‹ Voyage autour du mondeChapitre 37 sur 115 · CHAPITRE QDATRIËUB · texte numérisé non relu

CHAPITRE QDATRIËUB

A l'île des Pina on trouve quelques chiens sauvages, qui vivent des nombreux débris que la mer jette sur la côte ; ils attaquent parfois aussi les montons. Il est à remarquer cependant que le climat de ces îles n'est pas très-favorable à la race canine; les cbîens qne nous avons rencontrés parmi les indigènes du nord, et qui étaient sans doute les descendants de ceux que Cook laissa k Balade, étaient d'une taille certainement petite, leur voix était aiguë , glapissante ; ici , la nourriture essentiellement végétale & laquelle ces animaux sont soumis peut donner l'explication de cet ab&lardissement rapide, mais celte raison n'existe plus pour tes chiens des Enropéens; cependant on constate facilement parmi eux une dégénérescence rapide; les individus nés dans la colonie sont plus paresseux , ont moins de flfdr et vivent peu de temps. — Ces faits ne surprendront pas beaucoup ceux qui ont un peu étudié la race canine et savent par de nombreux exemples qne l'influence de la nonrritnre, du climat, peut faire qne telle race, transportée d'une province française dans une autre , est exposée à y perdre en peu de temps ses qualités particulières ' .

J'ai plnsieurs fois eu l'occasion d'entretenir le

' Le roi Vietor-Ematumal dépenie chique année ploi d« cent mille &anci pour faire venir chez lui nos gnoda cbieni eonranta de la Vendée; il a vainement etmjé de k lervir de ceax qni oaiueDt en PiémoDt, ila ont perdu toute valeur.

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100 LA NOnVELLB-CALÉDONIE.

lecteur de Soulouqne , mon intelligenl compagnon de voyage , auquel peut-être j'ai du la vie en maintes circonstances, tant sa vigilance était grande comme gardien du camp. Pendant la nuit aucun étranger ne pouvait s'approcher sans qu'il m'en avertit. Combien de fois, éveillé par ses grondements, n'ai-je pas suivi, par leurs modulations et leur intensité, la marche , les hésitations , les faux départs de quelques rOdenrs I H n'était besoin de se déranger qu'as moment où le brave animal se dressait sur ses pattes, hérissait ses poils et aboyait fiirlensement : j'étais sûr alors d'apercevoir à trente ou quarante pasquelqnes sombres silhouettes qui s'évanouissaient àmoQ appel on lorsqu'une poignée de branches sèches jetées sur notre feu k demi éteint éclairaient snhilement par leurs flammes tons les environs. Le chien le plus intelligent de l'homme des villes est encore bien inférieur k celui qui chaque jour accompagne son maitre k travers les prairies, les marais et les bois. Nous en étions arrivés avec Soulouque à un tel degré d'entente qu'il comprenait presque toutes les phrases que je lui adressais assez fréquemment (faute de mieux, je causais souvent avec lui). Je ne veus point dire qu'il pouvait saisir le sens des mots, mais telle était sa sagacité que la modulation , l'intonation de la vois, la longueur de la phrase, le geste surtout, lui suiBsaient : il avait compris. Le lecteur jugera donc de mon chagrin lorsqu'un jour

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