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CHAPITRE DEUXIÈME

Vue dn large, celte belle montagne est d'un aspect remarquable. Son énorme masse est complètement détachée de tonte chaîne et son flanc descend verticalement comme une muraille de roches gigantesques superposées. Entre le pied de cette montagne et la mer se déroule une l>ande de terrain légèrement inclinée vers le rivage et couverte de prairies ; cellea-ci sont sillonnées par des filets d'ean qui tombent du Mont-d'Or et forment des cascades dont l'une surtout est souvent visitée par les touristes. Cette plaine nourrît aujourd'hui de nombreux tronpeanx de bœufs.

Une station assez importante couronne un monlicule an bord de la mer, et l'on ne se'doulerait pas, en voyant la tranquillité qui règne dans ces lieux, qu'ils ont été le théâtre d'un drame épouvantable, dont la date ne remonte qu'à quelques années. Un sous-commissaire de la marine, M. Bérard, séduit par l'heureuse situation de celte plaine, en avait acheté une partie au gouvernement français; ayant donné sa démission, il jeta, le premier dans l'ile, les fondations d'une sucrerie; il habitait la concession avec sa jeune fille et dix travailleurs blancs. C'était en 1859; les Kanaks de la tribn qui réaide en ce moment sur, les rives dn Bnlarï, ruisseau qui coule au pied du Mont-d'Or, n'étaient pas encore bien sonmis.

Un jour que ces colons étaient tons au travail, les

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43 LA NODVELLE-CaLËDONIE.

Kanaks, réunis en grand nombre , les assaillirent à conpg de hache et en tuèrent sur-le-champ quatre ou cinq; les autres pureat se réfugier dans une petite case, devant laquelle les assaillante s'arrêtèrent un instant, craignant qu'elle ne renrermâtdes armes à feu; malheureusement il n'en était rien; toutefois, ceux qu'elle abritait résolurent de vendre leur vie le plus cher possible. Ils commencèrent par semer les abords de la case de fragments de bouteilles, afin de couper les pieds nus des assaillants, s'armèrent de morceaux de bois et de projectiles de toute sorte, et attendirent.

Pendant quelques instants les naturels rôdëi'ent autour de l'habilation, s'en approchèrent* peu à peu, et, voyant qu'il n'en sortait ni tonnerre ni éclair, ils en devinèrent le motif. Une joie féroce éclata alors parmi eux, et leurs hurlements de bonheur remplirent les airs, glaçant le cœur des pauvres assiégés. A un signal, tous les sauvages, brandissant leurs tomahavks et poussant leur horrible cri de guerre, se précipitent à l'assaut; aucun obstacle n'arrête celte troupe de démons déjà surexcités par l'odeur et la vue du sang qu'ils ont répandu et l'espoir d'en répandre encore. La porte légère se brise en mille éclats sous les coups de hache et la case est envahie. La résistance n'est plus possible; les infortunés colons essayent de la prière : le tomahaak seul leur répond ; des hurlements de triomphe re-

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