‹ Voyage autour du mondeChapitre 38 sur 115 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

je m'aperças qne ce fidèle compagnon était atteint d'une maladie qui frappe sans pitié la race canine dans ces régione. Les jambes commencent par perdre leur élasticité, puis le train de l'arrière se paralyse k son tour, enfin la marche devient impos^ sible. Mon pauvre Soulonque, étendu snr un lit de feuilles sèches , ne semblait plus avoir de vivant qoo ses deux grands yeux. Ne pouvant plus se dresser, même sur ses pattes de devant, il fallait k grand' peine te faire manger et boire. Lorsque cette maladie l'empêcha de nous suivre, nous étions en pleine forêt : je campai snr la place et occupai mon temps & explorer les environs. Huit jours après la gangrène rongeait le corps de mon vieux compagnon ; il était perdu, et ses sonârances devenaient horribles. Je me décidai donc à mettre un terme à ses maux et donnai l'ordre k nn de mes hommes de l'emporter k quelque distance et de l'achever. Celait vers le soir, je revenais d'une pénible course et j'allais commencer mon repas, lorsque j'entendis tout k coup des hurlements terribles, déchirants; cela dura un instant et cessa brusquement avec le bruit

de l'explosion d'une carabine Mon ami, mon

compagnon Sonlouque était mortl Pourquoi poussat-il ainsi ces cris de détresse? Devinait-il le sort qui lui était réservé, était-ce an reproche qu'il m'adressait? Quoi qu'il en soit, je ne pus manger et je dormis fort mal. On ne perd pas sans quelque

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