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sont particulières à plusieurs peuples, et montrent que, de même que les bommes sont égaux devant la mort, ils ont été partout, eu présence de ses victimes, animés des mêmes pensées et poussés aux mêmes actes.
Le chef de Païta, Jacques Quoindo, prononça près du corps de son ami un discours fréquemment interrompu par les signes d'approbation et d'assentiment de la foule. Il vanta la prudence et la sagesse de l'ancien chef sauvage, ainsi que son courage et son adresse dans le combat.
Walon avait environ cinquante ans. Mais tous les Kanaks ignorant eux-mêmes leur âge , il est difficile à un Européen de l'estimer, même approximativement. Nous nous accordons h dire que ces insulaires vivent moins longtemps que nous ; quant h eus , ils pensent le contraire , mais les statistiques leur donnent tort.
An nord de la résidence du chef Walon , le long du rivage et peu avant d'atteindre la baie de Sainl- Vincent, je visitai la station de Tongoin, habitée par nu Chinois qnî m'accueillit avec un empressement el une générosité qui font le plus grand honneur aux as et coutumes de YEmpire du Milieu. Je vois encore d'ici , et non sans émotion , te brave Jemmy (c'est son nom) venant k ma rencontre, menant son seul cheval en laisse, sur lequel il me fallut monter et me aisser emmener à la case, où je dus manger et
boire. Ce fut dans cette circonstance qae, ponr la première fois, je mangeai du trépang, ce mollusque si recherché des Chinois. La préparation culinaire de cet animal est fort longue ; les Chinois seuls, je crois, en connaissent la recette. Cependant le résultat final est loin d'être exquis, et en cherchant dans mes souvenirs gastronomiques je ne pus guère comparer ce mets qu'à de la couenne de lard tendre. Mes bOtes chinois de Tongoin font largement leurs affaires ; ils sont très-aclifs, intelligents, laborieux, économes et assez sobres. Ils cultivent surtout le mais et les haricots; ils élèvent des porcs avec les fruits de nombreux goyaviers qui couvrent en partie les environs de leurs habitations, et, enfin, possesseurs de quelques embarcations, îb font la pèche du trépang.
On n'a pas encore importé le travailleur chinois en Nouvelle-Calédonie, malgré les immenses services que ces hommes peuvent rendre et que j'ai bien pu constater' dans d'autres colonies; dans celle-ci nous ne possédons encore que des Indiens amenés de Bourbon , des gens des Nouvelles- Hébrides et des indigènes. En ce qui regarde ces derniers, j'ai souvent entendu des colons soutenir qu'ils ne pouvaient être pris au sérieux comme travailleurs ; quelques-uns mémo vont plus loin et souhaitent la disparition de cette race. Il est vrai que ces terribles logiciens sont cenx qui connaissent
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orilinairement le moins les indigènes e( le pafs. Ceoi-là aussi refusent la moindre intelligence au Kanak, sans s'être jamais donné un seul instant la peine de la rechercher et d'étudier sa nature pour l'atiliser à leur profit. Il est peut-être heureux pour les Néo-CalédoDÎens qu'il en soit ainsi. Parmi ceux qui décrient le plus le Kanak il Tsut aussi compter en première ligne les petits caboteurs et ces coureurs de brousse qui vont de tribu en tribu avec quelques objets de traite : pipes, tabac, guimbardes, mouchoirs ronges, couteaux, etc. La plupart de ces gens-là font avec le Kanak des échanges dans lesquels ils donnent un œuf ponr avoir un bœuf, et comme les indigènes finissent par s'en apercevoir et refusent tout concours à ces traitants, ceux-ci s'empressent de déclarer que celte engeance n'est bonne k rien. En disant que l'on ne paye pas assez le Kanak qui travaille, je sais que j'attaque le fond des idées de la plupart des colons de la Nouvelle- Calédonie, toujours enclins à trouver, an contraire, que les indigènes sont trop payés. Mais je vais citer quelques faits qui montreront de quel désavantage il est pour le colon de ne pas payer convenablement le travailleur indigène, et combien il est impolilique de sa part et contraire à ses intérêts d'éloigner de lui un pareil auxiliaire.
Je commencerai par décrire les difilérents usages auxquels le Kanak est actuellement employé. Cette
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les LA NOUVELLE-C&L&DORIE.
