‹ Voyage autour du mondeChapitre 52 sur 115 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

encore après leur ancien régime el sont (rës-beureux le jour oit ils le reprennent.

Pour conserver près de soi ces précieux auxiliaires, Toici le procédé qui me semble le plus logique : Cn colon qui a besoin d'occuper vingt Kanaks en prend vingt-quatre ; les quatre supplémentaires cultivent d'après leurs méthodes le taro, l'igname et la banane aux susons convenables, ils vont à la pèche du poisson, de la tortue, des crabes, etc.; en un mot ils travaillent à nourrir leurs vingt compatriotes absolument comme ceux-ci seraient nourris dans leur propre village.

Le moyen ordinairement employé est de passer un engagement avec une tribu qui devra fournir constamment un certain nombre de travailleurs; mais ceux-ci se relayent souvent pour retourner à leur nourriture et à leurs mœurs qui leur plaisent tant, et le travail en souffre, il faut en outre qu'ils aillent faire leurs plantations particulières, car chaque Kanak plante pour lui el sa famille. La question de la nourriture, la plus importante, étant résolue , vient la question du salaire :

[In ouvrier blanc, dans les plantations, est payéde douze à vingt-cinq francs par mois, et, pour mieux faire comprendre l'exiguïté de ce salaire, je mentionnerai que, dans les magasins, on vend beaucoup plus cher & un naturel qu'à un blanc , de sorte qu'avec ces quinze francs, qui représentent le travail d'un

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mois, il De pourra presque rien se procurer; qae

l'on en juge par les indications suivantes :

Tro» pip«i CD terre Ifr. 50 c.

Une livre de Ubic 4 i

lloe goimbarde • 50

Une bague de cuivre i i

Une braue de ctticol bleu. ,..,., 4 ■

Ud tomthawk i •

ISlr. .c.

Tons ces objets sont ceux que le Kanak préfère ; la passion dn tabac est si violente chez lui que c'est toujours lÀ le premier objet qu'il achète; en second lieu vient ordinairement la guimbarde (Jew'sharp), sur laquelle il aime tant à jouer, pendant des heures entières, des airs monotones, au milieu 'desquels on distingue cependant des notes tantôt mélancoliques, tristes, tantôt animées et joyeuses; l'anneau de cuivre ornera son doigt jusqu'au moment où il le fera passer à celui de quelque Chloé au teint de bronze. Ces hommes, comme tous ceux qui s'arrêtent à la première impression, aiment ce qui brille, ce qDJ attire le regard ; ils sont parfois même d'une coquetterie recherchée, lorsqu'ils plantent au sommet de leur vigoureuse chevelure les plumes brillantes d'un coq ou )a longue plume de leurs grands oiseaux ' de proie, ou bien encore lorsqu'ils ceignent leurs tètes d'une tige de fougère-liane, plante si délicate, ^ vrai chef-d'œuvre de la nature.

Le morceau de calicot est le seul vêtement que

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