‹ Voyage autour du mondeChapitre 106 sur 115 · CHAPITRE DIX-SEPT1ËKB. 8W · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPT1ËKB. 8W

dîsparaitront le jour où ce réservoir naturel défei^ Eera directement ses eaux dans la vallée.

A mesure que nos marcbes nous éloignaient du clief-lieu, nous retrouvions chez les indigènes des moeurs plus originales; mais c'est la presqu'île da sud qui nous offrit à cet égard le plus grand Intérêt. Ses habitants, les plus éloignés des établissements européens , jf ont tout à fait conservé leurs mœurs anciennes. Je me souviens toujours de l'accueil qui nous fut fait dans la tribu des Teabupo parlevieuz chef Vehiatua. Ce vieillard avait abdiqué en faveur de son fils, qui était absent lorsque nous arrivâmes; je ne sais s'il voulut profiter de ce retour momentané an pouvoir pour montrer l'opulence de sa tribu , ou s'il désira faire revivre en cette occasion l'hospita* lité sans bornes qui était autrefois l'apanage de ses compatriotes , toujours est-il qu'il nous fit un splendide accueil. Ce fut d'abord un repas homérique, pendant lequel notre hAte, vêtu à l'européenne, avec sa belle chevelure blanche, son visage maigre, bronzé, imposant, n'offrait rien, ni dans l'aspect ni dans l'allure, d'un homme élevé dans la vie sauvage; en tout cas, il avait bien appris & honorer Baccbus , ce dieu que nous avons introduit dans leurs fêtes ; mais , malgré ses nombreuses libations , Vehia^ tua conservait sa mine haute, sa parole lucide. Mon compagnon, M. Méry, familier avec les goâts de9 indigènes, m'avait engagé à emporter surtout du

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vin. Noos en avions donc mis un tonneau dans notre embarcation, et j'eus plus d'une fois l'occasion de juger de l'importaiice de cette précaution, car lorsque nos hâtes avaient bu quelques rasades , nous obtenions avec la plus grande facilité, pour le lendemain, des guides, des porteurs et mille renseignements sur les points curieui du district ; il est vrai que plus d'une fois , sur tes assertions des indigènes, nous fîmes dans l'intérieur des terres de longues et stériles courses. Ainsi à Tutaviri, dans le sud, nous pénétrâmes péniblement dans l'intérieor pour y voir des requms de pierre, disaient les naturels. Ce n'étaient que des roches de forme bizarre, qui dans leur imagination seulement présentaient de l'analogie avec le terrible squale.

En notre honneur, le vieux chef avait mandé les jeunes gens et les jeunes filles de la tribu; leurs éclats de rire joyeux nous prévinrent bientôt de leur arrivée , ils se poursuivaient l'un l'autre au milieu de ces bosquets odorants qui nous environnaient; ils s'étaient parés de guirlandes et de couronnes de fleurs. ËnSn leurs danses animées, leurs chants pleins d'une harmonie imprévue, étonnante, bizarre, leurs longs discours , terminèrent la soirée.

Comme tous les peuples primitifs, ils naissent orateurs , et aucun d'entre eux n'éprouve le moindre embarras à prendre la parole devant la plus grande assemblée; cependant, ils savent (rès-bien discer-

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