proprement dite.

J'ai lu son mémoire avec attention, et je crois avoir reconnu que tout ce quil a dit, malgré quelques dissidences apparentes du moins, qui pourraient exister entre nous, viendra se ranger , en le fortifiant, dans le cadre organographique que j'ai tracé.

L’atlas qui accompagne mon mémoire est composé de dix-huit planches en partie coloriées et renfermant de trois cent trente à trois cent quarante figures, au nombre desquelles se trouvent représentées en trèsgrande partie les tiges anomales signalées par M. Ad, de

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Jussieu; d’autres ont été figurées dans les Ærchives de botanique, en décembre 1833.

Qu'il me soit permis, en terminant, d'adresser à l'Académie tous mes remerciments pour l'intérêt qu’elle a bien voulu accorder à cette première partie de mon travail , et pour les dépenses que lui ont nécessitées le dessin, la gravure et le coloriage des dixhuit planches.

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