‹ Voyage autour du mondeChapitre 64 sur 115 · CHAPITRE DIXibHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXibHE

gens, quoiqu'il fût à nofre connaissance qae ces sauvages eut l'habitude de revêtir les babîts de leurs victimes ; Icar départ subit au moment même oh les yeiix perçauts de leurs sentinelles signalaient du haut des rochers l'arrivée de notre chaloupe était d'un bien mauvais augure.

Nous n'osions nous communiquer nos tristes suppositions, mais le désespoir et la fureur nous montaient BU cerveau. Au bout de quelques heures la vigie annonça que nos hommes accostaient le cotre sans difficulté. Sur le rivage, la foule des Kanaks restait toujours stationnaire. M. Banaré me dit alors :

u Je vais descendre à terre dans la yole, je veux avoir le cœur net sur cette affaire; connaître le résultat de mon message au cotre, puis, avec ma. lunette, du haut de ce pic je pourrai distinguer peutéfre ce que deviennent mes hommes ; la tranquillité de ce bateau échoué et démâté m'épouvante.

— Vous savez, répondis-je, que je suis prêt à agir avec vous, usez de moi.

— Merci, dit-il, je compte, en effet, sur vous. » Pendant qu'on armait la yole, j'allai prendre dans

ma chambre mon revolver et mon fusil à deux coups chargé à halle. Papin avait déjà saisi ses armes. Ainsi préparés à tout événement, nous descendîmes dans la yole , où se tronvait déjà le commandant ; les hommes t poussèrent n aussitôt vers le rivage.

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RelatioDg tendues. — Les rapports da pttron de la duloope et celui des sauvages. — Alliance douteuse. — Un ladacienz coquia. — Une pointe dans l'intérieur.

En arrivant à terre , nous irîmeg les naturels s'éloigner d'une vingtaine de pas, au lieu de venir audevant de nous comme la veille. Quelques-uns seulement se montraient; les autres se cachaient dans les épais fourrés qui bordaient le rivage. Nous débarquâmes cependant en laissant deux hommes pour garder la yole; malheureusement, nous n'avions pas Peterson pour nous servir d'interprète, et les Kanaks de ce littoral voient si rarement les blancs qu'ils devaient ignorer même cette langue conventionnelle avec laquelle on se fait ordinairement comprendre sur la cAte. Toutefois, il fallait en faire l'essai ; prenant donc la parole, je demandai aux indigènes pourquoi ils s'éloignaient ainsi de nous, quand nous voulions parler k IKango. Ti, l'un des filsadoptifs de ce chef, dont plus tard nous avons pu constater l'intelligence, connaissait suffisamment la langue de la câte pour me comprendre. Se tournant dn cAté de ses compagnons, il leur fit part da

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