‹ Voyage autour du mondeChapitre 45 sur 115 · CHAPITRE 8IX1ÈIIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE 8IX1ÈIIE

sur tes bords de la mer contient çà et là des traces de charbon. Elle se prolonge ainsi jusqu'au nord de l'île, peDdant que ¥ers le sud elle se termine au Jdont-d'Or. Aussi, grâce à cette vaste étendue de terrain susceptible de contenir du charbon et malgré les mauvaises apparences sous lesquelles il se présente, on ne saurait absolument nier qu'il n'y ait quelque chance de découverte d'une bonne couche.

Le quatrième jour de notre voyage, nous établîmes notre camp à Tando-Ourouma , dernier village de Bouloupari ; il est placé sur on petit plateau qui s'élève au milieu d'une longue et profonde vallée bien arrosée; celle-ci, vne du haut de la montagne , est si veidoyante que l'œil ne peut en un seul point distinguer le sol. Cette mer de verdure est encore embellie par les myriades d'oiseaus qu'elle protège et nourrit. Tout en marchant, nos yeux cherchaient sur les hautes branches le gros pigeon calédonien , le pigeon ordinaire analogue à noire ramier, les deux variétés si charmantes de pigeon jaune et vert comme le feuillage qui l'abrite, la perruche aux plumes brillantes, etc. Nous eûmes dans ce trajet plus d'une occasion de montrer notre adresse aux indigènes ; le fusil Lefaucbeux de l'un de nous excitait surtout leur admiration.

Saïma, petit chef de Tando-Ourouma, nous reçut avec un long discours, tenant dans ses mains des

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ignames et nn morceau d'étoffe qu'il nous offrit ensuite. Ses paroles rapides nous souhaitaient la bienvenue et noua recommandaient aux indigènes du village. Saïma est tout k fait sauvage. Bien peu de blanca sont encore venus le visiter dans son île de verdure; aussi nous divertissai(-il beaucoup par ses grimaces en buvant le cognac et par son hésitalion k mettre entre ses dents un morceau de sucrei qu'il prenait sans doute pour une pierre.

Le lendemain, sortis de ce village de très-bonne heure, nous atteignîmes bientôt la petite rivière de Bougoué. Du sommet de la montagne qui domine cette rivière , nous vîmes une dernière fois la mer de la cAte ouest, et, descendant dans la vallée oii se trouvent la rivière et le village de Mené , nous nous dirigeâmes enfin directement sur Kanala. Mous découvrîmes le soir le village d'Ourou, situé suj un plateau au pied d'une très-haute et abrupte montagne ; nous la gravîmes malgré les instances du chef d'Ourou, qui voulait nous retenir, et nous campâmes au pied du versant opposé, eu bord d'un frais ruisseau.

Le seul incident de cette nuit fut qu'un de nos compagnons, en proie aux moustiques jusqu'à en. avoir la fièvre , crut dans son délire voir s'avancer sur nous une troupe de Kanaks ; il cria « Qui vive? n arma son fusil et son revolver, et allait faire feu sur quelques troncs de niaouUs noircis par le

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