‹ Voyage autour du mondeChapitre 12 sur 115 · CHAPITRE PREUIER. SI · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREUIER. SI

qne Devarenne avait dà explorer l'eifrémilé nord de l'ile , on s'y dirigea, et bientAt l'on fut en face de l'île Yenguébane. A l'approche du canot, les naturels, tout en se tenant à une distance respectueuse, conversèrent avec son équipage. On leur demanda des nouvelles du premier bateau; ils annoncèrent d'abord que son équipage avait été massacré dans (les îles qu'ils montraient au loin ; cependant un des amis de l'interprète de M. Pouthier, qui se trouvait avec les Nénémas, finit par raconter la terrible vérité, et annonça que trois matelots étaient encore vivants. Il fallait délivrer à tout prix ces malheureux ; on les réclama donc énergiquement : bientôt l'un d'eux parut au milieu d'une centaine de naturels armés qui le conduisirent jusqu'auprès de ses libérateurs et s'éloignèrent, après avoir dit que les deux autres prisonniers ne seraient rendus qu'à l'arrivée d'une partie des guerriers de la tribu, actuellement sur l'île de Bualabio. Au môme instant apparnrenl ces derniers ; ils arrivaient vent arrière dans sept pirogues qui se maintenaient sur une seule ligne ; ils pénétrèrent bientôt dans le canid, bloquant ainsi le canot français, qui ne pouvait , en cas de besoin , battre en retraite par l'autre extrémité du passage que boucbaient des bancs de coraux. Dans cette position difficile, M. Pouthier s'avança sur les pirogues et fît feu à poudre d'abord ; le succès fut cependant complot : les pirogues se

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débandèrent; quant aat indigènes placés snr le rivage, ils rendirent de suite noo-seulemenl 1«b deax matelots qu'ils possédaient encore, mais le canot, qu'ils avaient eu le soin de dépouiller de son gréement.

A peine le commandant de la corvette eat-ît appris ces événements déplorables qu'une expédition militdre fut commencée contre les Nénémas; on tua sans pitié tous ceux que l'on put saisir, on brûla leurs villages , on détruisit leurs récoltes : on ne s'arrêta que faute de victimes ; les survivants s'étaient réfugiés sur la grande teire , ils étaient k l'abri dans ses hautes montagnes où on ne pouvait les poursuivre.

Les Nénémas ont gardé le souvenir de ce cb&tîment si bien mérité, et depuis cette époque on n'a pas entendu dire qu'ils aient molesté les rares visiteurs européens qui ont parcouru leurs îles ; pour ma part , je n'eus qu'à me louer non-seulemeni de leur caractère , mais de leurs bons offices ; il en fut de même lorsque , plus lard , je revins dans ces parages, où un officier de marine dont je parlerai plus tard , M. Banaré , faisait de l'hydrographie. Les matelots qui l'accompagnaient élevèrent une petite pyramide comniémorative dans « l'anse du Massacre» ; fait bizarre 1 les naturels eux-mêmes aidèrent «implaisammeot à ce travail.

Depuis peu un Français, M. Russe!, a loué pour

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