CHAPITRE DEUXiillB
saot qa'il renferme des gisemenls d'an minerai de. clirome de première classe, qui D'onl pas encore été exploités, bien que leur transport jusqu'à la mer soit des plus faciles ; ils pourraient élre amenés en Europe à trës-Iias prix par ]es bâtiments de commerce qui approvisionnent la colonie , et qui sont souvent obligés, au départ, d'acheter du lest à dis francs environ la tonne.
Le versant méridional du Afont-d'Or forme, sur la cdte occidentale de l'île, une limite remarquable. C'est là que l'on passe, des plaines et des vallées Gultivables, fertiles et peuplées du nord , à la stérilité et à la solitude générale des montagnes abruptes qui constituent le sud de la Nouvelle-Calédonie : celles-ci, d'origine éruptive, viennent se terminer à pic au bord de la mer, sans permettre, comme ailleurs, k une bande de terre horizontale et fertile de s'étendre sur la plage. Ces falaises à pic s'ouvrent cependant çà et là pour donner passage à des rivières d'une certaine importance, dont le courant des eaux a réussi à former k la longue des baies où les navires peuvent mouiller avec sécurité.
Nous mimes deux jours pour atteindre l'île Ouen, oîi je devais débarquer; cette petite terre n'est séparée de la Nouvelle-Calédonie que par an canal étroit et profond, connu sous le nom de canal Woodin. Je pris terre, avec mon personnel, mes instruments et mes provisions, sur une plage qui formait
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48 LA niOUVELLE-CALÉDONlE.
le fond d'une anse assez vaste, autour de laquelle est établi le village d'Ouara, résidence du chef de l'île. Celui-ci vint à ma rencontre, et lorsque je lui eus appris que je comptais séjourner pendant un mois dans ces parages, il me fit donner sur le bord de la mer une grande case dans laquelle nos bagages furent aussitôt installés. Je ferai dès àprésenl remarquer que cette case n'avait naturellement pas de moyens de fermeture ; que je fis avec mes compagnons des absences de plusieurs jours, laissant ainsi nos provisions, nos instruments exposés à la merci des voleurs, et que jamais un seul objet ne nous manqua au retour. J'étais souvent forcé d'agir ainsi dans mes voyages, etje n'eus que fort rarement lieu de m'en plaindre; te Méo-Calédonien n'est pas voleur, si ce n'est lorsqu'il veut provoquer une lutte.
L'île sur laquelle je me trouvais n'offre point un séjour agréable ; elle est entourée de hautes falaises dénudées qui tombent à pic dans la mer ; c'est seulement aux estuaires àea cours d'eau que se sont créées de petites plaines en forme de triangle, sur lesquelles les indi<j[ènes ont leurs plantations; l'intérieur du pays ofTre une remarquable parlicularilé i il est presque exclusivement composé de minerais de fer, d'une abondance telle qu'ils pourront être un jour la source inépuisable d'une exploitation productive; ce fer a une forme sphéroïdale, ell'on dî-
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