‹ Voyage autour du mondeChapitre 7 sur 115 · CHAPITRE PBEUIES. Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE PBEUIES. Il

des plus grands qoe j'eusse tus alors dans ces îles. Le clief m'apprit qu'il en avait encore deux semblables; l'uD situé sur la côte est, et l'autre, nommé Pouémaboti, dans le nord-oaesl. Après avoir pris un peu de repos, je commençai l'exploration de l'ile; le chef, Paa-nangué, qui avait partagé mon repas, semblait enchanté de notre présence et nous suivait dans celte excursion. Noire marche élait facile sur un sol uni ; la direction que j'avais prise devait nous conduire près de l'île Venguébane, que je voulais surtout visiter, à cause de la triste célébrité qu'elle a acquise à la suite du massacre d'un équipage entier de marins français. Tout en marchant, et par l'intermédiaire d'un interprète de Balade (le fidèle a- PoulAne n que mes lecteurs n'ont peut-être pas oublia), j'interrogeai le chef sur sa tribu, a C'est le territoire le plus riche qui existe, me répondit-il avec emphase, rien ne manque à un Nénéma; le poisson, la tortue succulente se voient par bandes innombrables sur les vastes récifs qui entourent ses îles. Regardez la terre : partout le cocotier couvre le sol ; est-ce qu'un Nénéma peut avoir faim ? A-t-il besoin de travailler ? »

Le vieux chef disait vrai, et il est hors de ilonlc qae cet archipel est la plus belle dépendance de la Nouvelle-Calédonie, qu'il surpasse même de beaucoup en richesse. On remarquera que le chef Pannangué était loin d'être indifférent à l'heureuse si-

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IS LA NOUVELLB-CALÉDOKIG.

lualion de sa tribu et que, pour lui, la mesure (!a bonheur sur la terre, c'était la possibilité de vivre bien et avec peu àe travail ; ce sentiment , commun a tous les hommes , se réalise surtout chez le sauvage qui habite les régions interiropicales. Aussi, c'est h la suite de cette observation qu'il peut venir à l'esprit que notre civilisation est rien moins que la roule qui mène les peuples & une plus heureuee destinée.

Ce que nous appelons « la fortune » n'existe pas chez eux. Jusqu'à ce que, par noire envahissement, nous les gênions d'abord, pour les expulser ensuite de leurs territoires, ils tournent en dérision notre « amour de la terre v ; ils rient de nous comme nous ririons d'un homme qui mettrait en son coHrefort les cailloux des champs i puis veillerait soigneusement sur eux : n'en était-il pas ainsi de la propriété chez nous, alors que nos aïeux, divisés en clans ou hordes, vivaient de leur chasse dans la Gaule brumeuse , couverte de marécages et de forêts? Depuis, nous nous sommes mullipliés au point de nous trouver resserrés dans ce pays que nos ancêtres croyaient sans limite; nous y sommes même assez à l'élroit pour que quelques-uns consentent à fuir leur patrie et à aller chercher dans les points du globe nouvellement découverts cet espace qui leur manque chez eux.

Le chef de la grande Paaba s'enquil ensuite à

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