CHAPITRE DEIJXIËUE
France faire sa peine, pour revenir de suile dans la compagnie finir ses sept années de service ; (Je cette sorte, il arrivait que des hommes restaient vin<jt années dans cette position alternative avant d'avoir droit à leur congé.
Ce mode de punition, la prison, non-seulement était inefficace, comme on le voit, mais encore favorisait parfois les desseins de certains condamnés, qui, pour revenir en France à tout prix, cherchaient à commettre nn délit qui les fît passer devant un conseil de guerre et condamner à la réclusion. C'estalo:s, je pense, que l'on imagina des peines plus fortis que la prison et le cachot luimême, que l'on mit les coupables dans des silos pavés de boulets ronds, avec des entraves aux pieds et aux mains, ou bien qu'on les laissa sur des ilôts de sable pendant plusieurs mois , avec une provision de biscuit et d'eau. Je ne sais si c'est à la Réunion ou à la Martinique qu'on avait inventé de placer les disciplinaires les plus intraitables dans un trou où aboutissait une source, de sorte que le malheureux, au moins une fois par heure, était obligé de pomper l'eau qui l'envahissait.
Comme on le voit , les punitions de ces condamnés sont arbitraires et découlent simplement de l'appréciation d'un gouverneur. Je sais, et je l'ai éprouvé, qu'il existe parmi ces malheureux beaucoup d'hommes que l'on pourrait qualifier « d'indomptables »
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dans l'acception du mol ; de ces ëlres dont le moral et le physique sembleot trempés d'une façon particulière et si puissante, que rien — pas même les supplices — ne saurait les vaincre; à la suite des punitions effroyables que j'ai dites, ils sont brisés, mais leur sauvage énergie revient avec la santé, " cite renaît de ses cendres n . J'ai connu un de ces malheureux qui, aussitôt hors de l'hàpilal, — car c'est ordinairement là que l'on va au sortir du silo, — s'enfuyait dans les bois et ne revenait que pour reprendre les fers qu'il venait de quitter. Cet homme avait été condamné pour un vol dont il se prétendait innocent, et trouvait une sauvage volupté à se faire martyriser de plus en plus , se considérant comme un élre que le sort aurait, pour ainsi dire, voué au malheur; d'ailleurs, à part ses fuites perpétuelles, c'était un homme peu dangereux.
Je ne m'appesantirai pas davantage sur ces terribles punitions înHigées aux disciplinaires récalcitrants; je dirai seulement qu'il serait humain de renoncer à la violence lorsqu'on s'aperçoit que , loin de corriger le coupable, elle ne fait que l'irriter davantage; ou mieux encore, de rechercher les causes de la mauvaise conduite du sujet, et de les écarter autant que possible.
Quoi qu'il en soit, je n'eus jamais de meilleurs hommes : infatigables, enjoués, braves, habiles, débrouillards au plus haut point, telles étaient les
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