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CHAPITRE DEUXIÈME

rait des boulets de tonte grosseur, assemblés péleméle. Parfois ils forment des plateanz très-unis de plusieurs milliers de mètres carrés; parfois ces immenses amas se sont écroulés sous l'action prolongée des pluies, et il ne reste qu'un cane de fer élevé et gigantesque : tel est celui de Mamié, au nord-est de l'île.

Sur les plateaux qui dominent les bords de la mer, nous remarquions souvent que ces blocs de fer avaient été réunis par la main des hommes en tas de quelques mètres cubes de volume et peu espacés les uns des autres; j'avais déjà constaté le même fait sur le sommet du Mont-d'Or et sur celui de Mou ; les naturels m'expliquèrent qu'autrefois , pendant les guerres acharnées qu'ils se livraient entre eux, les vaincus, fuyant la mort, abandonnaient les plaines pour se réfugier dans les montagnes, sur ces plates-formes élevées, du haut desquelles ils pouvaient aisément faire rouler sur los .issaillanls ces gros et lourds galets de fer empilés autour d'eux comme de véritables boulets.

Mais peu de plantes sauraient subsister sur ce sol métallique, et vers le milieu du jour, lorsque le soleil l'a échauffé pendant plusieurs heures, il est impossible de prendre à la main un de ces blocs ou de se reposer à terre ; malgré les fortes semelles de nos chaussures, nos pieds souffraient d'une intolérable chaleur. Une autre conséquence de la nature

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ro LA NOUVELLE-CALÉDONIE.

du terrain, c'est que les eaax des quelques rnîsseanx qni circulenl dans ces régions s'élèvent aussi à une température extraordinaire. Lorsque je tisilai l'ile Ouen pour la première fois, c'était au mois de janvier, c'est-à-dire dans l'été. Partis dès le matin, nous avions gravi le flanc des montagnes; noua étions arrivés sur ces plaines de fer, le soleil était extrêmement chaud ; & mesnre qu'il montait à l'horizon, mes indigènes m'en avertissaient, me montrant leurs pieds nus, implorant nne halte; mon chien Soulouque ne cessait de sauter d'une patte sur l'autre. Je comprenais toutes ces souffrances et j'y compatissais sincèrement ; mais , d'autre part , j'avais sous les yeux des phénomènes géologiques si pleins d'intérêt, que je m'enfonçais de plus en plus vers l'inléneur de ce sol mobile et brûlant. Nous arrivâmes ainsi, vers le milieu du jour, au bord d'un ruisseau aux eaux cristallines , qui , descendant rapidement vers la plaine, formait de nombreuses cascades et çà et là quelques bassins trèsfavorables ponr le bain; à la satisfaction générale, je m'empressai de donner dans ce lieu le signal de la halte et du repas; on s'installa auprès d'une de ces grandes CQvettes naturelles, pleines d'une eau limpide, et, pendant que l'on tirait du havresac quelques provisions , je me hâtai de chercher dans un bain un peu de fraîcheur. Alais quelle fut ma surprise lorsque, au lieu de la sensation de

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