‹ Voyage autour du mondeChapitre 48 sur 115 · CHAPITRE SIXIÈUB · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈUB

Kong primes pour reiraterser l'i'le une route plus orientale que celle qfle nous KvicHis suivie en venant: elle est peut-être aussi plus cobrie,' bien qu'elle soit plus accidentée, et j'engage les voyageurs à la préférer toutes les fois qu'ils ne sont pas chargés de bagages et que le temps est beau. Elle passe par les points ou les stations suivantes : de Kanala à Quoindi, quatre heures de marche; de Quoindi à Dembacoué, trois heures; de Dembacoué à Ahouhoui, trois heures; de Ahouhoai à Ehia, trois heures; de Ehia à la rivière de Ouenghi , deux heures ; de cette rivière à celle de Tontoula, trois heures; des bords de la Tontoula à ceux du Bangou, quatre heures ; de Bangon à Nehoué , trois heures ; de Nehoué h Paita, deux heures; de Paila à Port-de- France, cinq heures.

Nous ne franchimes pas cette dernière étape sans nous arrêter à mi-chemin , à la station que mon ami M. £. de Greslan a élevée sur les bords de la Dumbéa. Fixé depuis longtemps dans la colonie, il applique avec succès la photographie à la reproduction des scènes et des paysages de sa patrie insulaire , et c'est à lui que je dois en grande partie d'avoir pu offrir à mes lecteurs des images vraies du sol calédonien, ainsi que des types de ses habitants indigènes.

Notre voyage de retour dura qnatre jours et demi , je dois ajouter que malgré toutes les petites misères

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143 La MOnVELLB-CALtDOKlE.

qu'il présente, le parcours de cette route laisse, cbei ceux qui t'accomplissent, otn très-agréable Bonvenir. ; J'ai eu l'occasion de rencontrer, deux ans après, mes compagnons de voyage à Tabîti et à Paris, et ils avaient encore présents dans la mémoire jusqu'aux moindres détails de celte excursion.

Arrivée à'ua conToi de déporté*; leur ioatallatioii; leurs tnvus et leun mœura. — Le chef Titémt. — Le Chiaoû Jeannr. — A qDDi lert le Mumge.

Vers cette époque (1864), la frégate l'iphigénU apportait à Nouméa un premier convoi de . condampés. Us étaient au nombre de deux cent cinquante, et pour assurer davantage la sécurité de la population coloniale on les établit sur l'île •> Mou » , qui ferme le port de Nouméa. — L'île Mou n'est séparée de la grande terre que par des canaus qu'un bon nageur peut traverser sans difficulté ; elle est loontueuse et d'une fertilité médiocre. Elle a l'avantage sur la presqu'île de Nouméa de posséder une aiguade auprès de laquelle était installé l'Anglais Padon, lorsque nous prîmes possession de ces parages.

Dès leur arrivée , les forçats travaillèrent à leur installation; ils élevèrent des casernes avec les belles pierres de calcaire et de marbre brèche qui abondent dans l'île , tracèrent dçs voies de communica-> tîon entre les points principaux de leur territoire « défricbërenl de petites plaines oii l'humus était plus

profond et ne tarda pas à leur fournir en abondance des légumes et des fruits , qui , sous ce beau climat et avec un pea de soin, ne devaient laire déiaut à aucune époque de l'année. Certes , en vistlant le séjour de ces hommes rejelés de la société pour leurs crimes, et en voyant leur confortable, on était tenté de les trouver trop heureux.

A cette époque, deux raisons principales avaient amené le gouvernement h envoyer en Océanie ses plus grands criminels : la première était que le diamètre de la terre n'était pas de trop pour nous séparer d'eus, et qu'à la Nouvelle-Calédonie, éloignée de quinze cents kilomètres du continent australien, les évasions devenaient à peu près impossibles ; tandis qu'à la Guyane, àCayenne, les condamnés pouvaient encore s'enfuir vers l'intérieur de la grande Amérique du Sud, gagner les établissements de plus en pins nombreux de la Colombie ou de Venezuela, échappant ainsi au châtiment de leurs fautes.

La seconde raison était qne le climat de Cayenne Conduisait les déportés trop rapidement à la mort et qu'il semblait inhumain de choisir un pays aussi malsain comme pénitencier, alors qu'on avait des terres aussi salubres que la Nouvelle-Calédonie. Quoiqu'il en fut, la nouvelle décision du gouverneur souleva des critiques assez vives ; les uns prétendaient, — et je suis de ceux>lâ, — qu'une colonie qui n'est même pas bonne à loger des forçais, ne

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