CHAPITRE PREMIER
ciliablfs, les Nénémas; la chose n'était que trop certaine, le />t7ou-/>z7ou se passerai! sans qu'on pùl manger son prochain.
Le jour de la fête arriva : les jeunes gens de la tribu, non encore blasés, commencèreDi à se livrer rrancbemenl et cordialement aux danses , aux chaDts, aux festins habituels; quant aux guerriers mûrs, aux vieillards, trouvant ces réjouissances fades, c'est à peine s'ils se décidaient à se mettre en train, lorsque les sentinelles signalèrent, du cùté du nord, l'arrivée d'une large pirogue double, montée par un nombreux équipage. Quels étaient ces visiteurs? On n'attendait plus aucun invité ; les gens de Koumac, de Tiari, de Balade, c'est-à-dire les amis, étaient tous présents; ce ne pouvait donc être qu'une troupe des habitants de Nénéma, des jeunes gens qui , poussés par le désir d'assister à la fête, écoutaient plutdt leur amour du plaisir que la prudence. Bientôt la pirogue atteignit le rivage et trente jeunes guerriers y descendirent ; suivant l'usage, ils s'avancèrent à la file jusqu'auprès du chef et lui remirent des présents ; des discours remplis de protestations d'amitié furent échangés, puis les Nénémas, se mêlant aux danseurs, se livrèrent tout entiers aux plaisirs de la fête, insouciants en apparence du danger qui pouvait les menacer au milieu do cette tribu détestée. Cependant, soit par inquiétude, soit par prudence, on pouvait
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e LA NOUVELLE-CSLÉDONIE.
remarquer que ces enfants des îles du Nord étaient tous parfaitement armés; de plus, quoique jeunes, chacun d'eux représentait ce type remarquable de la force, de l'adresse et de l'agilité, que l'on rencontre assez commuDément parmi ces peuplades , en un mot, malgré leur petit nombre, ils étaient encore redoutables, et la hardiesse de leur acte même les relevant encore aux yeux des guerriers d'Arama, pas an seul ne songea à une attaque directe et immédiate; mais tous, dans leur esprit, les avaient déjà sacrifiés : ce fut même avec une joie farouche, mais bien dissimulée, qu'ils virent le débarquement des gens de Nénéma. La première journée s'écoula sans aucun incident remarquable ; le soir venu, les chefs d'Arama, de Koumac, de Balade, de Tiart, et les principaux de la tribu, suivant l'usage, se retirèrent quelques instants de la multitude pour faire leur repas en commun. C'est là qu'un vieux chef plein d'antorilé, prenant la parole, fit observer avec amertume que le corps d'aucun ennemi n'était là pour certifier de la vaillance des guerriers de sa tribu; il rappela les combats et les triomphes de son jeune âge ; ces festins immenses où, pendant de longs jours, on ne cessait de manger la chair de ses ennemis; il rapprocha même d'une façon pleine de sarcasme l'époque actuelle de l'ancienne , faisant allusion à la présence an milieu d'eux de leurs ennemis les plus invétérés.
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