‹ Voyage autour du mondeChapitre 42 sur 115 · CHAPITRE CINODIÈUB · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINODIÈUB

contrâmes plusieurs télés de bétail qui, à notre vue, partirent au grand galop sur les collines et se réunirent aui troupeaux les plus proches; la besogne est ainsi toute faite. Mais il arrive souvent qu'on rencontre ane vache isolée avec son veau ; c'est alors plus difBcile, car la vache cherche par tous les moyens à vous éviter : s'il y a nn point très-escarpé, elle le gravit. Alors, sans l'audace des stockmen et la bonté de leurs chevaux, il sérail impossible de les chasser du côté oh on vent qu'elles aillent; en voici nn exemple qni se présenta pendant notre trajet. Nous aperçûmes nue génisse avec son jeune veau devant nous sur le sentier, elle restait immobile; mats, lorsque nous ne fûmes pins qu'à cinquante mètres, elle s'élança vers le sommet abrupte de la colline. Alaarice, qui était devant, poussa son cheval après elle, de façon à la ramener de notre côté. Connaissant par expérience ce qu'il fallait faire, le cheval ne demanda pas l'éperon , mais 6t tous ses efforts pour dépasser la génisse; nous étions restés sur le sentier en cas qu'elle redescendît; ce qu'elle fit, en effet, car voyant Maurice gagner sur elle et ayant déjà eu quelques bons coups de fouet sur le nez, elle changea de tactique et de direction, se laissant subitement glisser à toute vitesse le long de la pente rapide qu'elle avait d'abord voulu remonter : sans hésiter, le hardi stockman la suivit de même ; j'en eus le frisson , car [e cheval n'avait qu'à man-

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qaer des pieds ou même à trébucher, et c'en était fait des deux. Maurice, couché en arriére, au point que ses deux pieds touchaient les joues de sa monture , tenait solidement en bride la pauvre béte, qui se laissait glisser sur son train de derrière pendantqae ses deux jambes de devant lui servaient de guides. Enfin, la vache arriva sur le sentier; elle aurait sans doute conlinué à descendre si un des autres stock men ne se fût élancé de manière à se trouver en avant d'elle, et, lui donnant le fouet sur le nez, ne l'eût forcée à prendre la direction du sentier et à la garder; au reste, déjà essoufflée, la pauvre béte n'avait pins guère envie de remonter. De cette manière nous pûmes conduire les animaux que nous rencontrions sur notre passage jusqu'à un terrain moins accidenté. Mais arrivés là, tonte la bande que nous avions ainsi ralliée prit legalop, et force fut de les suivre à travers les niaoulis , les troncs d'arbres et autres obstacles cachés par les hautes berbes ; ce Irain dura près d'une demi-heure. Nous approchions du tien de rendez-vous , car les claquements de fouet et le mugissement des troupeaux qui se faisaient entendre dans les environs l'attestaient, quoique les arbres et les collines nous empêchassent encore de voir les autres escouades. Enfin , nous débouchâmes sur une vaste plaine oii les premiers arrivés nous attendaient avec leur part de bétail ; la nAtre se mélangea au troupeau général et reprit un peu de (ran-

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