énuméralion établira de suite ce dool est capable cet homme dont quelques-uns Toadraienlse défaire par les moyens les pins violents :
1* Pécheurs. — A Nouméa, des Kanaks aux ordres d'un marin français vont tous les jourSkà la pèche et foarnissent la ville de poisson à des prix qui étaient, en 1865-1866, plus que modérés.
2* Marins. — Les bateaux-pilotes du port de Nouméa ont chacun pour tout équipage quatre on cinq Kanaks commandés par un pilote ou apprenti pilote. Tous les caboteurs de l'île n'ont d'autre équipage que des Kanaks.
3* Courriers. — Les courriers mensuels de Poëbo & Houagap , de Houagap à Kanala , de Kanala & Nouméa, sont desservis par des indigènes avec la plus grande célérité.
i" Pêche du trépang. — Cette pêche, dont les produits forment l'exportation annuelle de beaucoup la plus importante de l'ile , est toute faite par des indigènes employés par quelques blancs.
5* VoIaiUes, pores, etc. — La majorité des volailles et des porcs que l'on mange à Nouméa est achetée sur la côte, h très-bas prix, parles caboteurs. Les porcs que les indigènes engraissent avec l'amande dn coco sont très-gras et fournissent une excellente graisse, que l'on emploie exclnsivemenl dans les cuisines.
6* Huile de coco. — Toute Thnile de coco que
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l'on exporte est fabriquée par les indigènes, pour leur compte ou pour celui des calons blancs.
7° Légumes. — Le sud de l'île , l'île des Pins et l'île Ouen envoient constamment à Nonméa des pirognes chargées de choux, d'oignons, de bananes, etc. Ces denrées sont ordinairement très-chères quand les arrivages manquent. Pendant les mois chauds, il n'y a guère que les tribus do sud qui possèdent ces légumes t it la culture desquels la nature de lenrs jardins se prête très-bien.
8* Bûcherons. — Tous les Kanaks sont bûcherons et manient la hache avec une adresse merveilleuse ; aussi toutes les coupes de bois que le gouvernement fait par lui-même ou par l'entreprise sont exécutées par des Kanaks. J'ai employé des naturels pendant plusieurs mois à couper et transporter des arbres pour des travaux de mine , et la somme de travaux fournie par ces hommes était égale, sinon Bupérienre, à celle donnée par des travailleurs militaires dans les mêmes circonstances.
9° Laboureurs. — Le Néo-Calédonien aime beaucoup le travail de la terre, qu'il considère comme le plus élevé et le plus digne d'un homme ; j'en ai va qui labouraient très-adroitement à Koé.
Je terminerai ici cette nomenclature, qui montre Bulfisammenl le grand parti que l'on peut tirer de cette race.
Nous l'avons dit, en dépit de ces aptitudes nom-
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brcuses et diverses, te naturel ne vent pas ordinairement travailler pour l'Européeti; quelquefois il s'engage chez un colon, et, au bout de quelques jours , il disparaît ; on dit alors que u tous ces Kanaks sont des vagabonds et des fainéants i ; mais voici bien plutôt l'explication de cette conduite :
Le Kanak ayant dans sa tribu une nourriture presque toute végétale, consomme beaucoup en poids , de sorte que , rationné cbez le colon et n'jr mangeant d'habitude que du biscuit et du riz , il ne tarde pas à souffrir de ce changement de régime alimentaire; pour lui, le riz et le biscuit sont des gourmandises : il les mange comme un enfant savoure des pâtisseries, sans que pour cela sa faim soit apaisée. Ce n'est qu'au bout de plusieurs semaines de cette nourriture que , par un phénomène particulier, l'équilibre s'établit et que l'estomac du sauvage peut se contenter de sa ration. J'ai vu en effet des Kanaks mis subitement à la ration du matelot français (sauf le café, le vin et l'eau-de-vie) dévorer cette ration et, pour comblerles vides, aller pendant les heures de repos chercher des racines , des vers (entre autres des nymphes de capricorne , qui sont très-abondantes au milieu des arbres tombés depuis longtemps et dont le bois est pourri) ; mais , au bout d'un mois environ ils mangeaient seulement et à peine la ration ordinaire. Quoique s'accoutumant très-bien à ce genre de nourriture, ils soupirent
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