CHAPITRE TROISIÈME. B
faibles et nus, ou déjà grands, irigonreui et bien habillés, couvraient littéralement toute la plage de sable sur laquelle nous débarquâmes. Mes compagnons, tout à fait insensibles aux gémissements on à la fureur des pareats emplumés, tordirent le cou à bon nombre des plus gros rejetons. Quant à mon cuisinier, il était aussi à son affaire : il mirait les œufs les uns après les autres pour rechercher les plus frais. Il en eut bientôt une énorme provision; faute de paniers , il les plaça dans les jambes d'un pantalon, fermées par en bas au moyen d'une ^celle. Ces œufs , qui ont b peu près la grosseur de ceux de nos poules, sont en effet excellents et valent bien mieux que les œufs de tortue , que les indigènes estiment cependant au point que les chefs seuls ont le droit d'en manger, et qu'on doit leur remettre tous ceux que l'on trouve.
En quittant notre îlot de sable le vent était favorable; nous doublâmes le nord de l'île Ouen, nous dirigeant sur le pic la, au pied duquel est la petite peuplade de Ouié, amie des gens de l'ile Ouen. Mon intention était de suivre on peu en détail cette côte sud-ouest de la Nouvelle-Calédonie et les ilôts qui la bordent ; aussi , après un court séjour à Ouié, nous remont&mes jusqu'à l'tlot au Charbon, situé en face du Mont-d'Or, et dans lequel on trouva autrefois quelques tonnes de houille qui firent croire tout d'abord que le pays contenait beaucoup de ce
HihyGoogle
précieux minéral , ce ^ue ne confirmèrent malheureusement pas de plus amples recherches. Nous arrivâmes daos cet ilôt vers les trois heures du soir, je consacrai à son exploration le reste de la journée. Nous devions camper sur ce roc dénudé, mais l'aspect du ciel nous présageant de l'orage pour la nuit, nous jugeâmes prudent de nous rendre sur la grande terre, où il nous serait plus facile de trouver ou de construire un abri contre la pluie qui menaçait. Nous eûmes lieu de nous louer de cette précaution , car il s'éleva bientôt une très-forte brise de sud-est, accompagnée de grains et de rafales violentes ; nous nous étions retirés dans une vieille butte abandonnée et brûlée en partie, que mes hommes réparèrent tant bien que mal, maïs pas suffisamment pour la rendre tout à fait imperméable aux violentes ondées qu'elle recevait; la mer était devenue trèsgrosse , et nous avions été obligés de tialer sur te sable du rivage notre pirogue , pour la préserver du choc des lames. Je n'étais pas sans un certain souci, que les indigènes semblaient partager : je savais ' que, dans cette saison, ce temps pouvait se maintenir encore plusieurs jours et nous garder ainsi prisonniers dans cette hutte incommode; nos provisions de bouche étaient aussi presque terminées, et il était impossible, par un temps pareil, de songer à la pêche ou à la chasse. Toute la journée du lendemain il fut impossible de sortir ; il ne nous
edhvGoogle
HihvGoogIc
HihvGoogIc
HihvGôoj^lc