CHAPITRE TROISIÈME
les charnières au point de sonffrir après pendant huit jours.
Néanmoins un des indigènes, sur un ordre de Zachario , était allé chercher les cannes h sucre en question. II revint bientôt avec un fardeau de ce hois sucré; les parts furent faites, puis chacun se mil à l'œuvre, car manger une canne à sucre est un véritable travail : il faut d'abord, avec les dents, enlever l'écorce dure, lisse, sèche, qui protège l'intériear; c'est alors seulement que l'on mord dans les fibres centrales, qu'on les arrache par bouchées qa'il faut triturer dans sa bouche pour en extraire enfin le jus sirupeux. Notre pourvoyeur avait aussi apporté un paquet d'écorces d'arhre liées entre elles par une liane ; je reconnus i'hibiséus tiîiaceus, que l'on nomme encore u bois de lait » , et dont les jeunes pousses et l'écorce contiennent une certaine quantité de mucilage que l'on peut extraire par la mastication. C'est ce que firent bientôt mes compagnons : ils mirent ces écorces sur le feu jusqu'à ce qu'elles fussent rissolées extérieurement; c'est alors qu'ils abandonnèrent les cannes & sucre pour attaquer ce nouveau mets. J'avais bien déjàmou/u deux ou trois mètres d'une canne à sucre qui avait à peu près six centimètres de diamètre et j'avais faim de foute espèce de chose plutôt que de ce jus écœurant, j'imitai donc mes compagnons et mordis dans ces écorces grillées ; je n'eus pas trop h m'en plaindre :
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par une mastication prolongée , on finissait par en extraire un jus assez doux qui trompait la faim.
Le troisième jour de notre confinement dans cette hutte, le temps s'était un peu amélioré ; le vent persistait cependant toujours avec la même force, les vapeurs aérifinnea passaient sur nos télés avec une vitesse vertigineuse; mais la pluie était intermittente et n'arrivait qu'avec des nuages noirs massifs, arrondis, des grains, en un mot, qui, accompagnés d'une brise plus violente encore, répandaient, au moment de leur passage, des torrents d'eau. Je pris mon fusil, sifflai Soulouque, et, suivi de Zachario, je sortis de la case. Au bout de quelques pas noua étions sur les bords de la mer ; quoiqu'elle commençât k s'apaiser, il était inutile de songer au départ :
u Eh bien , Zachario, m'écriai-je, îl faudrait que nous pussions trouver quelque gibier; n'as-ta pas assez de la canne à sucre?
— Si, capitaine, me répondit-il, mais ici le gibier est rare , il faudrait aller loin pour trouver les grands bois . les marais où il se réfugie par un vent pareil ; le mieux serait d'aller du càté du Afontd'Or, on y trouve des nanis (chèvres).
— Des chèvres ! m'écriai-je , mais d'où peuventelles provenir ?
— Capitaine Bérard avait beaucoup de nanis et de boulmakaos (bœufs) ; les Kanaks de Candio les ont
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