‹ Voyage autour du mondeChapitre 47 sur 115 · CHAPITRE SlXlfeMB · texte numérisé non relu

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porter la fatigue de cet danses pendant plusieurs jours et plusieurs nuits sans prendre aucune nourriture. Si encore, comme nods l'obsenions, ils buvaient des spiritueux , on expliquerait cette longue inrexcîtation^ Cependant , en dépit de ce jeâne prolongé, vers la fin de ces scènes les hurlements deviennent d'une force diabolique, les danseurs font des bonds et des trépignements que des muscles blancs ne pourraient supporter pendant un ^uart d'heure. C'est alors, dit-on, que dans le centre dn oerde soiit immolées et dévorées palpitantes les malheureuses victimes de leur horrible passion , festins suivis de saturnales dont le cadre est cette haie de démons qui hurlent et trépignent. Les artistes familiei^ avec les visions infernales de Dante pourraient seuls reproduire nue pareille réalité.

J'ai sodvenl pensé qu'en fond de ces fêles grossières , dans ces orgies bestiales consacrées au retour périodique des récolles, il y avait peut-être eu autrefois un sens symbolique aujourd'hui perdu ; que ces chœurs frénétiques , où domine le cri de triomphe de la béte de proie , renfermaient peut-être , comme le Pihé des Néo-Zélandais , des fragments de traditions cosmogoniques et d'hymnes religieux depuis longtemps oubliés. Dans la Nouvelle-Zélande , il y avait on corps de prêtres ou de chantres sacrés chargés dn soin de la tradition et de conserver intact de génération en génération le culte des origines.

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140 LA KOnVELLE-CALÉDOME.

Mais ici qui ponrrait infirmer ou corroborer la vague Bupposilionqne je viens d'émettre?... Ce n'est certes pas le bon Kaké, boulonné comme un sergent de ville et médvllé comme un sauveteur de la Seine. Une des particularités que je remarquai pour la première fois dans cette fëfe et qui nous frappa d'élonnement , fut qu'au milieu de la nuit obscure qui enveloppait les mouvements des danseurs , on voyait çà et là briller sur la tète des jeunes filles et dans leur chevelure une sorte de fleur phosphorescente. Intrigué au plus haut point, je voulus à tonte force connaître la nature de ce diamant de cannibale qui n'avait même pas besoin comme les ndtres, pour lancer des feux , des mille lumières d'une salle de bal. Je parvins, non sans peine, à m'en procurer un; quelle ne fut pas ma surprise en reconnaissant à la lueur d'un foyer que ce n'était autre cbose qu'un petit champignon du genre agaric ! Je ne pense pas que cette espèce ait été classée par la science. Son éclat est analogue a celui des vers luisants et des mouches phosphorescentes que l'on aperçoit la nuit en si grand nombre dans les campagnes de la Nouvelle-Calédonie.

.Pressés de rejoindre la frégate la Sibylle, qui d'un moment à l'autre pouvait quitter pour la France le port de Nouméa, mes compagnons d'excursions ne purent , en dépit de leurs désirs et des miens, prolonger beaucoup leur séjour à Kanala.

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