CHAPITRE CINQUIÈME. Ill
A l'occasion de ce a mustern , suivant l'usage, on convoque tons lee propriétaires du voisinage.
Partageant la vie de lutte et de dangers de ces hommes, on avait pris l'habitude de me considérer comme an camarade; au reste, on savait ma passion pour ce genre de sport, et l'oa n'eut garde de m'oubtier. J'arrivai au rendez-vous vers les deus heures de l'après-midi. La chasse commençait le lendemain. Je trouvai déjà réuuis tous les agtockmen n , et tous étaient très-occupés ; d'abord ils esaminaient leurs fouets, y mettaient des mèches retentissantes ou bien les huilaient; ils visitaient ensuite la selle et la bride avec le plus grand soin, et enfin le cheval qu'ils devaient monter. Les physionomies étaient gaies comme s'il se fût agi d'aller à une fête ; les jeux de mots , les lazzi allaient leur train. Parmi les figures de connaissance, je distinguai aussitôt les deux frères Jouberl, dont j'ai déjà parlé; puis Maurice, Bob, Pat, autant de hardis et solides slockmen. Le soir venu, tous se réunirentà la même table, oii un robuste repas au bœuf salé, porc frais et thé, fut attaqué avec autant d'égards que s'il se fût agi d'un pâté de choix ou d'une dinde truffée. Après le souper, le grog et le tabac réglementaires, l'accordéon et les chants. On discuta aussi les chances de la journée du lendemain, et mille souvenirs des mttsters précédente furent évoqués. On se quitta vers onie heures pour s'étendre sur des
IIS LA RODVELLE-CALËOONIE.
paillasses placées sur le sol, car la literie d'une station est insaffisanfe pour tant de monde.
J'avais pour compagnons de chambre les « squatters » , tandis que les simples slockmen conchèreaf dans nne autre pièce préparée ft leur intention; quelques instants après l'extinction des feus, chacun était endormi, et je n'entendis plus que le brait des rais dans la cloison et la respiration sonore de mes compagnons. Au point du jour tout le monde fut debout , les chevaux reçurent une bonne ration de mais avant d'être sellés par leurs cavaliers. C'est ' alors que le propriétaire distribua les posles ; chaque employé de la station , au courant de sa topogra^ phie, prit avec lui ua certain nombre des assistants, de façon h former des groupes qui seraient chargés Ae bien explorer et parcourir un certain quartier da ■ Run n , afin d'en chasser tons les bœufs vers ua lieu de rendez-vous central. Je fus compris dans l'escouade du stockman Maurice , qui avait le poste le pins difficile , car le sol y était entièrement montagneux et très-escarpé; notre bande comprenait Maurice, Bob, Pat, Ferdinand Jonbert et moi. Nons traversâmes d'abord une série de collines, ensuite nous atteignîmes des montagnes plus hautes oîi notre sentier, vrai casse-cou, avait à peine trente centimètres de large et se dessinait sur les flancs presque k pic de ces hauteurs.
Dana un trajet de deox lieues environ, nousreo-
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