CHAPITRE fiUlTIÏHE. Hl
de venir là décharger les navires. — Il est vrià que, suivant la règle générale en Nouvelle-Calédonie, les plages qui bordent ici la mer sont encombrées par le palétuvier (rhisopkora mangh). Le pied de cet arbre se tient au-dessous du niveau de la mer; le tronc en est mùntena en l'air par de nombreuses racines très-minces, qui s'élancent en divergeant de toute part et baignent dans la mer, où elles s'entrelacent et forment un obstacle souvent impénétrable à l'homme. Maïs un des grands avantages de ce végétal, c'est que ses racines filtrent et retiennent au milieu d'elles tons les débris que les pluies y apportent avec le temps; le niveau dn sol s'élève alors peu à peu , et lorsqu'il arrive h dépasser celui de la mer, le palétuvier s'étiole, disparaît et fait place à une végétation différente. Cet arbre s'avance ainsi vers ie large, agrandissant les rivages. C'est ainsi , comme on le constate dans la plaine de Saint- Vincent par exemple, que plusieurs ilols qui se trouvaient assez loin du rivage y ont été réunis àla longue. La marche du palétuvier est assez rapide pour que j'aie pu la constater pendant le temps de mon séjour en Calédonie. Quant à la grande plaine de Saint- Vincent, elle n'a pas d'autre origine que les détritus amenés depuis des siècles par les grands cours d'eau qui la traversent et qui se sont superposés tranquillement au milieu des mangliers. Ainsi la nature a réalisé le but que nos ingénieurs se proposent en créant
HihyGoogle
179 LA N0D7ELLR-CALËD0NIE.
ies digues à pierres perdues ou digues submersibles.
Le bois du palétuvier sert au cbauSage. Il contient aussi beaucoup de tan que l'on pourrait utiliser; enfin, ses fruits sont comestibles, quoique trèspeu savoureni.
D'Entrecasteaus essaya, mais sans succès, de traverser la barrière de récifs qui longe la baiede Saint- Vincent, aussi lui donna-t-il le nom peu mérité de « Havre trompeur » . C'est un Anglais, le capitaine Kent, qui peu de temps après, en 1793, explora et découvrit cette baie majestneose : nous abordâmes précisément dans un port de l'ile Ducos , oCi , d'après la tradilitfti, ce marin conduisit son navire. Cette terre, qui, nous l'avons vu, ferme la rade, était alors occupée par un colon qui l'avait louée au gouvernement pour l'élevage des moutons, et je trouvai chez ce jeune Anglais, M. G. Martin, une excellente hospitalité. H était Ik en compagnie de Kanaks des Nouvelles-Hébrides qui formaient, avec les bëtes à laine, sa seule société, depuis plusieurs années, sur ce roc désert. Il vint d'abord sur cette ile avec quatre cents brebis qui, achetées h Sydney, avaient coûté, y compris le transport, environ douze mille francs. Déjà à cette époque les troupeaux qu'il possédait représentaient une valeur de soixantedouze mille francs. Les frais de tonte sorte ne dépassaient pas dix mille francs. H restait donc un bénéfice de cinquante mille francs.
HihyGooglc