‹ Voyage autour du mondeChapitre 6 sur 115 · CHAPITRE PBBUIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PBBUIER

vaste toiture, Turent remises à flot; ceni guerners s'élancèrent sur chacune d'elles, brandissant leurs armes du cAté des montagnes d'Arama. Les vents étaient favorables ; nous mimes à la voile de façon à arriver au point du jour sur l'ennemi encore fatigué des danses et des orgies auxquelles il s'était livré dans la joie du triomphe. »

Tel fut le récit qui nous attendait dans la terre des Nénémas; il nous expliqua non-seulement le soin avec lequel les gens à^Arama cberchaienl à nous empêcher de visiter cette tribu, maïs encore les réticences de ceux qui nous servirent de guides. Malgré de somptueuses promesses, nous ne pûmes les décider à franchir la limite des territoires, où ils nous abandonnèrent avec tout notre bagage. Heureusement pour nous, une famille indigène voulut bien nous prêter une pirogue double, à laquelle je m'empressai de confier notre matériel et notre « fortune n .

C'est là un des obstacles incessants des explorations en pays sauvage, que cette insuffisance et ce dîinger des moyens de locomotion. Combien de fois n'ai-je pas été emprisonné dans un étroit espace, à la suite de pluies torrentielles I Tout autour de moi s'élevaient d'infranchissables obstacles ; d'un côté, la mer, violemment agitée pnr les vents de l'orage ; de l'autre, quelque montagne verticale et couverte d'une impénétrable végétation; enfin, à

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10 LA NODTELLE-CALiDOMB.

droite et à gauche, deui torrents déchaînés dont les eaux mugissantes et hianches d'écume roulaient d'énormes hlocs àe roche détachés des sommets, péle-mële, avec d'immenses arbres, colosses de plusieurs siècles, qni n'avaient pu résister & la violence des eaux.

Heureusement, en cette circonstance, les vents nous portaient vers la terre de Paaba, objet principal de notre voyage. A mesure que nous en approchions , nos regards étaient de plus en plus charmés par le verdoyant aspect qu'elle présentait : le paysage n'avait plus ici la sévérité de la grande ile ; point de ees montagnes élevées et abruptes, mais des collines arrondies , de faible hauteur (150 métrés environ), des prairies, des bois d'essences diverses, et, sur les bords de la mer, des myriades de cocotiers.

Notre arrivée était signalée ; nous avions vu de loin des indigènes, occupés à pêcher sur les récifs, se retirer vers le rivage, on une troupe nombreuse nous attendait. Au moment où nous mettions pied k terre, un naturel s'avança franchement vers nous h la tête d'un certain nombre de guerriers : c'était le chef de l'île. Il pouvait avoir soixante ans d'âge et se nommait Paa-nangué ; après les salutations , les échanges de présents et de bonnes intentions habituels, il nous fit pénétrer dans son village; je fus surpris de le trouver aussi important, car c'était un

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