CHAPITRE DIX-SBPTIÈUB
« Pourquoi n'es-tu pas l'étoffe donl j'entoure mon corps? Je ne la quille point, si ce n'est un instant pour rafraîchir dans Teau de la rivière mon corps qui bi'iUe.
0 C'est ici, c'est vers cette plage de sable qu'il est parti ; déjà mes yeux ne l'apercevaient plus sur la grande mer, que mes oreilles l'entendaient encore me crier : (■ Au revoir ! "
n 0 mes compagnes, qui pleurez avec moi, pourquoi ne m'avez-vous pas aidée à ramasser des herbes marines et des lianes flexibles, nous en aurions formé des chaînes pour le retenir au rivage?
n Hélas! mon bien-aimè est parti, que suis-je maintenant? Une lame repoussée par le vent qui se tourmente et gémit.
n Et toi, mer cruelle, et vous, vents défavorables, écoutez ma plainte, prenez-moi eu pitié et ramenez-moi celui que j'aime, afin que je puisse encore le prendre dans mes bras!
» Que vais-je devenir? Comme l'enfant privé dn sein de sa mère , je ne puis vivre.
D Comme la fleur arrachée de sa tige, je ne puis vivre. Le soleil du jour, les étoiles de la nuit, les fleurs des arbres, le chant de l'oiseau, que me sont-ils, puisque tu n'es plus là?
n J'ai fini de te parler, chère fleur; que la brise qui me caresse te porte mes plaintes et les baisers de mon cœur 1 »
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ut LA NOUVELLE-GALÉDONIB.
Ainsi parlait Taouron dans sa douleur. Je la vis, celte jeune fitle; l'animation, le sourire éternel qui caractérisent la Tabilienne étaient remplacés cbez elle par un air de mélancolie qui ajoutait encqre pins de charme à sa beauté.
Le lendemain, c'est à regret que nous prîmes congé de cette tribn hospitalière, mais on s'était empressé de saisir l'occasion de notre présence pour se mettre en fête , et tout le village dansait sur notre passage; bien plus, des musiciens armés de flûtes et de tambours nous escortèrent jusqu'à une trèsgrande distance.
C'est ainsi qa'il me fut donné d'assister à une de ces fêtes qni remplirent d'étonnement les anciens voyageurs et inspirèrent à quelques uns d'entre eux d'enthousiastes descriptions.
A partir de l'hospitalière tribu de Teahupo la plage se rétrécit et même disparait sur un grand nombre de points. Les montagnes se dressent comme de gigantesques murailles au-dessus des eaux pendant qne leurs sommets, bizarrement dentelés, ofirent des pics qui s'élèvent jusqu'à douze cents mètres de hauteur. Le chemin était si difficile que nous dûmes tous entrer dans la baleinière. La navigation ne fut même pas sans danger pendant que nous doublions la pointe méridionale de l'Ile ; là, aucune barrière madréporique n'arrête la violence des lames , qui viennent constamment se briser
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