CHAPITRE PBEUIEB
Ce discours eul d'autant plus de succès qu'il répondaitaux aspirations de tous; la mort des «NéDémasti élait résolue , il ne restait que le choix des moyens. Les attaquer ouvertement? Nous l'avons dit, les jeunes gens du Nord étaient robustes, bien armés, ils périraient soug le nombre, mais non sans avoir fait une résistance désespérée et tué peut-être bon nombre de femmes et d'enfants, qui, dans ces jours de liesse , circulaient de toutes parts ; éloigner ces êtres faibles, c'était se dénoncer. Voici à quel plan on s'arrêta :
Le chef d'Arama avertirait ofSciensement les étrangers que leur présence était tellement odieuse aux guerriers de sa tribu et aux invités, que l'on avait résolu de les attaquer pendant la fétc; pour éviter ce conflit, il les engagerait à se retirer, leur donnant même une escorte choisie parmi ses bommes les plus éprouvés ; quanta cette escorte, elle serait tout simplement chargée, sous prétexte de prendre les chemins détournés exigés par la prudence, de conduire tes Nénémas dans nne embuscade.
Ce subterfuge peint bien le caractère du Calédonien ; ils auraientpu écraser les trente jeunes gens de Nénémaen les attaquant en face, au milieu de la fêlo, mais ils risquaient la vie de quelques-uns des leurs; ils préférèrent la trahison la plus basse, qui leur permettait un massacre facile et sans danger;
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c'est ce qui eut lieu en effet. Les Nénémas furent prévenus qu'un péril les menaçait, ils regagnèrent e rivage, guidés par quelques indigènes qui prirent pour cela un sentier spécial conduisant vers un ravin profond ; là une troupe nombreuse , embusquée dans les broussailles, se précipita sur les Nénémas , et treize de ces malheureux furent tués sur le coup ; les antres , ivres de rage en voyant cette inf&me surprise, parvinrent, par un effort suprême, à sortir du ravin à travers celte foule qni s'acfaarnait contre eux, à gagner la montagne et de là le Nord et leurs îles. Les gens d'Arama les poursuivirent à peine ; los provisions étaient sufâsantes. On fit le partage des cadavres entre les tribus présentes. Ces événements, historiques, me furent racontés par un des principaux chefs des Nénéntas. C'était un vieillard, et c'est avec une véritable émotion qu'il termina son récit.
u Lorsque nos jeunes gens arrivèrent, me disaitil, leurs hurlements plaintifs nous annoncèrent à l'avance un malheur ; nous nous élançâmes à leur rencontre : en quelques mots ils nous mirent au courant de ce lâche assassinat, et nos bois doivent encore garder le souvenir des cris de rage, de désespoir, de vengeance qui surgirent de toutes les poitrines ; en quelques heures nos pirogues de guerre, que depuis la paix on avait mises hors de l'eau et abritées du soleil et de la pluie sons une
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