CHAPITRE TBOISIÈUE
cbassés dans la montagne; on a rattrapé les boulmakaos, niais les nanis y sont encore. «
Je comprenais maintenant : après avoir massacré, comme je l'ai raconté, M. Bérard et ses compagnons au pied du versant du Mont-d'Or opposé à celui où nous nous trouvions en ce moment , les indigènes avaient donné la chasse aux troupeaux de leurs victimes; les chèvres s'étaient rérugiées dans la montagne, où depuis cette époque elles avaient dd se multiplier; aussi toute mon ardeur me revint, et montrant le Mont-d'Or à Zachario, je lui dis : a En route, chef, en ronle! n Soulouque, comprenant au son de ma voix qu'il se passait quelque chose d'extraordinaire, se mit à bondir joyeusement à droite et & gauche; la pauvre bête avait bon caractère, elle était si efflanquée que c'était pitié de la voir ; depuis trois jours son meilleur repas n'avait été que des épluchures de canne à sncre.
Suivant le bord de la mer, nous arrivâmes bientôt à la baie de Mouéa; nous la contournâmes, traversant plusieurs cours d'eau. L! extrémité de cette baie est formée par une montagne arrondie, qui se relie au Hont-d'Or par un col , et nous nous hissâmes sur la ligne de faîlequirejointlesdeux sommets ;nouspàmes alors nous diriger rapidement vers les hauteurs du Mont-d'Or. A mesure que nous nous élevions le long des flancs dénudés du vaste cône , nous ressentions davantage l'impétuosité des rafales, et nous nous
coarbions le long de ferre pour Jeur offrir moins de prise; Zacbario et moi interrogions atleufivement le sol, rendu plastique par l'humidité, pour y chercher des (races, lorsque Sonlouque poussa un aboiement étouffé mais caractéristique. Je m'élançai auprès de lui et j'aperçus avec joie ' sur la terre argileuse et détrempée les empreintes fourchues et toutes fraîches laissées par un troupeau de chèvres; au même instant Zacbario fit un signal d'appel. Le corps à demi couché, je tournai la tête de son côté : le chef de l'ile Ouen me montrait à quelques centaines de pas une douzaine de chèvres. Lèvent était pour elles, aussi, inquiètes, attentives, immobiles , le nez dans la brise, elles étudiaient les bruits, les senteurs étranges qu'elle leur apportait; il n'y avait pas de temps à perdre, l'occasion était trop favorable. Je m'élançai, suivi de Zacbario qui maintenait Soulouque, de façon & tourner le troupeau et à gagner te vent; malgré les rochers, les broussailles, nous avions des ailes, et bientôt nous étions suffisamment au vent pour qu'on piît s'approcher sans trop inquiéter le petit troupeau ; je fis signe A mes compagnons de faire halte et m'avançai en rampant avec lenteur et précaution. Ne comptant pas sur la rencontre d'un aussi gros gibier, je n'avais malheureusement pria avec moi que du gros plomb de chasse , je ne pouvais donc tuer qu'à une courte distance. Lorsque je ne fus plus qu'à cent cin-
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