‹ Voyage autour du mondeChapitre 10 sur 115 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

satenf des liurlements d'approbation, auxquels vos compatriotes, assis en groupe auprès de nous, répondaient en se mettant à rire ; cette joie nous semblait ironique et augmentait nos fureurs, d'autant plus que leur compagnon de Hienguéne nous avait avertis que ces lourds objets qu'ils tenaient dans leurs mains frappaient comme la foudre. Enfin, sur nn ordre d'un jeune guerrier, armé d'un u long couteau », auquel ils obéissaient, ils s'éloignèrent subitement de nous e( entrèrent dans leur embarcation ; nous laissâmes alors échapper un bnrlemenl de regret et de colère. Cette retraite était-elle une insulte à notre hospitalité et un signe de crainte? Ce qui nous te fit croire, c'est que tous les étrangers ne s'endormirent pas ; deux d'entre eux, debout et tournés vers le rivage, leurs armes h la main, semblaient nous surveiller. Knfin, la proie nous échappait, d'autant plus que notre ami de Hienguéne nous prévint qu'au point dn jour tons devaient s'éloigner. Le lendemain, dès l'aube, quel ne fut pas notre étonnement et, ledirai-je, notre joie en voyant les étrangers redescendre sur lé rivage! Ils allumèrent du feu, firent chaufier une eau noirfttre (du café) dans un grand vase, et mes jeunes gens allèrent même leur cbercber du bois, mais ils allèrent aussi prévenir nos compagnons endormis dans leurs cases. Bientôt tous mes guerriers étaient ici ; la mort des étrangers était résolue.

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IS LA NODVELLE-GALÂDONIE.

Quand ils Toulurent emporter le vase qu'ils faisaient chaufler, un de mes jeunes gens le prit )ni-in£nie pour le transporter aa bateaa ; d'autres, voyant que vos compatriotes n'entraient dans l'eau qu'avec répugnance pour rejoindre l'embarcation, leur tendirent obligeamment les épaules. Sans défiance, les matelots acceptaient cette aide; bien plus, à mesure qu'ils arrivaient , ils plaçaient leurs armes dans lo fond du bateau pour prendre les avirons; bientôt il ne resta plus sur le rivage que le jeune cbef, qui s'apprêtait à monter sur le dos d'un de ses hommes. Nous tenions notre proie; la plus grande partie de mes guerriers, prêts à agir, entouraient le bateau , les autres le cbef et son matelot ; ceux-ci furent en un instant renversés sur le sable et rendus immobiles par quelques coups de casse-tële; ceux de l'embarcation eurent le même sort presque aussitôt. Cependant quelques>uns de ces derniers purent encore sauter dans la mer; mais nos flèches les arrêtèrent, à l'exception de trois d'entre eux qui, nageant vigoureusement vers la haute mer, purent se mettre hors de la portée de nos armes ; nos guerriers les poursuivirent Ji la nage et les atteignirent bientôt. Ils eurent la vie sauve , leurs blessures furent pansées; adoptés par nous, ils devaient parlager nos repas, nos travaux, notre genre de vie. L'indigène de Hiengnëne avait naturellement été épargné ; nous avions donc douze cadavres qui furent partagés

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