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CHAPITRE DEUXIÈME

fraîcbear que je cherchais, je trouvai une eau chaude, énervante 1 Je crus d'abord avoir affaire à des sources thermales , mais je réfléchis que cette température élevée de l'eau était une conséquence forcée de la nature da lit de la rivière, qui, en outre, n'était protégé par aucune végétatioo contre les rayons ardents du soleil.

Les habitants de l'ile Ouen, à cause du peu de ressources que leur fournit le sol , sont obligés d'aller sur la grande terre établir des plantations; les immenses plateaux madréporiques da sud leur offrent des tortues, des coquillages et des poissons; ils vont aussi sur les îlots de sahie chercher les œufs d'oîseaux de mer et de tortue ; je les ai accompagnés souvent dans ces pèches et ces excursions en mer, et c'est vraiment là que l'on apprend à connaître l'intelligence, l'adresse, la force de ce peuple. Celui qui ne les a vus que dans les rues du chef-lieu, promenant avec une lente stupidité leur corps entièrement nu , ne montrant sur leur visage qu'une expression de froide indifférence, celui-là n'éprouve pour cette race que du dédain ; mais quand on les suit sur leurs pirogues, où bien des Européens n'osent mettre le pied , qu'on assiste à leurs luttes contre une mer furieuse qui ne cesse d'envelopper le bateau et son équipage , on est alors en admiration devant leur intrépidité, leur sangfroid et leur promptitude d'action.

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A l'île Ouen, je m'étais acquis l'amitié d'un des principaux chefs : Zachano, c'était son nom, m'accompagnait ordinairement dans mes excursions; il parlait assez bien l'anglais et le français, de sorte qu'en y ajoutant ce que je savais de sa langue , nous pouvions causer couramment. Ce chef ne paraissait pas avoir plus de trente-cinq ans, cependant il était hien au fait de l'histoire de son paysdepuis que, pour la première fois, on y vit arriver les blancs, et il racontait volontiers des épisodes intéressants sur les relations qu'eurent ses pères avec ces nouveaux visiteurs. Anglais d'ordinaire. Il aimait à me vanter la grandeur disparue de sa tribu , la renommée de ses ancêtres: s Mon père, me disait-il, était un trèsgrand chef, et l'on en parle toujours dans nos filouspilous; les vieillards rappellent aux jeunes gens combien de pirogues de guerre il construisit, tontes les cases qu'il éleva, et les nombreux ennemis qui tombèrent sous ses coups et qu'il mangea. « Ces états de service : construire des pirogues, élever des cases, manger des cadavres, nous paraîtraient peu dignes d'intérêt; cependant, en parlant ainsi, la voix de Zachario était grave et sériense autant que son visage, dans lequel l'œil brillait encore du feu de l'orgueil. Ah ! je comprenais alors que notre seul contact pût détruire ces races : par notre supériorité écrasante, nous brisions d'un seul coup leurs idoles les plus chères. Qu'étaient auprès de

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