CHAPITRE DIX-SBPTIÈUE
waitsi indignement abusé de la confiigice. — Parmi eux , le vol n'est point méprisable , et les cbers le laissent parfaitement impuni. Dans leurs rapines , les Tahitiens apportent même des moyens assez ingénieux; si, profitant, par exemple, d'une naît obscnre, ils veulent faire main basse sur le poulailler de quelque colon, ils se mettent complètement nns, répandent sur leur corps une abondante coucbe d'huile et se barbouillent le visage de noir; de cette façon, ils glissent comme une anguille entre les mains de cenx qui veulent les arrêter, et le noir devient un masque qui les empêche d'être reconnus.
En quittant la vaste station agricole dont j'ai parlé plus haut, nous arrivâmes bientôt dans le district de Papeuriri, où débouche la vallée qui conduit au lac renommé de Vaihiria : le chemin qui y conduit longe une rivière encaissée entre deux berges souvent verticales , de sorte qu'à chaque instant, la rive que l'on suit devenant impraticable, on est obligé de franchir à gué la rivière; mais celle-ci devient bîentAl torrentueuse, son lit n'est formé que de galets ronds qui se dérobent et roulent avec les eaux, lorsque le pied du voyageur cherche à y prendre un appui ; aussi les plus agiles d'entre iious se laissèrent-ils choir souvent dans ces eaux rapides et tumultueuses , qui les emportaient plus ou moins loin, tout meurtris par le choc des galets qui
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fuyaient avec eux. — Malgré ma grande habitude de ces marches difficiles, j'eus plus d'une fois recours, pour ne point tomber, à l'aide officieuse de nos guides, qui veillaient avec une sollicitude toute particulière sur le chef de l'eipéditton.
Un de nos guides avait précisément accompagné au lac madame Ida Pfeiffer, la célèbre voyageuse, il nous raconta le-courage de cette femme intrépide, qui n'avait pas reculé devant les difficultés et les dangers d'un semblable trajet.
Le lac occupe la partie inférieure d'an vaste entonnoir de cinq cents à six cents mètres de hauteur, ouvert seulement du c6té de la vallée par laquelle on arrive; le long des parois de ce cdne renversé, mille cascades retentissantes descendent d'an bond jusqu'à ses pieds ; les lignes blanches qu'elles tracent dans l'air contrastent vivement avec la couleur bmne de ces berges élevées , et le paysage est encore assombri par de gros nuages qui constamment se meuvent avec lenteur sur lenrs sommets et sur leurs flancs. Le mugissement de ces eaux en furie trouble seul cette sauvage solitude, et l'on s'imaginerait difficilement un spectacle qni oflVe plus de majesté et de splendeur.
Dans cette île , comme sur tous les sommets élevés de ces petites lies océaniennes, aussitôt que l'on atteint une altitude de quatre ou cinq cents mètres, on rencontre la pluie on bien on est environné de
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